Apartheid territorial : de l’Etat, des habitants des zones concernées et du contexte économico-social, qui est responsable de quoi ?

Publié le 27 Janvier 2015

Il suffit de prendre le train, le RER pour comprendre que ce ne sont pas les Français qui pratiquent la ségrégation. Plus aucun immigré ne regarde si ce n'est la télévision française. Intégration ? Elle se fait à l'envers tout simplement.

Apartheid territorial : de l’Etat, des habitants des zones concernées et du contexte économico-social, qui est responsable de quoi ?

 

Atlantico : Depuis une trentaine d'année, les pouvoirs publics ont massivement investi dans les banlieues, à l'origine de l'évocation d'un "apartheid" par le Premier ministre. Quelle part de la responsabilité peut-on alors leur incomber ?

Thierry GetJe ne reconnais pas le terme "apartheid" car aucune loi, ni volonté de l’Etat n’est là pour créer l’ "apartheid". J’évoquerai plutôt la création de zones séparées et régies par des cultures ou civilisations différentes. Elles sont de plus en plus nombreuses.

Il convient de rappeler que le régime d’aides sociales français ouvert aux étrangers constitue un appel d’air  (direct ou indirect) à l’immigration.

Plus particulièrement, les pouvoirs publics ont massivement investi dans le logement social ces cinquante dernières années. Plus de 50 milliards d’euros sont prélevés tous les ans par l’État et les collectivités locales pour la construction du logement social (source IREF) soit plus de 2% du PIB ce qui est considérable. Suite à l’instauration du regroupement familial dans les années 70, un grand nombre d’immigrés y furent logés.

Puis, la politique de la ville s’est superposée à ce dispositif avec un budget total de l’ordre de 90 milliards de 1990 à 2012. On le voit, l’effort fut considérable. Mais la responsabilité des gouvernements est d'avoir massivement investi dans un grand nombre zones de banlieue sans contrôle réel, ni pilotage. Comme l’a montré le rapport de la Cour des comptes de 2007 mais aussi Xavier Raufer en 2010, les politiques de la ville ont été inefficaces. La politique de la ville ressemble aussi à une machine à subvention à des milliers d’associations qui ne rendent de compte à personne.

Didier Lapeyronnie : Le problème est que personne n’est responsable ou fautif. Qui a décidé de la forme des villes ? de la périurbanisation ? Qui décide de choisir tel ou tel établissement scolaire ? Il y a d’abord des logiques sociales anciennes, puissantes et fortes à l’origine de la ségrégation, qui est en grande partie un effet de la tyrannie de décisions individuelles, de mécanismes du marché du logement, du fonctionnement de l’école et parfois de simples attitudes personnelles. Et il est difficile de les contrer sauf à rappeler Ceausescu : il n’est guère envisageable d’obliger les gens d’aller vivre où ils ne veulent pas et de les empêcher de choisir leur mode de vie.

On peut certes essayer d’endiguer ces tendances, mais regardez la difficulté qu’il y a à imposer 20 ou 25% de logements sociaux dans les communes ou encore d’interdire de choisir l’école de ses enfants. L’Etat a investi fortement dans les banlieues, notamment avec les politiques de rénovation urbaine, (qui existent depuis le premier gouvernement Barre jusqu’au plan Borloo de rénovation urbaine lancé en 2004) avec un certain succès sur les plans du cadre de vie et sur celui du rattachement des quartiers à leurs villes, notamment quand ces rénovations ont été associées à l’amélioration des transports, voire la construction de lignes de tram. Mais ces rénovations n’ont guère amélioré la situation sociale des gens et n’ont guère renforcé la mixité sociale. L’Etat a aussi investi sur le plan social avec toutes les politiques qui ont été menées du développement social des quartiers à ce qu’on appelle la politique de la ville. Il a investi en matière scolaire et en matière de police. Juppé avait aussi créé des zones franches pour favoriser l’implantation d’entreprises. Sur ces plans, il n’a guère obtenu de résultats importants même s’il en a obtenu et on peut penser que la raison en est l’insuffisance d’ampleur de ces politiques et peut-être leur orientation.

On a beaucoup souligné qu’elles privilégiaient le "territoire" plutôt que les gens, à l’inverse notamment des politiques américaines. Et force est de constater qu’elles n’ont pu empêcher la ghettoïsation et la concentration de pauvreté et de problèmes sociaux, les difficultés scolaires et la délinquance. Après 2005, les quartiers ne sont pas devenus une priorité politique et il faut encore souligner que les budgets de la politique de la ville restent tout de même très faibles.  

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En quoi ces investissements ont-ils pu être contre-productifs ?

Thierry Get : En ce qui concerne l’efficacité de la politique menée par les pouvoirs publics au vu des dizaines de milliards engagés, elle est pour le moins discutable. Dans les quartiers concernés par la politique de la ville qui comptent environ 9 millions d’habitants, le taux de chômage reste double de la moyenne nationale et 40% des jeunes de moins de 26 ans sont sans emploi. Par ailleurs, la criminalité n’y a jamais régressée.

De plus, cet effort considérable n’a fait l’objet d’aucune reconnaissance de la part des bénéficiaires des HLM. Souvenons-nous, en 2005, lors des émeutes urbaines, les jeunes émeutiers prenaient notamment prétexte qu’ils se trouvaient dans ces mêmes logements pour se révolter.

Par ailleurs, il est vrai que les logements sociaux constituent, bien souvent, des trappes à pauvreté. Les bénéficiaires hésitant parfois à chercher un travail dans une autre zone en ayant la crainte de ne pas retrouver un logement social.

Par ailleurs, la politique de logement de François Hollande depuis 2012 a aggravé le problème. Les quota de 25% de logements sociaux prévus dans la loi SRU et notamment appliquée pour tout programme de construction neuve inhibent les investisseurs. En effet, les logements neufs vendus sont forcément plus chers du fait des financements des logements sociaux accolés. Ces contraintes, parmi d’autres, ont eu pour conséquence de réduire le nombre de constructions à un taux historiquement faible et ainsi d’aggraver l’absence de mobilité géographique.

Didier Lapeyronnie : Il y a souvent une critique de "gauche" des politiques de la ville et des investissements de l’Etat qui consiste à souligner qu’ils "stigmatiseraient" les populations et donc qu’ils auraient pour effet de favoriser l’isolement et le rejet des populations qui en bénéficient. Je ne crois pas que ce soit le cas : les politiques menées ont permis dans bien des quartiers d’améliorer le cadre de vie et la politique de la ville apporte aussi des ressources à des populations qui sont d’abord "pauvres".

Il faut rappeler que les taux de pauvreté sont très élevés et que dans bien des quartiers plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. On voit bien ce qui se passe avec les zones d’éducation prioritaires : elles ont souvent suscité de l’hostilité car elles "stigmatisaient" les établissements. Mais quand on veut les supprimer, les habitants manifestent pour les garder. De façon générale, c’est évidemment la construction des grands ensembles, des années 50 jusqu’aux années 70, construction qui devait favoriser la "mixité sociale", l’égalité et permettre l’intégration, qui s’est avérée contre-productive sur tous ces plans, dans la mesure où ils ont, au contraire, concentré les difficultés sociales et les populations souvent les plus en difficultés. Ils devaient jouer un rôle de sas d’entrée et sont devenues dans une proportion trop importante une "nasse".


Atlantico

Il est a noter que rien n'est dit sur l'afflux massif des 200 000 immigrés par an au minimum. Que la pauvrété touche les campagnes bien plus que les cités et que la pauvreté ne signifie pas automatiquement délinquance sinon c'est le Cantal qui serait devenu un enfer de délinquance.

Il y a l'éducation parentale, le laxisme judiciaire, l'éducation nationale à la ramasse et l'abandon des références nationales. Comment peut-on demander à un enfant d'aimer un pays détesté par ses profs gauchistes. Comment demander à des gosses d'aimer un pays dont les parents n'ont jamais eu besoin de dire que c'est grâce à ce pays s'ils sont soignés gratuitement.

Encore une foisn ce discours est celui d'un pays malade de son immigration et qui pense se soigner en avalant des barbituriques.

Gérard Brazon

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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