Aqmi occupe une position "dominante" dans le nord du Mali.

Publié le 6 Mai 2012

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) occupe désormais une position dominante dans le nord du Mali, grâce à son alliance avec le groupe islamiste armé Ansar Dine, et au renfort de combattants marocains, tunisiens et libyens, a appris samedi l'AFP de sources sécuritaires.

Aujourd'hui, c'est Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi) qui occupe une position dominante dans les trois régions du nord du Mali, grâce à son alliance avec le groupe islamiste Ansar Dine, et avec l'arrivée dans ses rangs de combattants tunisiens, libyens et marocains", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire mauritanienne.

Le nord du Mali, vaste région en majorité désertique, est coupé du reste du pays depuis le coup d'Etat du 22 mars à Bamako qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT), longtemps accusé par ses voisins d'avoir fait preuve de laxisme dans la lutte contre Aqmi.

Des témoins ont vu dans la périphérie de la ville de Tombouctou (nord-ouest), des combattants d'Aqmi qui se sont déclarés de nationalité marocaine, libyenne, et tunisienne.

 

Ces combattants "ont distribué des vivres aux populations déplacées. Ils ont expliqué qu'ils sont Marocains, Tunisiens et Libyens. Ils ont dit aussi qu'ils sont venus pour le Jihad, aux côtés de leurs frères algériens, mauritaniens, et d'autres", a expliqué à l'AFP l'un de ces témoins, fonctionnaire malien de Tombouctou, mais qui vit actuellement avec sa famille depuis trois semaines dans un hameau de la périphérie de la ville.

Le chef militaire de la ville de Tombouctou est actuellement Abou Yaya Hamame, le chef d'une unité d'élite d'Aqmi.

Il dirige la ville avec à ses côtés "Sanda", un homme qui a une double casquette: officiellement porte-parole de Iyad Ag Ghaly -leader de Ansar Dine, ex-militaire et ex-figure des rébellions touareg des années 1990- et soutien actif connu de la branche maghrébine Al-Qaïda.

Ansar Dine (défenseurs de l'islam) prône l'imposition de la charia dans tout le Mali.

"A Gao (nord-est), et à Kidal (nord-est), on ne voit pas en masse les combattants d'Aqmi, parce qu'ils préfèrent se mettre hors de la ville, et intervenir quand c'est nécessaire. Mais à l'intérieur de ces deux autres localités, ils ont leurs hommes, leurs pions comme on le dit", explique une source sécuritaire nigérienne.

"La réalité sur le terrain est bien celle là. Il semble d'ailleurs que les combattants libyens soient arrivés dans le nord du Mali avec Moktar Ben Moktar (un des responsables d'Aqmi) récemment revenu de Libye", a ajouté la même source nigérienne.

Les nouveaux combattants d'Aqmi de nationalité marocaine, seraient venus de leur pays via l'Algérie pour certains, par avion de Casablanca via Bamako, selon des sources concordantes.

"Nous avons nous aussi ces informations. C'est pour cette raison que nous disons que ce qui se passe actuellement au nord du Mali concerne non seulement les autorités maliennes, mais aussi tous les autres pays de la sous-région. C'est la déstabilisation du sahel, du Maghreb qui est en jeu", a affirmé à l'AFP, un responsable du ministère malien de la Défense.

Depuis le coup d'Etat du 22 mars, outre Aqmi et Ansar Dine, le Nord du Mali est aussi sous la coupe de différents de groupes de trafiquants, de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), et du Front national de libération de l'Azawad (FNLA), composé d'Arabes de la région de Tombouctou.

L'Azawad, immense territoire aride d'une surface équivalente à celle de la France et de la Belgique réunies, est situé au nord du fleuve Niger et comprend les trois régions administratives de Kidal, Tombouctou et Gao.

Source

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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