Aprés les élections, le libéralisme en Europe et un SMIC européen... à la baisse!

Publié le 17 Avril 2012

Siège de la Commission européenne à Bruxelles.
Siège de la Commission européenne à Bruxelles. Crédits photo : © Yves Herman / Reuters/REUTERS


La Commission publiera cette semaine un document recensant ses propositions pour relancer l'emploi. Baisse des charges salariales, libre circulation de la main-d'œuvre ou smic différencié par pays sont au menu.

Les capitales européennes ont demandé à la Commission de plancher sur la lutte contre le chômage, mais beaucoup n'apprécieront sans doute pas ses conseils: de l'abaissement des charges salariales à la libre circulation de la main-d'œuvre à travers toute l'UE en passant par un salaire minimum «modulable», Bruxelles risque de mettre le feu aux poudres à gauche comme à droite.

Le document, qui sera rendu public mercredi, pourrait aussi enflammer le débat français autour de l'emploi et de l'Europe, à cinq jours du premier tour de la présidentielle. Comme Nicolas Sarkozy, Bruxelles s'affiche en faveur d'une baisse des charges salariales pesant sur les entreprises. C'est un «instrument privilégié pour renforcer l'offre de travail», précise la dernière version du texte obtenue par Le Figaro.La Commission suggère comme ressources de remplacement la TVA, les impôts «verts» et la taxation foncière.

Une autre proposition phare risque en revanche de susciter de hauts cris chez les conservateurs, en écho à une controverse ancienne sur le «plombier polonais». Il s'agit de lever les derniers obstacles à un marché unique du travail en Europe, sur le modèle américain. «La mobilité du travail n'est pas suffisante dans l'UE. (…) Afin d'exploiter toutes les possibilités, il est crucial d'assurer l'adéquation entre la demande et l'offre d'emplois» à l'échelon européen, notent les auteurs.

Chiffon rouge

Sur ce front, la Commission s'avance sur deux pistes dangereusement minées. La première est la fin des restrictions à l'emploi des Roumains et des Bulgares, programmée par traité au plus tard fin 2013 mais encore refusée par neuf pays dont la France. La seconde est l'ouverture des emplois publics nationaux à tous les ressortissants de l'UE, sauf exception de souveraineté validée par la justice européenne.

Pour finir, Bruxelles agite un chiffon rouge sous les yeux de la gauche européenne tout entière: celui d'un salaire minimum national qui pourrait être différencié selon la branche professionnelle, un moyen, assure-t-elle, de «soutenir l'offre d'emploi». Les auteurs ne précisent pas le modèle. Mais ils assurent que les salaires planchers devraient être discutés «en concertation avec les syndicats et en fonction de l'évolution économique».

L'apport de la Commission n'est qu'un travail prospectif. Il y a peu de chances que cette communication «Vers une croissance riche en emplois» aboutisse en l'état. Mais elle s'annonce assez controversée pour que les vingt-sept commissaires souhaitent la réexaminer une dernière fois, avec le collège au grand complet, mercredi à Strasbourg. Sur fond d'échéances électorales en France et en Grèce, José Manuel Barroso en laissera la présentation publique au Hongrois Laszlo Andor, commissaire à l'Emploi et aux Affaires sociales.

Pour Bruxelles, il est clair que relever le défi du chômage nécessite des solutions hardies. À la traîne des puissances émergentes mais aussi des États-Unis, l'UE a perdu 4,5 millions d'emplois nets depuis 2008. Depuis janvier, une seconde récession en trois ans a fait passer le taux de chômage moyen au-dessus de 10 %. Et relancé du même coup un débat sur la croissance auquel personne n'offre encore de réponse vraiment convaincante…

Figaro économie

 

 

La candidate du FN à l'Elysée Marine Le Pen a dénoncé lundi "le cocktail explosif de mesures ultralibérales" que devrait présenter la Commission européenne mercredi, selon le Figaro, pour relancer l'emploi.

"La commission européenne présentera mercredi un cocktail explosif de mesures ultralibérales censées relancer l'emploi, mais qui révèlent le vrai visage de cette Europe de Bruxelles: une machine à broyer les peuples et les modèles sociaux", écrit Marine Le Pen dans un communiqué.

"Deux mesures doivent nous alerter: le retour en pire de l'effroyable directive Bolkestein, avec l'ouverture totale des emplois aux Roumains et aux Bulgares et la fin de toutes les protections pour la fonction publique", ajoute la présidente du Front national. 

"La seconde est la création d'un Smic variable selon la branche professionnelle: ici un Smic à 1000 euros, là un Smic à 600 euros, voilà ce qui attend les travailleurs français si rien n'est fait", estime Marine Le Pen.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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