Après la chute, le déclin par Guy Millière

Publié le 23 Mai 2012

Milliere Guy - mercredi 09 mai 2012

Cet article paraîtra après. Après la défaite annoncée de Nicolas Sarkozy. Après la victoire de François Hollande.
Il paraîtra pendant que les effets de choc seront analysés, et pendant que la campagne pour les élections législatives se mettra en place.

Celles-ci, en juin, donneront sans aucun doute la victoire aux socialistes et à leurs alliés. La droite sera en charpie. Mais, à vrai dire, elle l’est déjà. Le discours de l’UMP ne se distingue de celui du Parti socialiste que par le fait qu’il est, sur certains points, un peu plus logique économiquement et, sur d’autres, plus autoritaire et plus étatiste. Le discours du Front National est lui-même, sur bien des plans, un discours très socialiste et très étatiste.

Une droite ayant une pensée structurée devrait se donner les moyens de renouer avec la pensée libérale en matière d’économie. Cela impliquerait pour elle de se pencher sur les travaux d’économistes qu’elle ne consulte pas, et que la plupart de ses membres n’ont jamais lus.
Les idées de Friedrich Hayek ou de George Gilder, de James Buchanan ou de Milton Friedman devraient être remises au goût du jour de toute urgence.

Elles sont portées, depuis des années, par quelques cercles qui maintiennent quelques clartés dans un océan de ténèbres. Tant que l’audience de ces cercles sera limitée, rien ne sera possible.
Une droite ayant une pensée structurée devrait aussi se donner les moyens de renouer avec les valeurs du conservatisme en matière d’approche du politique, de la société et de la culture.

Et, là encore, les références à citer seraient nombreuses, et incluraient nécessairement Ed­mund Burke, Karl Popper, Leo Strauss.
Le malheur veut que ces références soient plus absentes encore, car les cercles qui maintiennent quelques clartés dans le domaine économique ont tendance à s’éloigner aujourd’hui du conservatisme.
Tant que les idées conservatrices seront absentes, rien ne sera possible.

La droite prendra-t-elle cette direction ? Dans le court terme, je ne pense pas.
On peut s’attendre, dès lors, à ce qu’elle reste en charpie. Et on peut s’attendre à cinq années crépusculaires, sans alternative, ni perspective de redressement.

L’économie française va continuer à s’éteindre doucement et la société française s’appauvrir graduellement,
sans que quiconque fournisse une explication audible. Les médias et les grandes maisons d’édition, déjà sous contrôle, le seront un peu plus.

Si des gens, à droite, songeaient au redressement, ils devraient se faire entendre dès maintenant, s’atteler à la tâche, et travailler, beaucoup travailler.

Je ne pense pas que cela se fera. Il y faudrait des femmes et des hommes ayant une vision stratégique et non une vision politicienne des choses. Pour l’heure, je ne vois personne sur l’horizon.
Avoir une vision stratégique ne permettrait pas, je le sais, de faire carrière dans l’immédiat. Et, si on pense à son intérêt personnel, le mieux est effectivement de faire carrière dans l’immédiat. Si on pense à l’avenir d’une population, on peut, bien sûr, raisonner autrement. Mais qui raisonne autrement ?

Nous sommes dans une situation d’hégémonie, au sens gramscien du terme. Le socialisme est un dogme mort et assassin, mais il règne absolument, de tous côtés. Cette situation d’hégémonie n’est pas propre à la France et concerne toute l’Europe.
L’Union européenne a eu quel­ques dimensions libérales, mais ne les a plus depuis longtemps. Elle est constructiviste. L’euro lui-même est constructiviste. Tout sera fait pour sauver l’euro et pour sauver l’Union. Le constructivisme, lorsqu’il déraille, ne s’arrête pas avant que le cataclysme soit immense et quasiment irrémédiable.

Le futur du monde s’écrit là où il y a de la croissance, car il y a de la croissance en d’autres endroits sur terre. Il s’écrit là où le dogme socialiste est moins implanté et là où, derrière les mots du socialisme, c’est autre chose qui se pratique.

Cinq années crépusculaires pour la France commencent. Elles succèdent à cinq années pour rien et, avant Sarkozy, ce n’était pas mieux. Ce seront cinq années tumultueuses pour l’Europe. Cinq années où la France et l’Europe vont continuer à glisser vers la banlieue du monde. Cela s’appelle le déclin…

Guy Millière

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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