Allemagne: Freiheit, un nouveau parti dans l'arène politique.

Publié le 10 Novembre 2010

             La venue d'un nouveau parti politique en Allemagne devrait secouer également la France dans les mois et les années qui viennent. En France, nous avons des associations (Résistance Républicaine) et des blogs (Puteaux-Libre, Riposte Laïque, Web Résistant, Bivouac ID, Francis Néri et d'autres) qui réagissent également et souhaitent changer le climat politique et les orientations plus classiques, plus ostentatoires de partis pris issus du 19 éme siècle.

            A l'heure ou nous affrontons une agression islamiste sans précédent sur nos sociétés et devant l'impuissance des partis politiques qui paraissent démunis de réponses tant ils sont tétanisés par la crainte de passer pour des fascistes, des extrêmistes, qu'ils finissent pas laisser faire et abandonnent leur mission première: construire la France, la protéger, la gouverner au mieux de ses intèrêts y compris en prenant des mesures fermes sinon dures envers des islamistes qui utiliseront tous les moyens pour faire plier nos gouvernements. Tous y compris la peur, la violence comme les failles juridiques. Qu'importe les moyens pourvu qu'ils obtiennent la république de leurs voeux. Celle de l'islam totalitaire et religieuse.

Gérard Brazon

 

 Le 28 octobre dernier, un nouveau parti politique allemand, Die Freiheit (La Liberté), a tenu son congrès fondateur à Berlin. J'étais en ville et les dirigeants m'ont invité en tant que seul non-membre du nouveau parti à témoigner et à rendre compte de l'assemblée fondatrice.

Le président du parti Freiheit, René Stadtkewitz (au centre), et d'autres dirigeants du parti lors du congrès fondateur.

Comme un rappel de l'effritement des libertés en Europe en ces temps de terreur islamique, un parti politique qui résiste à l'islamisation et soutient Israël ne peut apparaître au grand jour. C'est ainsi qu'à l'instar des plus de 50 autres participants, je n'ai appris le lieu et l'heure de l'événement qu'à la dernière minute. Pour faire bonne mesure, les organisateurs ont agi discrètement, en prévenant simplement la direction de l'hôtel de la tenue de l'élection du conseil d'une société au nom anodin.               
            Encore maintenant, je ne peux, pour des raisons de sécurité, mentionner le nom de l'hôtel.

La plupart du temps a été consacrée aux procédures requises pour l'enregistrement de tout parti politique en Allemagne : prises des présences, comptabilisation des votes, explication des procédures organisationnelles, énumération des étapes pour participer aux élections du Land de Berlin en septembre 2011 et élection des membres du bureau politique dont le président du parti, René Stadtkewitz, âgé de 45 ans. Originaire de l'ex-RDA, celui-ci est un membre du parlement régional berlinois qui appartenait à la CDU, le parti conservateur au pouvoir, avant d'en être exclu, le mois dernier, pour avoir accueilli publiquement l'homme politique néerlandais Geert Wilders.

Pour moi, le plus important fut son résumé oral des objectifs politiques du parti ainsi que la distribution d'un Grundsatzprogramm (« programme de base ») de 71 pages présentant dans le détail les idées du parti. Stadkewitz a expliqué le besoin d'un nouveau parti politique en Allemagne étant donné que « les partis établis ne sont malheureusement pas prêts à prendre clairement position mais, au contraire, laissent le peuple dans ses problèmes. » Le programme, qui ne fait pas dans la demi-mesure, commence par cette phrase : « la civilisation occidentale qui fut un guide pour le monde pendant des siècles, fait face à une crise existentielle. »

Le nouveau parti, qui a pour slogan « le parti pour plus de liberté et de démocratie », parle ouvertement d'islam, d'islamisme, de loi islamique et d'islamisation. Partant du principe selon lequel « l'islam n'est pas qu'une religion mais une idéologie politique comprenant son propre système juridique », le parti exige un contrôle sur les imams, les mosquées, les écoles islamiques, réclame un audit des organisations islamiques pour s'assurer de leur conformité avec les lois allemandes et condamne les tentatives de création d'une structure juridique parallèle fondée sur la charia. Et de conclure son analyse en déclarant avec vigueur : « Nous nous opposons de toutes nos forces à l'islamisation de notre pays. »

Le parti Freiheit soutient avec détermination Israël qu'il voit comme « le seul État démocratique au Moyen-Orient qui est dès lors l'avant-poste du monde occidental sur la scène arabe. Tous les pays démocratiques doivent montrer le plus vif intérêt pour le maintien d'Israël dans ses droits à l'autodétermination et à la sécurité. Nous nous engageons de façon explicite pour le droit d'Israël à l'existence, un droit qui ne peut être remis en question. »

Ces extraits limpides, tout comme le rejet de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, ne constituent néanmoins qu'environ deux pour cent du Programme de base. Appliquant de façon générale à la vie politique allemande les valeurs et idées politiques occidentales traditionnelles, le programme comprend, entre autres thèmes, la population allemande, la démocratie directe, la famille, l'éducation, le travail, l'économie, l'énergie, l'environnement, la santé. Proposer un large éventail de sujets est une idée pertinente qui permet d'inclure le programme anti-islamisation dans un projet politique plus global.

Malgré cela, la couverture médiatique du congrès a évidemment insisté sur la position du parti Freiheit vis-à-vis de l'islam pour le définir exclusivement comme un « parti anti-islam ».

La création du parti Freiheit amène deux observations. Premièrement, alors qu'il s'inscrit dans cet ensemble de nouveaux partis européens dont la mission se concentre principalement sur l'islam, Freiheit se distingue des autres partis par son approche beaucoup plus large. Alors que le PVV de Wilders rejette sur l'islam la responsabilité de pratiquement tous les problèmes de société, le parti Freiheit, outre le fait qu'il s'oppose « de toutes [ses] forces à l'islamisation de [son] pays », a bien d'autres points à son programme.

Deuxièmement, l'Allemagne, dépourvue de parti militant contre l'islamisation, est clairement en retard par rapport à la plupart des pays européens qui comptent une population musulmane importante. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé mais les précédentes tentatives ont échoué. La fin de l'année 2010 pourrait se révéler propice à la création d'un parti de ce genre, étant donné la vive controverse née en Allemagne autour du livre de Thilo Sarrazin déplorant l'immigration musulmane et alimentée par les propos d'Angela Merkel déclarant que le multiculturalisme « a complètement échoué ». Un changement de mentalité semble se faire jour.

Le parti Freiheit a été conçu comme une tentative de traiter un problème à long terme et extrêmement complexe de façon modérée, sérieuse et constructive. En cas de réussite, cela pourrait changer la vie politique dans le pays le plus influent d'Europe.

Mise à jour, 2 novembre 2010 : Sur le sens et l'importance de l'émergence des partis politiques critiquant l'islamisation, voir mon article de 2007 « Les options peu engageantes de l'Europe » et particulièrement le point « II. Expulsion des musulmans ».

Thèmes connexes:  Musulmans en Europeinscription à la liste de diffusion hebdomadaire gratuite de daniel pipes Il est permis de reposter ou de faire suivre ce texte pour autant qu'il soit présenté dans son intégralité et accompagné de toutes les informations fournies à propos de son auteur, de sa date et son lieu de publication et de son URL originale.

   

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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