Algérie:Les vrais défenseurs des droits de l'homme sont-ils en kabylie?

Publié le 7 Septembre 2010

           A lire avec attention et vous poser qu'une seule question: Pourquoi nos défenseurs des droits de l'homme se taisent-ils? Quelle crédibilité ont-ils puisque ailleurs, on assassine au nom de la religion, ici on bastonne pour un verre prit à une terrasse et en algérie, on juge et met en prison.

           Qui sont ces "droits-de-l'hommistes" à l'outrage à géométrie variable qui hier, poufaient leur haine de Résistance Républicaine et se taisent aujourd'hui des horreurs commises par ailleurs. J'ai conscience de hurler dans le vent, dans l'âbime, dans le désert mais je garde l'espoir qu'une oreille au loin, finisse par entendre et qui sait, écoute le message de tolérance.

Gérard Brazon

 

Un Algérien est-il croyant et citoyen ?

           Habiba la chrétienne, les dé-jeûneurs d’Ighzer Amokrane et de Michelet et bien d’autres.

 

               Au moment où quatre millions de Libanais - dont la moitié est musulmane- élisent un 12e président de confession chrétienne maronite ;  au moment où le monde prend langue avec le concept du dialogue des cultures et des civilisations, au moment où l'Amérique, le plus grand pays du monde occidental, a élu un président qui ne cache pas ses origines musulmanes qui plus est de couleur noire, en Algérie, pays de Saint Augustin, décidé d’embrasser la croix au lieu du croissant, relève du sacrilège et peut mener derrière les barreaux. Et les exemples sont légions.
La solidarité s’organisant autour des non-jeûneurs arrêtés à Aïn El Hammam, dans la wilaya de Tizi Ouzou, n’ayant pas fini de prendre forme, voilà qu’un autre fait d’actualité à Ighzer Amokrane où le verdict a connu un report au mois de novembre prochain. Idem pour la première qui a connu également un report pour les mois à venir
Un restaurateur vient d’être mis sous les verrous et neuf jeunes citoyens présentés devant le parquet dans la ville d’Ighzer Amokrane, 50 km à l’ouest de Béjaïa, pour la même accusation de “non-respect des préceptes de l’islam”.
Les non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane ont été cueillis, témoigne notre source, par des policiers au cours de la journée de mardi dernier alors qu’ils se trouvaient à l’intérieur d’un local fermé à usage commercial.
Situé au premier étage, cet espace fait partie d’un bloc de locaux construits, au centre-ville, dans le cadre du programme des “100 locaux par commune”.
Son jeune propriétaire est ainsi accusé de l’avoir aménagé en lieu de restauration et y servir des repas pendant le mois de carême. La présence des jeunes incriminés dérangeait les quelques riverains, installés dans une zone à majorité commerçante, qui se sont plaints auprès de la police pour “mauvaise fréquentation des lieux”.
A leur intervention les éléments de la police urbaine ont trouvé, rapporte notre source, un local fermé. La présence, à l’intérieur, d’une quantité de victuailles a suffi pour embarquer tous les présents, qui attendaient d’être servis et dont certains ont tenté vainement de fuir avant d’être pris comme de vulgaires criminels dans un périmètre encerclé.
 Présentés devant le parquet près le tribunal d’Akbou, le propriétaire du local a été mis sous mandat de dépôt alors que le reste des non-jeûneurs ont été remis en liberté dans l’attente de comparaître. Il risque la prison.
En 2005, six non-jeûneurs avaient été condamnés par le tribunal de Béjaïa à 3 et 6 mois de prison. Ils avaient été surpris, pour rappel, dans deux gargotes dans la même ville.
Le procès des non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane s’est déroulé hier au tribunal de la même ville d’Akbou où, au début de ce mois de Ramadan, un restaurateur qui a servi discrètement des non-jeûneurs a fini par fermer après avoir été dénoncé dans une mosquée, rapporte une source locale.
Le climat d’intolérance que confirme l’épisode d’Ighzer Amokrane a fait réagir les défenseurs des droits de l’homme. Par la voix du responsable du bureau de Béjaïa, Saïd Salhi, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) condamne “avec force cette politique de diabolisation”.
Elle considère que “le recours systématique et abusif à la répression “des mœurs” sous prétexte d’atteinte aux préceptes de l’islam est une violation de la liberté des cultes et des libertés individuelles pourtant consacrées par la Constitution”.
La LADDH Béjaïa appelle ainsi “l’opinion publique à se mobiliser pour la tolérance et le respect de la différence, valeurs intrinsèques pour une société prospère et un Etat de droit”.

Habiba,  la crucifiée de Tiaret

 Cette jeune éducatrice algérienne a été renvoyée devant la justice pénale. Son crime ? Posséder des bibles et des évangiles : le procureur a requis trois ans (!) de prison ferme contre elle. Le procureur de Tiaret, dans l'ouest de l'Algérie, avait requis  trois ans de prison ferme contre Habiba Kouider, 37 ans, pour exercice illégal d'un culte non-musulman, en vertu d'une loi de 2006. Même durant les pires années du goulag soviétique, on ne faisait pas plus atroce. Et l'ennui dans cette histoire à mourir de rire c'est que si Habiba avait épousé un chrétien avant de déclarer sa flamme pour la croix au lieu du croissant, elle n'aurait jamais été inquiétée. Mieux : si c'était une femme chrétienne qui se convertissait à l’islam après avoir épousé un Algérien musulman, la presse de ce pays aurait tiré des manchettes en Une et sur cinq colonnes saluant unanimement la nouvelle. Mais, malheureusement, rien de tout cela. Demain, Habiba risque de croupir pour trois longues années dans les cruelles geôles des Hauts-Plateaux de la wilaya de Tiaret. Et personne ne pourrait lui venir en aide, 
 
Les islamistes et leurs corollaires  redoublent d’inquisition et de… ridicule

Les donneurs de morale ont déniché une autre trouvaille, le sport durant le mois sacré est “haram”, d'où la fermeture de certains gymnases car la pratique du sport d'après eux “éloigne les musulmans de Dieu”. Le fait étonnant est que ces agissements se font sous un laxisme exaspérant des autorités et des pouvoirs concernés. Et comment en être autrement quand le ministre des Affaires religieuses crie à qui veut l'entendre qu'“il n'y a pas de pauvres en Algérie”, justifiant ses dires par des fadaises du genre, “vous dites que les Algériens sont pauvres alors qu'un million et demi se rendent chaque année en Tunisie”. Les étrangers en sont aussi la cible comme les Chinois, qui ont été invités à quitter le pays sous le fallacieux prétexte qu'“ils nuisent à la morale algérienne avec leurs pratiques”. Mais le plus contraignant, c'est la polémique concernant l'instauration du nouveau week-end semi-universel : ne jamais toucher au vendredi. Ce qui a engendré la situation suivante : commerces fermés les vendredi et samedi et une demi-journée de perdu pour l'économie algérienne. Durant les deux jours du week-end, tout est à l'arrêt et les rues sont vides : un mauvais calcul pour le gouvernement, le lobby islamiste ayant une nouvelle fois pesé lourd dans la balance. Les modèles tunisien et marocain ne seront pas copiés et tant pis pour ceux qui en assumeront les conséquences. En somme, les tracts distribués confirment une fois de plus les méthodes suivies par les intégristes pour tenter de redorer leur blason. Néanmoins, les Algériens ne sont pas dupes, eux qui sont passés à autre chose et ont envie de s'amuser et de vivre après dix années de calvaire et d'interdit. En définitive, les cas de Habiba, de ces jeunes n’ayant pas observé le jeûne à Ighzer Amokrane et à Michelet  prouvent amplement l’écart existant entre la législation et son application sur le terrain et confirme encore une fois la liberté laissée aux magistrats dans l’interprétation des lois.
La pratique de la foi est un des fondements de la liberté individuelle. Comment un procureur de la République peut-il mettre Habiba devant le devoir de choisir entre “le tribunal ou la mosquée”, où encore au juge de dénigrer ses convictions religieuses en lui lançant : “A l’église, on t’a fait passer l’examen d’admission céleste ? On t’a fait boire l’eau qui te mènera droit au Paradis ?” Au-delà de la condamnation, de telles accusations et diatribes sont à bannir des annales et des pratiques judiciaires car il y va de la crédibilité de la justice et surtout du salut de la liberté de tout un chacun.

F. Zafane

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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