Analyse de la guerre du gaz au Maghreb et au Moyen-Orient. Par le général Jean Salvan

Publié le 20 Janvier 2013

Mon tuyau ?" Dé-Gaz d'ici!"

19 Janvier 2013
Jean Salvan, général de corps d’armée (2S)

Jean-SalvanPat Quartier : voici une analyse inédite sur les enjeux des guerres qui se déroulent au Maghreb et au Moyen-Orient.

Alors, en un mot, le dessous des cartes:

"Mon tuyau? Dé-gaz moi de là!"

Le titre de l'article est évidemment de parolevolee. Normal, les généraux eux y rigolent pas!

A l'issue de cette intéressante lecture, une question se pose : La France s'est-elle fait avoir ?

                                                             ***

Depuis quelques jours, notre gouvernement n'ose plus pérorer au sujet de la Syrie. Peut-être a-t-il enfin compris ce qui se tramait là-bas.

Car l'activisme des Etats-Unis et du Qatar au Proche-Orient finissent par ouvrir les yeux. Oui, il y a bien un complot, comme il y a en a eu en Irak pour contrôler un pays riche en pétrole, et simultanément faire plaisir à l'Arabie Saoudite et aux Sunnites, en cassant deux Etats relativement laïques et où les Chiites étaient nombreux ou majoritaires.

La Russie détient en Europe des positions majoritaires dans le marché du gaz.

On va donc s'attaquer aux exportations russes en ouvrant un gazoduc entre le Qatar, pays producteur, et des terminaux à Adana (Turquie), Tripoli (Liban), Haïfa (Israël), Lattaquié (Syrie).

Ce gazoduc éviterait donc des pays « mal sentant de la foi », comme l'Iran et l'Irak.

Mais surtout, son centre de répartition se trouverait à Homs en Syrie, d'où partiraient les embranchements vers les ports où chargeraient les méthaniers.

Bien entendu, Bachar el-Assad n'était pas d'accord et il fallait l'éliminer.

Le bloc sunnite a donc fourni aux opposants instructeurs, conseillers, armes et argent, via la Turquie.

Les dictatures théocratiques qatari et saoudienne ont trouvé sur place et en Europe les idiots utiles pour laisser croire qu'en Syrie on se battait pour la démocratie et non pour le gaz.

Comme je le répète depuis plus de vingt ans, il y a de nombreuses ressemblances entre les Soviétiques et les islamistes.

En particulier, les Occidentaux et surtout les Européens sont toujours prêts à leur vendre la corde pour être pendu.

Biographie du Général Jean Salvan.

Fils d'un Sous-Officier du Génie, Jean Salvan est né à Avignon le 3 mars 1932. Après avoir préparé le concours du Printanée Militaire de la Flèche, il entre à Saint-Cyr en 1950.

À sa sortie des écoles de formation, il rejoignit la Brigade de Parachutistes Coloniaux, au sein de laquelle il participa, comme chef de section, aux opérations de maintien de l'ordre en Afrique équatoriale française et au Cameroun de 1953 à 1957, puis en Algérie de 1957 à 1958.

Blessé à la face en 1958, il fut affecté, de 1959 à 1960 à l'École de l'Infanterie de Cherchell comme instructeur des élèves-officiers de réserve.

De 1960 à 1961, il commanda dans le Sud Oranais la 2ème Compagnie du 8ème Régiment d'Infanterie de Marine.

Il suivit ensuite les cours de l'École d'État-Major, puis servit au Tchad de 1962 à 1965, d'abord comme commandant de compagnie saharienne motorisée, ultérieurement comme officier de renseignement.

Affecté en Allemagne dans 2 bureaux, allié et français, il fut reçu à l'École supérieure de Guerre en 1967, il rejoignit en 1969 le 2ème Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine à Madagascar, comme commandant en second.

En 1971 il fut nommé officier de liaison auprès de l'École d'Infanterie de l'armée américaine, et passa trois ans aux Etats-Unis.

À son retour en France, il devint professeur à l'École Supérieure de Guerre. En 1976, il prit le commandement du 3ème régiment Parachutiste de l'Infanterie de Marine à Carcassonne.

Engagé en mission de maintien de paix au Liban avec son régiment ; il fut blessé le 2 mai 1978, et passa près de deux ans dans des formations sanitaires.

Il suivit en 1979-1980 les cours du Centre et de l'Institut des Hautes études de Défense nationale.

De 1980 à 1982 il fut adjoint au Commandant de la 10ème Division Blindée, 63ème Division Militaire Territoriale à Châlons-sur-Marne.

Il commanda ensuite la 12ème Division Militaire Territoriale à Poitiers, puis la 1ère Division Blindée à Trèves en Allemagne. Il fut en 1985-1986 Adjoint au Général Commandant la 1ère Armée, et chargé d'un cours à l'Institut d'Études Politiques de Strasbourg, sur le Thème "Société et Défense".

Le 1er septembre 1986 il devint chef de la Mission Militaire Française auprès du Commandement de l'OTAN en Centre-Europe, à Brunssum aux Pays-Bas.

Promu Général de Corps d'Armée, il prit le 17 décembre 1988 le commandement de la IVème Région Militaire à Bordeaux.

En désaccord avec Monsieur Joxe, ministre de la défense, à la fois sur la liberté d'statement des militaires et les conséquences des réductions du budget des armées, il donna sa démission le 28 septembre 1991.

Depuis 1964, à la suite de travaux sur la faune africaine et malgache, il est membre correspondant du Muséum d'Histoire Naturelle.

De 1989 à 1994, il donna à l'Institut d'Études Politiques de Bordeaux un cours sur "la problématique de la défense". Depuis 1994, son enseignement à la Chambre de Commerce de Bordeaux porte sur "les stratégies militaires et économiques."

Il a publié de nombreux articles, en France et à l'étranger, sur les problèmes de défense et des recherches ornithologiques. Avec X. Roch, il a signé en 1979, chez E. Baschet, "Liban 1978". En 1983 il a publié "L'Avifaune du Gard et du Vaucluse" ; en 1992 "La Paix et la Guerre" aux éditions Critérion.

Titulaire d'un Diplôme d'études supérieures spécialisées de l'Université de Paris II, le général Salvan est marié avec Elvire depuis 1953, père de 5 enfants, grand-père de 14 petits-enfants.

Avant sa dernière blessure, il pratiquait le judo (2 dan), le parachutisme (plus de 600 sauts), le grand fond sur marathon et 100 km (9 heures 27' à Condom en 1977).

Le Général Salvan est Grand-Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre du Cèdre du Liban, décoré de la Croix d'Honneur en Or de la Bundeswehr et de la Croix de la Valeur Militaire.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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