Assimilation, la fin du modèle français, de Michèle Tribalat.

Publié le 1 Octobre 2013

Par Pascal Hilout né Mohamed

C’est toujours un enrichissement de lire les livres de Michèle Tribalat, démographe et spécialiste de l’islam. Elle vient de publier un ouvrage très didactique où elle détaille les faits qui nous amènent à renoncer, définitivement, à l’illusion de pouvoir assimiler l’immigration islamique comme nous avons su le faire avec les différentes vagues d’immigration originaire d’Europe.

Natifs au carré

Ce livre éclaire notre lanterne, chiffres à l’appui, sur bien des points controversés :

  •  D’abord sur le nombre de musulmans en France. Malgré le flou artistique entretenu par l’INSEE, comme si l’immigration était devenue une maladie honteuse que les Français n’oseraient pas dépister et dénombrer, la démographe réussit à recouper les données les plus fiables dont nous disposons pour donner une idée bien étayée de cet agrégat :  4,2 millions à la mi-2008.
  • Malgré les lois et les multiples règlements successifs relatifs à l’immigration, la France a enregistré durant les trente piteuses une vague d’immigration extra-européenne tout à fait comparable à celle des trente glorieuses, mais pas des mêmes pays émetteurs. Ni la précarité, ni le chômage endémique, ni la réglementation restrictive n’ont réussi à freiner le regroupement communautaire endogame qui a succédé au regroupement familial opéré par les premiers immigrés mâles qui ont définitivement renoncé à retourner au pays. Autrement dit : l’immigration en chaîne à partir des pays musulmans obéit à ses propres règles internes. Ni les lois dites Pasqua-Debré, ni les directives de la Commission européenne n’y ont changé quelque chose.
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  • A cette immigration s’ajoute la dynamique démographique de la communauté musulmane caractérisée par plus de femmes en âge de procréation et un taux de fécondité supérieur à la moyenne :
    2,8 enfants/femme pour la génération 1958-1968 alors que la moyenne était de 1,9 et
    2,3 enfants/femme pour la génération 1958-1973 alors que la moyenne est de 1,7 enfants/femme

« Le taux d’accroissement des musulmans est donc incomparablement supérieur à celui des non-musulmans, pour lesquels le solde migratoire est relativement neutre et le taux d’accroissement naturel huit fois inférieur à celui des musulmans. En 2008, l’accroissement démographique des musulmans fait presque jeu égal avec celui des non musulmans et le taux de croissance de la population musulmane a été 12 fois supérieur à celui du reste de la population » (p. 180)

  •  A moins d’une démarche politique radicalement différente de ce qui a été expérimenté jusqu’ici, le flux de cette immigration n’est pas prêt de s’étioler dans les décennies à venir.
  • L’islam est un facteur de maintien et d’auto-reproduction d’une communauté marquée
    ♦ par les mariages et les unions endogames sans commune mesure et tout à fait à l’opposé de ce qui est observé chez les immigrés d’origine européenne, (chapitre 7). Les forfanteries du démographe Emmanuel Todd à ce sujet s’avèrent totalement fausses et n’ont de validité qu’entre 1958 et 1964 pour ceux qu’on appelait les Français musulmans, première génération d’immigrés qui ne voulaient surtout pas que leurs descendants se distinguent de leurs concitoyens !
    ♦ par une éducation religieuse très marquée. La sécularisation ambiante n’a que peu d’effet sur la communauté musulmane et
    ♦ par une observance de plus en plus rigoureuse des interdits religieux, sous contrôle social de la famille, du clan et du voisinage (chapitre 9)
  • Les couches populaires des natifs au carré ayant été amenées à quitter les lieux où les immigrés et leur misère ramenée d’Afrique ont opéré leur regroupement, il y avait mécaniquement de moins en moins d’autochtones dont on pourrait adopter les normes, les mœurs et les valeurs. L’assimilation n’a de sens que s’il y a encore des voisins natifs au carré ou si l’on renonce à des alliances matrimoniales internes à la communauté religieuse et/ou éthnique.

touche pas à ma manne élctorale

Et c’est ainsi que seules les couches aisées se retrouvent épargnées et profitent des joyeusetés de l’immigration sans intégration et sans espoir d’assimilation : une main-d’oeuvre pléthorique et pas chère dont les frictions et les coûts sociaux, sans parler des nuisances, sont supportées prioritairement, mais seulement, par les couches populaires. Ce sont ces couches qui sont aussi directement confrontées à la rude concurrence sur le marché du travail.

Tout en culpabilisant ceux qui osent parler de la désintégration bien avancée du modèle français, l’élite de droite modérée, et surtout de gauche, a su profiter de la manne électorale opportuniste des musulmans.

Le bénéfice politique pour la gauche ne s’arrête pas là : ses contre-pouvoirs sont toujours émiettés et à couteaux tirés, comme au bon vieux temps de Mitterrand.

Pascal Hilout

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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mika 02/10/2013 11:13


Michel Tribalat: Immigration, deux chiffres clefs...ou La clef à deux chiffres ?



Vidéo 1mn30    https://www.youtube.com/watch?v=gjsPqPakis8