Animalisation ? la gauche la mémoire de poisson rouge de la gauche ! Par

Publié le 20 Novembre 2013

« Les Français sont des porcs consanguins »,

Médine (le rappeur préféré de Pascal Boniface)

par Michel Gandilhon

Il aura fallu les saillies d’une enfant et d’une obscure candidate du Front national, la couverture d’un  fanzine que personne ne lit plus, pour que la gauche « divine » sonne le tocsin en invoquant ce grand classique de l’antifascisme hypermnésique que sont les « heures-les-plus-noires-de-notre-histoire ». Ainsi, l’heure serait aujourd’hui aux années trente avec l’éternel  retour d’une France raciste, cédant, dans la grande tradition de la stigmatisation coloniale, aux vertiges de l’animalisation d’une ministre noire, expulsée ainsi de l’humanité selon une tradition propre à l’extrême-droite raciste.

Une fois de plus, la gauche éternelle fait la preuve de sa mémoire courte. Rappelons-nous les années 1930, justement, et la terreur stalinienne qui battait alors son plein en URSS, tandis qu’en France, ses relais politiques du PCF stigmatisaient ceux qui refusaient de prendre les vessies du stalinisme pour les lanternes du socialisme : « Chiens enragés », « hyènes dactylographes », « vipères lubriques », les doux épithètes issues de l’imagination fertile du  procureur des  procès de Moscou −  auxquels soit dit en passant la vertueuse ligue des Droits de l’homme n’avait rien trouvé à redire − et de la logorrhée stalinienne allaient irriguer durablement toute une partie de la gauche française.

Tout cela, rappelons-le aux ligues de vertu héritières de cette glorieuse tradition intellectuelle comme le MRAP, sur fond d’une des terreurs politiques les plus terribles que l’Histoire ait jamais vue, marquées par la mort de ces millions de personnes traitées de « poux », « cafards », « parasites » et autres « punaises » dont le camarade Lénine, s’était déjà proposé, pendant la guerre civile des années 1920, de délivrer la terre russe.  Excès bien compréhensibles d’une époque troublée répondra l’indulgent. Mais non. L’animalisation de l’ennemi du « paradis socialiste » poursuivra son triste cours dans les années 1950 avec les condamnations de la « vermine » titiste, des « chiens enragés » des procès de Prague, tandis que Sartre, en France, apportera sa contribution à la barbarie en clamant en écho dans le Temps modernesque « tout anticommuniste est un chien ».

La tradition des taches de sang intellectuel, que les criminels de séminaire − cette tradition si française pour le coup – aiment à répandre, sera prolongée en 1968 par les gardes rouges d’opérette de la Gauche prolétarienne  et arrivera jusqu’à nous par la grâce du polpotiste Badiou comparant Sarkozy à un « rat ».

Non décidément une certaine gauche n’a rien à envier à une certaine extrême-droite, d’autant plus que ces tristes procédés ne sont pas l’apanage des illuminés du stalinisme et du maoïsme. Que dire duMonde qui pendant des années, par l’intermédiaire de l’artiste Plantu, a affublé en première page Jean-Marie Le Pen d’un groin ? Que dire deRouge, pourtant héritier d’une tradition politique qui aurait dû l’immuniser contre ce genre de pratiques, qui faisait sa une en 1986 sur les « 32 rats en habit de gala » au moment de l’entrée des députés du FN à l’Assemblée nationale ? Que dire de ce recours permanent au syntagme pétrifié de la « bête immonde » pour qualifier tous ceux qui ne s’aplatissent pas devant le monde merveilleux de la mondialisation heureuse, de l’Union européenne et ne renchérissent pas sur  les indignations exsangues des « intellectuels intègres » ? Et que dire du poète Mélenchon, ce roi de l’ellipse, qui pleurniche dans les médias en se demandant pourquoi l’on n’arrive pas à ramener Marine Le Pen dans sa « cage ».

Animalisation ? Vous avez dit animalisation ?

Michel Gandilhon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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DURADUPIF 20/11/2013 16:44


L'Homme cet animal extraordinaire a construit des niches pour y caser son animal le plus proche pendant que d'autres "construisaient" leur Dieu à leur image. XXI siècles plus tard ça marche
encore...avec des bestiaires en plus ! Pauvres Philosophes Grecs et Romains ils ne nous ont toujours pas convaincu. L'Homme ce piètre animal !