Al-Maghîlî -le "Hitler algérien"- vedette de la capitale islamique de la culture - par Joachim Véliocas

Publié le 18 Août 2011


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De même que l'Europe a ses annuelles "capitales européennes de la culture", les pays musulmans membres de l'OCI ont leur "capitale islamique de la culture". Le cru 2011 ne passera pas inaperçu chez les islamologues. Si Tlemcen a été choisie, ce n'est pas par hasard. La ville d'un "éminent savant musulman" selon le journal algérien El-Moudjahid (édition du 13.08), auquel il sera consacré un "colloque international" en plus d'un documentaire retraçant sa vie de 70min, sponsorisé par le ministère des Affaires religieuses et des waqf. Rien que ça ! (Voir le site officiel)

'Abd al-Karîm al-Maghîlî (1440-1493) est ce "savant" dont les dernières recherches historiques montrent qu'il fut le plus grand persécuteur des Juifs de l'histoire en Afrique du Nord, ayant enseigné une lecture drastique du code de laDhimma, puis ayant théorisé et mis en pratique de nombreux massacres de Juifs, le but affiché étant l'extermination d'une communauté présente sur le sol d'Afrique du Nord bien avant la naissance de Mahomet . Il fait l'objet d'un chapitre entier d'une somme historique parue récemment aux Presses universitaires de Paris-Sorbonne, L'exil au Maghreb-La condition juive sous l'islam 1148-1912, co-écrit par Paul Fenton, directeur adjoint du département d'études arabes et hébraiques de la Sorbonne et l'historien David Littman. L'ouvrage de 800 pages paru en octobre 2010, a le grand mérite de proposer les traductions des textes de Al-Maghîlî qui ne laissent aucun doute sur ses intentions meurtrières. Invoquant un hadith,(soit un propos de Mahomet rapporté par ses compagnons), il place son projet d'épuration religieuse comme étant une simple obéissance: " Le prophète déclara : "démolissez les synagogues et les églises" et s'appuyant sur le verset 9,29 du coran, il écrit dans ce mêmeTraité contre les Juifs"combattre et tuer les Juifs et les chrétiens est une des obligations imposée par Allah. Le glaive ne cessera d'être brandi au dessus de leurs cous à condition qu'ils versent le tribut [Jizya] et qu'ils soient humiliés". Le "savant" s'appuie aussi sur les grands juristes sunnites ayant codifié le statut discriminatoire de la Dhimma, dont Mâlik (708-795, fondateur de l'école juridique malékite, enseignée officiellement au Maroc, en Algérie...et à la Grande mosquée de Paris) et le grand père d'Averroès, Ibn Rushd (1058-1126), cadi de Cordoue qui précisa en son temps "qu'il ne soit élevé au milieu de vous une synagogue ou une église ", puisque l'Islam doit dominer et ne pas être dominé complète Al-Maghîlî. Dans une Fatwa, Maghîlî pousse les musulmans de la région de Touât à commencer le travail : " On doit les démolir, dût-on en avoir la tête coupée, et quiconque meurt, parmi ceux qui désirent cette démolition, entrera au Paradis, tandis que les autres iront au feu avec ceux qui ont empêché cette démolition".

Maghîlî est aussi un poète (au sens musulman...) qui a écrit ces sympathiques versets :

" O mon Seigneur, par Ton prophète, lélu, le guide pur

Et par tous les Pôles [grands saints] et les saints,

qu'ils se réjouissent de la chute des Juifs,

Déverse sur eux des calamités,

Et réduis à néant les restes de leur subsistance

Et ouvre-leur, pour les exterminer,

La porte qui mène au freu infernal

(...)

Egalement tiré du "Traité contre les juifs", ce "poème" ainsi que l'ensemble du traité fut invoqué par les oulémas marocains jusqu'au XIXeme siècle, la présence coloniale ayant, au Maroc comme en Algérie, permis quelques répis à la communauté juive. Maghîlî est toujours vénéré comme un saint et sa tombe à Touât est devenu un célèbre lieu de pèlerinage.

Les historiens Fenton et Littman résument ainsi "l'oeuvre" de Maghîlî :

La propsérité matérielle des Juifs maghrébins et la reconnaissance de leurs capacités administratives furent à l'origine d'un des chapitres les plus sombres de l'histoire juive de l'Afrique du Nord. 'Abd al-Karîm al-Maghîlî, un docteur tlemcénien d'une intransigeance implacable à l'égard des infidèles et des Juifs, désireux de propager l'Islam parmi les Noirs africains, se rendit à l'intérieur du pays (...) il incita la population à se distancier des Juifs, à détruire leurs synagogues et à les massacrer. Ses prédications sulfureuses déclenchèrent l'élimination totale des populations juives qui s'étaient probablement repliées vers le sud à l'époque des persécutions almohades. Le souvenir de cette tragédie longtemps présente dans la conscience collective, fut commémoré par une lamentation anonyme:

Une autre chose m'est insupportable: l'oppresseur connu, Al-Maghîlî,

L'assassin des maisonnées du Gouarara et du Touat,

Celui qui a profané la maison [de Dieu], horrible méfait!

O terrible nouvelle! Touat a été anéanti

. (...)

Un autre témoin, Jean-Léon l'Africain, érudit et voyageur d'origine maure, qui composa et traduisit sa géographie africaine pendant sa captivité à Rome, décrit, vers 1515, les Juifs de Tegorarin au Touat:

"Il y avait au Tegorarin quelques Juifs très riches. L'intervention d'un prédicateur de Tlemcen [al-Maghîlî] a provoqué le pillage de leurs biens et la plupart ont été massacré par la population"

Va-t-on entendre les chantres algériens du dialogue inter-religieux, tel le donneur de leçon Mustapha Chérif ou Ghaleb Bencheikh, s'élever pour dénoncer cette initiative scandaleuse du ministère des Affaires religieuses algérien? On n'ose même pas parler de Dalil Boubaker. Va-t-on lire dans la presse française des articles sur cet "évènement culturel" majeur dans le monde musulman, ou nos journalistes ont-ils peur de passer pour des "islamophobes" ? Ils ont le temps de préparer leurs papiers, les célébrations se tiendront les 18 et 19 septembre à Tlemcen, et se cloturera par la remise du 2eme Prix de la renaissance du patrimoine culturel musulman à l'issu du colloque sur al-Maghîlî. De quoi avoir le temps d'acheter son billet d'avion pour couvrir l'évènement, du Nouvel Obs au Point en passant par le très islamophileLibération.

Joachim Véliocas-Observatoire de l'islamisation, 16 août 2011.

Dernier ouvrage paru: Ces maires qui courtisent l'islamisme, éditions Tatamis, 2010.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Marie-Claire Muller 19/08/2011 16:27



SUITE ET FIN !


Violence et Déstabilisation des Démocraties Occidentales


« Le Jihad fonctionne principalement à deux niveaux. Le premier est celui de la violence ouverte, complète et assumée. Cette attitude belliqueuse apparaît dans la plupart des lieux où
l'Islam partage une frontière avec une autre culture. Du Nigeria, sur l'Atlantique, à travers l'Afrique subsaharienne pour se retrouver au Soudan et à travers l'Asie jusqu'au Pacifique avec des
pôles comme l'Indonésie, les Philippines et la Thaïlande ».


« Dans l'ère globale, le Jihad apocalyptique a intensifié tant sa rhétorique que son action. Il en appelle à de terrifiantes hadiths dans lesquelles la fin est signifiée par un
massacre des Juifs de type génocidaire ; par exemple celle qui dit que le moment venu, même les roches et les arbres appelleront «Oh Musulman, il y a un Juif se cachant derrière moi, venez
et tuez-le !». D'autres hadiths incluent les Chrétiens dans le carnage. On retrouve ce thème commun au nationalisme laïc des émeutes arabes de la période pré-sioniste :
«d'abord les gens de samedi puis les gens de dimanche.» »


« Récemment, une preuve inquiétante suggère que la hadith prétendant qu'à la fin des temps chaque Musulman aura «un Juif ou un Chrétien pour le remplacer dans l'enfer,» a été
interprétée pour signifier que chaque Musulman a un Juif - ou un Chrétien - à tuer pour assurer sa rédemption. Durant l'hiver 2003, le jeune français musulman d'origine arabe qui a assassiné et
mutilé son voisin d'enfance (un disc-jokey de confession juive couronné de succès) est remonté dans l'appartement de ses parents les mains ensanglantées en disant : «j'ai tué mon Juif, je
peux aller au Paradis.»6 »


Une Démopathie


« Le second niveau du Jihad s'exprime dans une violence ouverte provoquant une réaction atterrée de subjugation dans les sociétés modernes, en grande partie Occidentales. Dans ce cas, le
Jihadisme, incapable de se battre avec des moyens traditionnels, utilise l'outil linguistique pour saper la démocratie Occidentale de l'intérieur. Pour nommer un tel processus, on a créé
l'expression démopathie ».


« Ces musulmans radicaux ne disent pas clairement aux Occidentaux ni aspirer au Jihad ni espérer éliminer leur culture. Ils évitent même d'appeler à la destruction d'Israël ; ils le
cachent, en priant l'Occident de les aider à traiter avec les Israéliens si injustes envers eux. Mais dans le même temps, les expressions au travers (ou par le biais) desquelles ils qualifient
l'injustice d'Israël envers eux - par exemple, la punition collective en détruisant des maisons - ne peuvent être comparées avec la façon dont les Musulmans se traitent entre eux ou avec la façon
dont ils traitent les Israéliens. De nombreux dirigeants arabes punissent impitoyablement toute critique en tuant ceux qui, à leurs yeux, résistent à leur volonté. Un exemple : l'ancien
président syrien Hafez El Assad a fait tuer près de 10,000 habitants à Hama parce qu'une organisation, la Fraternité Musulmane, y était devenue trop puissante. Quant à Israël, les assassinats par
des terroristes-martyrs contre des civils israéliens sont présentés comme des vengeances et incarnent la forme la plus atroce de la punition collective : le meurtre aléatoire de civils
innocents ».


« Deux éléments clefs caractérisent la démopathie : d'abord, la scission radicale entre ce que les démopathes invoquent comme un comportement moral et la façon dont ils se comportent,
ensuite la pénétrante croyance en l'existence d'une conspiration, la projection systématique de la mauvaise foi et d'intentions impitoyables sur «l'autre». Saddam Hussein a tué plus de Musulmans
qu'aucun autre dirigeant, mais les Musulmans dirigent leur haine exclusivement sur Israël qui a tué moins de Palestiniens au cours des décennies que le Roi Hussein de la Jordanie en un
mois ».


« En comparaison de la souffrance physique infligée aux Musulmans par les Chrétiens et par leurs propres dirigeants, on peut dire que les Juifs leur en ont peu infligé. La réelle Naqba
infligée par Israël est l'humiliation catastrophique et le coup insupportable porté à la fierté arabe et islamique, défaite par la main d'un ennemi indigne à leurs yeux. Les Arabes essaient de
récupérer cette fierté en imaginant une conspiration mondiale dirigée contre eux ».


« C'est à l'Occident qu'il incombe de détecter leurs méthodes et d'exercer des pressions sur ces apologistes prétendant que ces violentes aspirations n'existent pas ou n'existent seulement
qu'en réponse à l'agression israélienne. Si l'Occident ne commence pas à défier verbalement des Musulmans et des Arabes le long de ces lignes de front, il sera de plus en plus vulnérable.
Beaucoup de personnes ont des difficultés à le dire explicitement parce qu'ils craignent d'être qualifiés de racistes. «Je ne suis pas raciste» semblent-ils dire «Je ne pense pas que les Arabes
soient stupides au point de croire pouvoir conquérir le monde entier». Ces démopathes ne croient pourtant pas véritablement que les Arabes changeront et renonceront à leur ambition de
détruire Israël et d'imposer la sharia au monde, aussi prétendent-ils que les Arabes ont déjà renoncé à poursuivre des buts si inhumains ».


Le Retour de l'Islam Apocalyptique après 1400 (1979 CE)


« Dans les années 1980, le discours apocalyptique musulman a pris une nouvelle tournure. Si précédemment il était très conservateur, compilant sur le sujet des traditionnelles
hadiths, il emprunte désormais des idées et des techniques au monde Occidental - en particulier au millénarisme protestant - incluant une utilisation plus sophistiquée des moyens de
communication, tels que brochures et cassettes de sermons. Le Jihadisme a également repris des thèmes occidentaux, tels que les soucoupes volantes ou des textes bibliques, en plus du Coran et des
hadith ».


« Il faut souligner que l'approche de la fin du second millénaire de l'ère Chrétienne a influencé le monde musulman : la version musulmane traditionnelle de l'Antéchrist, le
Dajjal, devait arriver en 2000. Il s'agissait d'un Juif qui contrôlerait la plus grande partie du monde selon les procédures décrites dans les Protocoles des Sages de Sion. En
2000, il était prévu qu'il prenne d'assaut Sharif Al-Haram et piétine la mosquée d'Al Aqsa. Une guerre apocalyptique suivrait, au cours de laquelle le Dajjal conduirait l'Occident et
Israël contre les Musulmans. En lisant attentivement les descriptions dans la presse arabe de la visite de Sharon au Mont du Temple en septembre 2000, on peut noter qu'elles correspondent
clairement à cette croyance ».


« L'aspect le plus inquiétant de l'actuelle pensée apocalyptique islamique réside dans toutes ses variantes d'événements cataclysmiques apportant destruction et mort. C'est pourquoi, la
plupart des aspects de cette pensée apocalyptique dans le monde arabe - laïc comme religieux - se concentre sur une culture mortifère et sur la figure du martyr tuant au hasard. Ils croient que
Dieu attend d'eux la destruction des Juifs, annoncée selon eux par les prophètes hébreux. On le voit, la présente pensée apocalyptique musulmane est loin de soutenir l'affirmation selon laquelle
l'Islam est une religion de paix ».


2000: L'Année Tournant


Landes prétend que l'année 2000 fut un tournant. « On peut considérer le deuxième soulèvement palestinien comme l'irruption dans le domaine public du discours apocalyptique islamique qui
s'était développé rapidement depuis 1980. Le shahid, le martyr, est devenu une icône centrale. Les Palestiniens ont avec succès transformé Mohammed Al Dura âgé de 12 ans en martyr. Ils
en ont fait le saint patron de l'Intifada aussi bien que du Jihad mondial. (Ironiquement, la reconstruction la plus probable de l'affaire d'Al Dura a montré que le cameraman aurait réalisé une
mise en scène et - du moins dans la vidéo de la cha&icir



Marie-Claire Muller 19/08/2011 16:22



L'Islam Apocalyptique et ses Dates


« David Cook, un savant de l'Université Rice à Houston, est l'un des rares islamologues à étudier la pensée apocalyptique musulmane. Dans son livre, Études sur l'Apocalypse
musulmane3, il analyse la généalogie apocalyptique de l'Islam et présente les étapes d'une variété de traditions portant cette croyance en dépit de son continuel
échec. Une de ces traditions musulmanes, appelée le Mujaddid4, soutient que tous les cent ans, un renouveau religieux est attendu ; il s'agit d'un code pour
une figure messianique. Quand il s'avère ne pas être le Messie, ces croyants disent qu'il était «un agent du renouveau», qui, bien qu'il n'ait pas rencontré les espérances apocalyptiques,
revitalise néanmoins la religion ».


« En 1300 du Hadj (1881-1882) , cet «agent du renouveau» était un prétendant messianique : le Mahdi. Il reprit Khartoum et se lança dans une guerre contre l'impérialisme
anglais. En 1400 (1979-1980), la pensée apocalyptique musulmane connut une forte poussée lorsque Khomeyni prit le pouvoir en Iran. La même année, le Nigeria connaissait une éruption messianique
violente dans ses provinces musulmanes, tandis que les Chi'ites au Liban disposaient d'un candidat «agent du renouveau» en la personne de l'Imam Musa Al-Sadr5 ».


« Khomeyni fut pour beaucoup une figure messianique. En Iran, il a gagné l'appui d'un grand nombre des laïcs, permettant tant aux millénaristes fondamentalistes qu'aux progressistes de
partager un espoir commun. Pour un court laps de temps, les Iraniens furent saisis par l'idée que leur monde serait fondamentalement transformé. Khomeyni en a joué, mais son projet n'a pas
fonctionné. Au contraire, comme cela arrive souvent avec le millénarisme, la nouvelle culture ne peut supporter sa confrontation avec la modernité qui nécessite un haut degré de liberté. Le
khomeynisme a abouti à un appauvrissement accentué de l'Iran ».


« Khomeyni a réalisé pour les Musulmans - même Sunnites - ce que Lénine fit pour les Communistes. Peu importe combien l'Etat de Sharia était négatif, il a servi de modèle possible. Après
Khomeyni, des Musulmans apocalyptiques pouvaient commencer à imaginer que l'Islam régnerait finalement sur le monde entier. Les Talibans ont représenté la première expérience millénariste sunnite
anti-moderne ».


Politique arabe et Apocalypse


« Dès les après-guerres de 1948 et de 1967, on peut identifier l'usage d'une rhétorique totalitaire de nature apocalyptique parmi les Arabes. Son essence peut être ainsi résumée : «nous
allons anéantir ce blasphème incarné par Israël. Le massacre des Juifs à venir rendra Genghis Khan insipide». En 1947, la Ligue Arabe, certaine de sa supériorité, déclara une guerre totale à
Israël ».


« Sur un plan laïque, on peut comparer la réaction arabe contre Israël à celle des monarchies européennes face à la Révolution française. Elles avaient voulu détruire l'expérience
démocratique française offensante qui, par risque de contagion, menaçait «la santé» de leurs sociétés autoritaires. Sur le plan culturel, on peut percevoir cette réaction arabe comme la réponse à
un outrage fait à une culture fondée sur le code de l'honneur. Leur campagne militaire, qui devait être une victoire facile, fut finalement un désastre. La défaite - Naqba ou la catastrophe - a
illustré une humiliation culturelle et religieuse, les Arabes ont perdu la face à une échelle et à un degré que peu d'étrangers peuvent imaginer ».


« La culture politique arabe a ensuite géré cette catastrophe auto-infligée d'une façon caractéristique aux mouvements choisissant la voie de la violence apocalyptique. Ils ont blâmé les
autres de leur échec - ici la conspiration sioniste et l'impérialisme occidental - et ont appelé à un nouveau sacrifice arabe dans un effort pour transformer leur pertes en gains ».


« Cela signifie la translation d'une approche de «somme zéro» à une approche de «somme négative» : «si je perds, vous devez perdre». Les Arabes ont ainsi déchargé leur frustration sur
leurs Juifs dhimmis, chassant la plupart d'entre eux dans une explosion de purification ethnique. Ils ont aussi fait des réfugiés palestiniens des sortes de nouveaux dhimmis,
ils les ont enfermés dans des camps pour en faire une blessure visible et permanente à reprocher continuellement à Israël. Ils ont ainsi pu également y recruter l'avant-garde de ces exclus
devenus haineux pour la bataille suivante de leur guerre rédemptrice ».


Le Nouveau Concept Apocalyptique


« Cette politique a atteint son apogée dans les années 1960 avec Nasser conduisant les Arabes dans une autre «guerre finale» avec Israël. Dans les mois précédant le conflit, des foules
énormes dansaient dans les rues des villes arabes en prévision de l'élimination d'Israël. L'échec stupéfiant de cette politique a discrédité le nationalisme arabe «laïc» pour longtemps inversant
la balance en faveur du fondamentalisme religieux, pour conduire finalement à une réaction explicitement islamique apocalyptique envers les Juifs qui s'exprima dans un millénarisme
cataclysmique ».


« Selon cette doctrine, les Musulmans sont à l'aube d'une glorieuse victoire globale pour l'Islam, allant de pair avec une destruction dévastatrice de l'Occident qui commencera par
l'anéantissement d'Israël. Alors le monde pourra entrer dans le paisible millénaire du Dar al-Islam mondialisé. Pour beaucoup de Musulmans, Ben Laden est un acteur central de cette
bataille cosmique entre les guerriers de la Vérité contre les agents universels de Satan, à savoir l'Occident et particulièrement les Etats-Unis et Israël ».


« Ces concepts sont recyclés de l'époque où l'Islam entamait sa diffusion (7ème-8ème siècles). A cette période, les Musulmans pensaient qu'après avoir détruit les mauvais gouvernements du
monde - les empires romains, byzantins et persans - la domination d'Allah serait absolue. Accompagnés par cette idéologie, les Musulmans ont réalisé de nombreuses conquêtes et se sont étendus à
la moitié du monde, depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique. Cependant, les temps modernes ont maltraité l'Islam. Particulièrement au temps de l'invasion napoléonienne de 1798-1799, ils durent
éprouver et affronter les limites de leur politique. Malgré leur immense richesse pétrolière et économique actuelle, leur infériorité politique reste une source de grande douleur pour le monde
arabo-musulman ».


« Le mouvement de globalisation des dernières années du 20ème siècle a rendu ce sentiment d'infériorité d'autant plus douloureux. Ainsi, l'Afrique Subsaharienne fabrique plus de produits
finis que le monde arabe. Cette position humiliante a déclenché une révision des perceptions millénaristes dans le monde musulman. Dans cette vision islamique apocalyptique, l'Occident a produit
la technologie par laquelle l'Islam le vaincra, ce à quoi il faut ajouter l'idée que la démocratie a rendu le monde musulman vulnérable. Dans la vision utopique de Ben Laden, l'Islamisme - cette
partie de l'Islam épuré - est sur le point de gagner la bataille suprême contre l'Occident matérialiste et sécularisé. Le site Internet islamique basé à Londres [www.muhajiroun.com] illustre les
formes de l'expansion impériale islamique depuis ses origines pour glisser aisément vers une célébration des attentats du 11 septembre 2001 ».


« Jérusalem est le centre de ce drame apocalyptique musulman, elle est le site du Jugement Dernier. Selon une tradition prophétique ou hadith, la pierre de la Kaabah se transportera de la
Mecque jusqu'à Jérusalem. Ainsi, en raison à la fois de la théologie et du code de l'honneur - une sorte «de théologie d'honneur» - Israël constitue le coeur de la bataille apocalyptique finale
et totale&nbs



Marie-Claire Muller 19/08/2011 16:16



Richard Allen Landes est un historien et un auteur américain spécialiste en Millénialisme,il enseigne l'histoir médiévale à l'Université de Boston voici ce qu'il dit à propos de l'islamisation de
l'Occident et de l'antisémitisme musulman:



Jihad, Apocalypse et Antisémitisme


Un entretien avec Richard Landes








Le but principal du Jihadisme moderne, mouvement apocalyptique et cataclysmique, est la domination de l'Islam sur le monde. Au nom de revendications millénaristes, l'islamisme promet
qu'une fois son autorité établie partout la paix règnera sur le monde.




Le Jihad, comme guerre millénaire, agit aujourd'hui principalement à deux niveaux. Premièrement, celui d'une violence ouverte et revendiquée ; son agression apparaît dans la plupart
des espaces où des majorités musulmanes partagent une frontière avec une autre culture. Le second niveau s'exprime par ce que l'on pourrait appeler la démopathie, c'est-à-dire l'invocation de
valeurs particulières à une société pour saper le système démocratique de l'intérieur.



Dès son origine, le texte des Protocoles des Sages de Sion, un faux apocalyptique présentant les étapes d'une supposée conspiration juive pour gouverner le monde, fut le document favori des
Judéophobes. Après la Deuxième Guerre mondiale, parmi ses «partisans» les plus enthousiastes, on a pu rencontrer des intellectuels et des élites politiques du monde arabe.


Il existe une convergence significative entre le Hamas religieux et l'O.L.P. « laïque » quant à leur utilisation d'une rhétorique apocalyptique. Elle se caractérise par la théorie
d'une conspiration mondiale, la guerre totale, un antisémitisme virulent, le mépris pour la vie humaine et le meurtre d'enfants.



Richard Landes enseigne l'histoire médiévale à l'Université de Boston. Il explique que dans les cultures monothéistes modernes, la pensée apocalyptique impliquait souvent un antisémitisme
visant l'extermination. Selon lui, le Jihadisme moderne en est l'exemple contemporain.


L'Essentiel de la Pensée Apocalyptique


Landes explique précisément quelles sont les caractéristiques d'une pensée apocalyptique : « il s'agit de la croyance en une transformation cosmique imminente, la prochaine
transformation du monde pouvant prendre deux formes : la première, selon laquelle le monde va entièrement disparaître (l'eschatologie), et la seconde qui envisage l'éventualité de
l'avènement de l'Ere messianique. Cette dernière espérance est souvent appelée «millénarisme» (mille = 1000, anni = années) non à cause de l'apparition d'un marqueur de 1000 ans [comme l'année
2000] mais parce qu'il promet «un royaume messianique de 1000 ans» ».


« Dans ses formes modérées, le millénarisme existe dans toutes les cultures puisque la plupart des humains portent l'espoir fondamental d'une amélioration du monde. En revanche, il est plus
rare que des croyances millénaristes deviennent apocalyptiques, qu'elles balaient des groupes, des mouvements et des populations entières dans une croyance frénétique que le millénaire est advenu
! »


« Parmi les partisans d'une transformation apocalyptique imminente, on rencontre deux principales écoles. D'une part, les «passifs» majoritaires expliquent : «Dieu sera la cause de la
transformation menant à la fin des temps ou au millénaire terrestre». D'autre part, les plus activistes annoncent : «nous sommes les agents de Dieu et nous devons provoquer la transformation
apocalyptique». Convaincus que l'apocalypse appelle à la destruction cataclysmique, ils considèrent pouvoir sauver le monde en le détruisant ; le plus souvent leurs cibles premières sont les
Juifs et le Judaïsme ».


« Hitler aspirait à un Reich de mille ans, un empire millénaire. Cela a constitué la quintessence des aspects les plus négatifs de son action violente et apocalyptique. Le nazisme fut le
résultat explosif d'un cocktail toxique fait de conspirationnisme, de l'exploitation du ressentiment de la population allemande et de mépris complet pour la vie humaine. Pour convaincre, le
nazisme utilisa toujours un registre de discours lié au salut par la suprématie de la race aryenne. Il put ainsi inspirer les sociétés «modernes», capables d'utiliser la technologie sophistiquée
et de s'engager dans les actions les plus inhumaines avec bonne conscience. L'Holocauste fut un acte apocalyptique ».


Les Protocoles des Sages de Sion


« Tant dans le Christianisme que dans l'Islam, des courants tiennent le Judaïsme pour un ennemi mortel de leur foi. Ces mêmes personnes sont particulièrement sensibles aux théories d'une
conspiration cosmique. Le faux les Protocoles des Sages de Sion se veut être une description de cette conspiration tri-millénaire des Juifs pour asservir l'humanité ».


« Les Protocoles sont un rapport imaginaire qui aurait été établi au cours du premier Congrès de Sioniste en 1897. Paru au début du 20ème siècle, ce document prétendait être les
minutes des Sages de Sion discutant de leur plan secret d'asservissement de l'humanité toute entière. Il fut publié en 1905 avec une préface du mystique russe orthodoxe Sergei Nilus lançant un
avertissement apocalyptique quant aux ravages de la modernité et à l'apparition d'un Antéchrist juif. Plus tard, la révolution russe de 1917 fut interprétée par des antisémites comme une preuve
spectaculaire de l'authenticité du texte. Le soi-disant complot allait entrer dans une phase toujours plus ouverte qui culminerait avec la Dépression des années 1930. Rien ne put réduire ce texte
au silence, pas même les preuves de sa falsification ».


« Dans l'appel aux craintes apocalyptiques d'une bataille globale imminente entre le Bien et le Mal, les Protocoles ont apporté une réponse absolue. Ils ont inspiré un empressement
à tout sacrifier pour détruire l'ennemi juif. Les principaux manipulateurs de ce texte ont des traits communs : ils aspirent au pouvoir autoritaire, recourent à la violence chaque fois que
nécessaire et cherchent à supprimer toute opposition ou critique. Ceux qui pensent pouvoir y échapper, seront asservis. Autrement dit, ils ressemblent aux Juifs dépeints dans les
Protocoles. Comme Hitler criait au complot juif pour une conquête mondiale visant à asservir l'humanité, il réalisait précisément ce plan ».


« Dès le début, ce texte fut plébiscité par les judéophobes. Norman Cohn l'a appelé la «Garantie Nazie du génocide»1. Après la Deuxième Guerre mondiale, parmi ses
partisans les plus enthousiastes, on trouve des intellectuels et des élites politiques arabes. Ceux qui croient en ce faux prétendent que la conspiration, ourdie silencieusement depuis des
millénaires, est maintenant sur le point de se révéler. Ainsi ils doivent agir impitoyablement contre leur ennemi au risque d'être détruits ».


Le Mouvement Sioniste


Le mouvement sioniste a été vu par beaucoup de non juifs comme un signe de l'Antéchrist. Landes explique : « l'inquiétude apocalyptique provoquée par le Sionisme dans la forme des
Protocoles ressemble aux attitudes chrétiennes et musulmanes envers les Juifs des temps apocalyptiques. Les Juifs jouent un rôle central dans les scénarios apocalyptiques tant chrétiens que
musulmans, ils y incarnent la force de l'Antéchrist ou du Dajjal ».


« La plupart des représentations apocalyptiques récurrentes de Juifs comme conspirateurs essayant de détruire la vraie religion sont déjà présentes au Moyen âge. Chaque fois que la paranoïa
chrétienne a cru que la fin des temps était arrivée, ils ont offert aux Juifs le choix entre la conversion ou la mort, à l'instar de la Première Croisade ».


« Les rabbins avaient cru utile de souligner l'existence des «trois serments» de l'exil afin d'assurer l'échec de n'importe quelles croyances apocalyptiques parmi les Juifs. Deux de ces
serments ont découragé des forme