Aprés l'indépendance, triste bilan d'une Algérie incapable.

Publié le 19 Juin 2014

L’Algérie importe à elle seule plus que tous les pays du Maghreb réunis.

Algérie 360

Mebarek Malek Serrai, expert international, président, d’Algeria International Consult (AIC), nous indique que les chiffres annoncés par le ministre sont tout à fait réels. «720 millions de dollars pour les quatre premiers mois de l’année 2012 est une donnée conforme aux prévisions de 2,5 milliards de dollars pour tout l’exercice 2012.»

 

En outre, il souligne que l’Algérie importe à elle seule plus que tous les pays du Maghreb réunis et que «la croissance remarquable de la production nationale durant  les six dernières années n’a pas permis d’infléchir ou de réduire les importations». Et de préciser : «Les engagements des investisseurs locaux, ceux des étrangers ou la mise en œuvre du projet de pôle biotechnologique n’ont pas suffi à faire face à cette hécatombe de sortie de devises. Cependant, nous observons un aspect très positif, à savoir un plus large accès aux soins par la modernisation du secteur public et l’ouverture de nombreuses unités de soins».

M. Serrai, nous signale que les raisons de l’augmentation des importations sont multiples. «Le marché national est, en effet,en nette croissance, allant de 8% à 12 %. C’est le second marché du continent africain après celui de l’Afrique du Sud.» L’augmentation de la facture des médicaments est liée, selon lui, «aux maladies chroniques qui marquent une nette croissance et leurs médicaments qui sont de plus en plus coûteux.

D’autres facteurs sont à prendre en compte, telle que la couverture sociale avec l’avènement et la généralisation du tiers payant, le lancement du projet de la carte Chifa, mais aussi la hausse du nombre d’assurés sociaux (Cnas, Casnos, et Camps)».

Par ailleurs, il souligne que cette hausse est liée à l’augmentation de la population et ses exigences en matière de soins, le développement humain qui est en nette amélioration et une meilleure répartition géographique du service public de santé. De son avis, l’idéal serait que  l’investissement dans l’industrie du médicament revienne aux pharmaciens. Il lance un appel aux officines afin qu’elles «libèrent graduellement le marché, voire le pays des pressions technologiques et financières insupportables des multinationales et des grands laboratoires».

«Il faut donc faire confiance aux 8500 pharmaciens qui travaillent et aux autorités compétentes pour augmenter sensiblement la production de médicaments en Algérie», conclut-il.

Bannir la pénurie
Les déclarations du ministre concernant l’inexistence d’une pénurie de médicaments sont donc contredites par les acteurs du secteur de la santé qui, preuve à l’appui, ont pu démontrer que le domaine de la santé souffre de cette carence et que le malade est bien l’otage de ces insuffisances. La facture d’importation correspond bien aux prévisions données au cours de l’année 2012.

Cependant, pour un pays qui veut engager un processus de production locale, la facture ne cesse d’exposer la dépendance du pays vis-à-vis de ses partenaires étrangers qui hésitent à transférer la technologie dont le pays a besoin. De nombreux scandales ont émaillé le secteur, des laboratoires ont été accusés de surfacturation. Tout cet environnement ne concourt pas à faire du pays un producteur de médicaments.

Un protocole d’accord dans le domaine de la biotechnologie et de la production de médicaments a été signé en 2011 entre les Etats-Unis et l’Algérie.

Le projet consiste en la création d’un pôle d’excellence régional dans le domaine de la biotechnologie qui deviendrait alors le troisième plus gros pôle au monde. Serait-ce la fin de la dépendance vis-à-vis de l’étranger ? Ne va-t-il pas y avoir des obstacles de la part de la filière d’importation sujette à la corruption que ne cessent de dénoncer les acteurs du secteur ? Au ministre de la Santé de prouver par des mesures efficaces que le mot pénurie n’est plus d’actualité dans le vocabulaire algérien.

 

S. B.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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DURADUPIF 20/06/2014 16:18


Où sont passé les recettes des hydro-carbures depuis 50 ans ? Où vont nos 5 milliardes que nous versons toutes les année au Gouvernement algérien ? Où vont ? où vont ? l'algérie même pas en voie
de développement !

Vieux harki 19/06/2014 17:35


Modernisation des unités de soins...Pourquoi Bouteflika n'en profite t-il  pas ? Au lieu de venir se faire soigner par les françaouis ?

mika 19/06/2014 14:50



 


Amère : la presse algérienne se déchaîne contre le bilan de 50 ans d’indépendance


Cérémonies officielles, émissions spéciales : les Algériens célèbrent avec faste le cinquantenaire de leur indépendance. Si le président Bouteflika et
certains ministres ont qualifié de positif ce dernier, la presse algérienne, elle, se montre beaucoup plus critique.


http://www.atlantico.fr/decryptage/amere-presse-algerienne-dechaine-contre-bilan-50-ans-independance-algerie-411456.html#sbzkRitHl2eHemmg.99


L’Algérie a 50 ans et va fêter son demi siècle d'indépendance durant une année. Le coup d'envoi des célébrations, prévues jusqu'au 5 juillet 2013, a été donné
mercredi soir près d'Alger par des feux d'artifice à travers tout le pays. Jeudi matin, le président Abdelaziz Bouteflika, (75 ans, lui-même un ancien combattant) s'est rendu au monument des
martyrs sur les hauteurs de la capitale pour se recueillir à la mémoire des combattants. Selon Alger, 1,5 million d'Algériens ont péri durant cette guerre de sept ans et demi.


Aucun officiel français n'est représenté à ces commémorations. Il y a quelques mois, François Hollande insistait sur l'importance du travail de mémoire. Jeudi, le
président français a affirmé qu'il se rendrait "si
possible" en Algérie avant la fin de l'année. Mais 50 ans après, les blessures ne sont pas encore
cicatrisées et les relations entre les deux pays restent houleuses.



Pour tenter de donner un écho international à cette célébration, les autorités ont fait diffuser un publi-reportage de 16 pages dans le quotidien Le Monde. Le
président Bouteflika et certains ministres y qualifient de positif le bilan de ces 50 ans.



La presse algérienne, elle, dresse un bilan beaucoup plus critique de ce demi-siècle d'indépendance. Pour l'ensemble des journaux, l'échec le plus important a été l'incapacité du pays à sortir de
son statut d'État rentier, avec 98% de ses recettes issues des ventes d'hydrocarbures. L'ouverture économique a été un échec. Tout comme les
privatisations. Le régime en place n'est pas non plus parvenu à lutter contre la corruption généralisée et à stopper l'avancée de l'économie informelle (40
% du PIB).


Le journal El
Watan estime que ce cinquantenaire est une "halte
qui exige un bilan critique". Le
Soir d’Algérie évoque "50
ans de progrès, d’espoir et de déceptions". "L'Algérie
n'a même pas eu le temps de savourer sa victoire que des clans se sont déchaînés pour la prise du pouvoir", regrette de son côté le quotidien