Alors que Fabius s’obstine, Berlin cherche à faire classer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes.

Publié le 11 Mai 2013

Europe-Israël

Le Hezbollah serait-il aux yeux de Laurent Fabius un mouvement de « terroristes acceptables » ? Y aurait il les « bons terroristes », ceux qui tuent des civils israéliens, et les « mauvais terroristes » ceux qui mettent en danger les intérêts de la France au Mali ?

Laurent Fabius aurait-il oublié la longue liste d’attentats perpétrés par le Hezbollah entre 1985 et 1986 tuant de nombreux civils français ? Aurait-il oublié les 2 attentats  du 23 octobre 1983, deux attentats-suicides simultanés contre la force multinationale d’interposition tuant 248 soldats américains et 58 soldats français ?

 

Rafraichissons un peu la mémoire défaillante du ministre des Affaires étrangères:

Les objectifs déclarés du Hezbollah étaient d’étendre la révolution islamique iranienne, et de créer un état islamique au Liban, ce qui leur donna le nom de « parti de Dieu » (Hezbollah). 

Les premières actions connues contre les intérêts occidentaux remontent à janvier 1983 où une grenade fut lancée contre une patrouille militaire française. En mars de cette même année, ce sont deux patrouilles américaines qui furent attaquées.

En avril 1983, le Hezbollah organisa l’attentat-suicide contre l’ambassade américaine de Beyrouth, faisant 63 morts. Le 23 octobre 1983, deux attentats-suicides simultanés contre la force multinationale d’interposition font 248 morts américains et 58 morts français. Les États-Unis et laFrance accusent le Hezbollah et l’Iran d’être derrière l’attentat. 

Suit un ensemble d’actions faisant connaître le mouvement, notamment des prises d’otages telles que celles, en 1985, du journaliste Jean-Paul Kaufmann et du chercheur français Michel Seurat - ce dernier étant décédé en captivité – et un détournement d’avion le 14 juin 1985 (un passager abattu). Selon la journaliste Dominique Lorentz, l’affaire des otages du Liban aurait été intimement liée au règlement du contentieux nucléaire franco-iranien autour du consortium Eurodif.

Le Hezbollah perpètre une série d’attentats en France du 23 février 1985 au 17 septembre 1986 dont celui de la rue de Rennes, devant le magasin Tati provoquant au total la mort de quinze personnes et trois cents blessés. L’attentat de la rue de Rennes est le dernier et le plus meurtrier (7 morts et 55 blessés) d’une série commencée le 4 septembre (12 morts en tout).

Entre 1990 et 2000, le Hezbollah renforce son alliance avec la Syrie et consolide son aile militaire. Il poursuit sa guérilla face à Israël dans un conflit qui dépasse largement le cadre du sud du Liban. Suite à d’incessant tirs de roquettes Katioucha du Hezbollah sur la ville de Qiryat Shemona, Israël engage l’Opération Raisins de la colère en avril 1996, qui se solde par la mort de 154 civils dont 107 au cours du bombardement de Cana de 1996.

Le 17 mars 1992, un attentat à la bombe fait 29 morts et 242 blessés à l’ambassade israélienne en Argentine.

Le 18 juin 1994, un attentat à la bombe fait 86 morts et plus de 200 blessés dans un centre culturel juif de Buenos Aires.

Le Hezbollah et les boucliers humains

Le 23 juillet 2006, le responsable humanitaire de l’ONU Jan Egeland critique le Hezbollah. Pour M. Egeland, « le Hezbollah doit cesser de se fondre lâchement [...] parmi les femmes et les enfants. [...] J’ai entendu qu’ils étaient fiers parce qu’ils avaient perdu très peu de combattants et que ce sont les civils qui subissent le plus gros [des attaques israéliennes]. Je ne pense pas que quiconque devrait être fier d’avoir plus de morts parmi les enfants et les femmes que les hommes armés. »

Le 29 août 2007, Human Rights Watch publie un rapport dans lequel le Hezbollah est accusé d’avoir visé sciemment les populations civiles israéliennes, parfois de l’aveu même de commandants ou de combattants de l’organisation chiite.

Le Hezbollah est également accusé d’avoir fait usage de bombes artisanales à sous-munitions contenant des billes d’acier pouvant tuer ou gravement blesser dans un très large rayon autour de l’impact.

Implication dans l’assassinat de Rafiq Hariri

Le 14 février 2005, Rafiq Hariri, premier ministre du Liban, est assassiné dans un attentat à l’explosif contre son cortège, le tuant ainsi qu’une vingtaine de personnes et blessant une centaine de personnes sur la route du bord de mer de Beyrouth. Le 1er mars 2009 le Tribunal spécial des Nations unies pour le Liban (TSL) est chargé d’enquêter sur l’assassinat d’Hariri.

Le 1er juillet 2011, le ministre de l’Intérieur libanais Marwan Charbel donne les noms de quatre suspects du Hezbollah cités dans les mandats d’arrêt émis le 30 juin par le TSL, à savoir Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi.

En 2011

En juillet 2011, le journal italien Corierre della Sera rapporte selon des sources américaines et turques, que le Hezbollah était derrière un attentat à Istanboul en mai 2011 ayant blessés huit civils turcs. Selon ce journal il s’agissait d’une tentative d’assassinat du consul d’Israël en Turquie qui avait pour but de venger la mort d’un scientifique iranien dans le domaine du nucléaire. L’Iran avait accusé le Mossad. Les services de renseignements turcs (MIT) ont démentis ces informations.

En 2012

En janvier 2012 un Libanais, présumé membre du Hezbollah, a été arrêté à Bangkok. Le ministre de la Défense thaïlandais, Yuthasak Sasiprapha, a estimé que les cibles probables visées étaient l’ambassade d’Israël ou des synagogues.

Le 13 février 2012, une bombe apposée sur la voiture d’un diplomate israélien à New Delhi par un motard explose blessant quatre personnes, un diplomate israélien et 3 indiens, l’Iran et le Hezbollah sont suspectés d’être derrière cet attentat. Le même jour, la police azérie interpelle à Bakou un nombre indéterminé de personnes liées à l’Iran et au Hezbollah qui sont soupçonnées de préparer des attentats dans le pays. Selon la télévision d’État, AzTV, citant des sources du ministère de la sécurité intérieure, les suspects avaient récoltées des informations sur des cibles potentielles et achetés des explosifs, des armes et des munitions.

Le 14 février 2012 un employé de l’ambassade israélienne à Tbilissi trouve un engin suspect dans sa voiture. La bombe est désamorcée. Le Hezbollah et l’Iran sont pointés du doigt par Israël.

Le 16 février 2012, un complot visant à assassiner le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a été déjoué par les services de sécurité singapouriens en coopération avec le Mossad selon, Al Jarida un journal koweïtien qui a affirmé que « trois membres d’une cellule terroriste du Hezbollah et l’Iran ont été arrêtés par les services de sécurité de Singapour ».

En juillet 2012, un Libanais a été arrêté par la police chypriote qui le soupçonnait de planifier des attaques contre des touristes israéliens. Selon des responsables sécuritaires locaux, le suspect a reconnu être un membre du Hezbollah. Il était en possession de photographies de cibles israéliennes et d’informations sur les les lieux fréquentés par des touristes israéliens et sur les autobus qu’ils utilisent ainsi que sur les vols de compagnies d’aviation israéliennes. Son objectif aurait été de planifier une attaque contre un autobus ou avion transportant ces touristes. Enfévrier 2013, le suspect, Hossam Taleb Yaacoub, qui a aussi la nationalité suédoise, a admis lors de l’ouverture de son procès à Chypre être un membre de Hezbollah. Il a déclaré être venu dans ce pays pour un « voyage d’affaires » et qu’il n’avait pas eu l’intention de nuire.

Il a avoué avoir été chargé de recueillir des informations sur des touristes israéliens de novembre 2011 à janvier 2012 et en juillet. Yaacoub a déclaré qu’avant qu’il quitte le Liban il avait rencontré « un homme masqué » qui lui a demandé de recueillir des informations « sur les vols en provenance d’Israël, les lignes d’autobus employées par les touristes israéliens, les restaurants cachers et d’autres endroits qu’ils fréquentent sur l’île ».

Il a été inculpé d’appartenance à « une organisation criminelle dont le but est de frapper des citoyens israeliens dans le monde entier ». Il a reconnu avoir mené des missions similaires en Turquie, aux Pays-Bas et en France. Chypre étant membre de l’Union européenne, le verdict de la cour chypriote pourrait influencer le débat sur la qualification du Hezbollah comme organisation terroriste.

Attentat anti-israélien en Bulgarie.

Le 18 juillet 2012 un attentat-suicide est perpétré par un terroriste à l’aéroport de Bourgas contre des autobus de touristes israéliens. Le bilan est de sept morts : cinq touristes israéliens, le chauffeur bulgare de l’un des autobus et le kamikaze. On compte aussi 32 blessés dont trois dans un état critique. L’attentat a visé l’un des bus transférant des vacanciers israéliens, peu après leur descente de leur avion-charter arrivé d’Israël avec 154 personnes à bord qui devaient se rendre à la station balnéaire de Slantchev Briag (Côte du Soleil), au nord de Bourgas.

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La mémoire va-t-elle revenir à Laurent Fabius amnésique dès qu’il s’agit du Hezbollah ? Ou va-t-il continuer à être le chef de file des européens qui refusent que le Hezbollah soit reconnu et classé pour ce qu’il est : une organisation terroriste.

Mais l’Europe – unie sur le papier – est moins unanime sur les sujets de fond, et les médias ont beau vous le dissimuler, l’Allemagne travaille dur pour faire marquer du sceau de la honte ce terrible tique qui suce sur son dos le sang du Liban.

Le ministre allemand de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrich a demandé à ses collègues chypriotes et bulgares les éléments de preuves – et ils ne manquent pas – pour faire inscrire le mouvement chiite libanais sur la liste des organisations terroristes de l’UE.

Dans le Spiegel version allemande, on apprend que Friedrich a envoyé le 16 avril dernier, une demande aux Bulgares et aux Chypriotes, pour qu’ils lui fournissent les éléments factuels qui montrent que le Hezbollah est une organisation terroriste.

Le 5 février, la Bulgarie a déclaré avoir la preuve que le Hezbollah était responsable de l’attentat commis le 18 juillet à l’aéroport de Bourgas, en Bulgarie, qui a fait six morts donc cinq israéliens. Fabius a refusé de recevoir ces preuves.

Le 28 mars, un tribunal chypriote a condamné un membre du Hezbollah à 4 ans de prison pour sa participation à la préparation d’attentats contre des intérêts israéliens à Chypre. Fabius a refusé de tenir compte de ce jugement.

Pour inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, ce qui aura pour conséquence de geler leurs avoirs en Europe, de bloquer leur capacité de circulation, et leur pouvoir de destruction, les 27 états de l’UE doivent voter à l’unanimité.

Le Hezbollah ayant les Juifs pour cible principale, plusieurs diplomates européens semblent réticents à l’idée d’entraver l’action de ces terroristes.

© Albert Bertold pour www.Dreuz.info

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Epicure 11/05/2013 17:36


Il n'y a pas d'Europe et il n'y en aura pas avant très longtemps. Sauf le merdier adminsitrativo-financier  de Bruxelles...

L'EN SAIGNANT 11/05/2013 17:13


FABIUS père  n'est qu'un sale CON PROFITEUR PLEIN AUX AS, MAUVAIS MODèLE POUR SON "FLAMBEUR" de Fils qu'il s'est montré incapable d'éduquer sainement . Alors que fout-il dans un gouvernement
sensé s'occuper des citoyens d'un pays  ...? Sauf si ce dernier ne vaut pas mieux que lui "qui se ressemble s'assemble" .!

mika 11/05/2013 12:04


Vous avez dit
Fabius…Ben, justement !


http://www.varmatin.com/var/thomas-fabius-flambeur-des-tables-monegasques.1223520.html