Immigration: Illustration du déni des faits par Ivan Rioufol.

Publié le 27 Avril 2011

Par Ivan Rioufol 

         S'il est un domaine où se lit avec le plus de clarté le gouffre qui sépare les élites du peuple c'est celui de l'immigration. Les dirigeants et la plupart des médias persistent à ne vouloir aborder ce sujet qu'en termes glacés (financement des retraites, baisse du coût du travail, frein au vieillissement démographique, etc), tandis que l'opinion vit de plus en plus ce phénomène d'un peuplement nouveau comme une  atteinte progressive à la cohésion sociale et nationale. "Pourquoi l'Etat poursuit-il toujours sa politique immigrationniste quand il reste impuissant à résoudre les problèmes d'insertion et d'intégration qui constituent pourtant l'urgence absolue de la France ?", questionne Malika Sorel dans son dernier livre que je vous recommande (Immigration, intégration, le langage de vérité, Editions Mille et une nuits). L'auteur, française originaire d'Algérie, y décortique les mécanismes de dissimulation de la réalité, du mensonge et de la manipulation des foules qui ont conduit à la "robotisation de la réflexion politique" et à l'abus de confiance des Français. Le discours médiatique de ces dernier jours est la parfaite illustration de sa démonstration sur le déni des faits.

La propagande est la même depuis trente ans. Elle consiste à soutenir, en gros, que l'immigration n'est pas un sujet et qu'elle est de toute façon nécessaire. Alors que l'avenir des accords de Schengen sur la libre circulation en Europe se discute cet après-midi entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, une flopée de commentaires vient soutenir, ces jours-ci, que la France n'est pas un pays d'immigration massive, bien qu'elle reçoive chaque année 200.000 nouveaux venus extra-européens, sans compter les clandestins (estimés entre 80.000 et 100.000). Si la France connaît certes une émigration parallèle, qui baisse le solde migratoire, elle est surtout celle de ses diplômés qui quittent de plus en plus leur pays. En fait, la nation importe des Bac-5 et exporte des Bac+5. Ce qui n'empêchent pas Les Echos, ce mardi, de se livrer à un plaidoyer tiré par les cheveux sur les bienfaits économiques de l'immigration qui allègerait même les comptes sociaux. Alain Mincdisait sensiblement la même chose ce matin sur Europe 1 "Nous avons besoin d'immigration de travail non qualifiée et très qualifiée". Ne pourrait-on commencer plutôt par former les chômeurs et retenir les plus entreprenants?

Fait-on remarquer à ces comptables sans âme ni affect, qui raisonnent de surcroit sur des chiffres souvent incomplets ou carrément truqués, que cette immigration réellement massive est en train de créer des ghettos et des repliements identitaires qui fragilisent déjà la solidarité nationale, les chercheurs en sciences sociales et autres démographes militants entrent alors en scène avec leurs statistiques, leurs mots détournés et leur idéologie. Ainsi, selon l'Ined (Institut national d'études démographiques), les ghettos n'existent pas (La Croix, 21 avril). Le démographe François Héran assure, lui, (Le Monde, 20 avril) : "L'intégration est en marche". Le jour de la publication de ses propos, 66% des Français jugeaient (sondage Le Parisien) que l'intégration fonctionne mal, 76% estimant même que les étrangers ne font pas suffisamment d'effort pour s'intégrer. Alors, de deux choses l'une: ou les Français sont des imbéciles, ou les élites et leurs experts en enfumage les prennent pour des imbéciles. J'opte pour la seconde hypothèse.

NB : j'ai été profondément touché par vos marques de soutien et de sympathie après la mort de ma mère, et je remercie chacun d'entre vous très amicalement.

Je participerai, mercredi, à On refait le monde, sur RTL (19h15-20h)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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roy 27/04/2011 18:29



Sincères condoléances Gérard tardivement mais n'étant pas au courant. Ton blog est super.



rosalie 27/04/2011 17:31



Votre analyse est très bonne. J' y ajouterai quelques détails en plus de ces "non aides" de l'époque que vous avez énumérés, lorsque les enfants ont grandi et qu'ils sont allés à la fac, pas
question de vacances ou de sorties, tout passait dans les transports, les livres, le loyer etc... et pourtant comme vous dîtes nous n'étions pas malheureux, nous avions des revenus "honorables".
Et pendant que nous payions plein pot pour tout, nous avions des manifs à la fac,  pour les "non facs" organisées par les jeunes du ps qu'on retrouve aux manettes actuellement, genre Hamon
et Julliard. Nos enfants n'avaient pas cours, les facs étaient bloquées et ces non facs qu'on voulait voir inscrits étaient pour la plupart des immigrés et clandestins très souvent. Nous payions
aussi plein pot pour les vacances en colonie ou en camps alors que certains de la même ville ne payaient rien, ceux là bénéficiaient du tout gratuit: cantine, étude, électricité, vêtements, repas
grâce aux restos du coeur ou au secours catholique. Ils devenaient même exigeants et n'acceptaient pas forcément ce qui leur était proposé. Les femmes dans notre quartier étaient toujours
enceintes et n'étaient jamais les mêmes, de toutes jeunes venues directement d'Afrique. Ces gens vivaient à 15 ou 20 par appartement, les enfants restaient dehors jusqu'à pas d'heure pendant que
les pères astiquaient leur BM. La commune socialiste n'a jamais vu ces problèmes au contraire il fallait surtout ne rien dire, ne pas faire de vagues. Même la pharmacienne acceptait les cartes
vitales sans aucun contrôle, une par famille de 15 ou 20 personnes couvrant les cousins, les cousines, les oncles et les tantes. Mais quand nos parents ont vieilli nous avons dû aussi assumer
leur bien être (nous l'avons fait avec plaisir) car nous étions toujours au dessus de la barre qui permettait les aides. Par contre toutes ces femmes qui travaillaient au noir et profitaient du
système, il ne fallait pas le dénoncer. Nous avons été manipulés, utilisés, dépouillés et nous nous sommes tus. Aujourd'hui la religion musulmane nous apportant tant de problèmes supplémentaires,
nous sommes arrivés à saturation et il est temps que nos politiques en prennent conscience avant que des actes irrémédiables soient commis.



Nancy VERDIER 27/04/2011 16:33



C'est une politique qui n'a pas été improvisée. Elle a été conçue et fabriquée par nos élites et l'administration servile. Par exemple, pour nous mères de famille des années 70-80, actives et
couvertes par des revenus "honorables" : pas de crêches pour faire garder nos enfants, pas d'aides particulières, pas de conseils, pas d'assistance, pas d'aides au logements. Bref : pas
d'assistanat. Résultats : en moyenne deux enfants par foyer. Entre temps, le processus s'est accéléré en même temps que les divorces bouleversaient la donne: Les familles franco-françaises
ou européennes par opposition aux familles d'immigrés lesquelles recevaient aide et assistance de toutes sortes. Je me souviens encore du Maire adjoint du 16ème me parler des repas
servis quotidiennement à une famille polygame. Cela le faisait rire "jaune", mais c'était ainsi. La machine était en route et les 3/4 des mariages célébrés dans cette mairie étaient déjà dans les
années 80-90 des étrangers (français ou pas...). A-t-on cru au Melting Pot ??? Tout le monde a ainsi pu se servir sur le dos de la France, y compris les petits souverains déchus qui
recevaient leur pension et leur logement de la Ville de Paris. Je dirigeais un centre de formation professionnelle et malgrè mes réticences, je voyais les stagiaires venir directement du
Maroc ou d'Algérie (encore là, il y avait la guerre civile, on pouvait comprendre...???) et obtenir des stages gratuitement. J'appelais l'ANPE : Où sont les chômeurs français ??? Pas de réponse.
D'ailleurs qu'en savaient-ils ces employés manipulés par des associations? J'étais souvent en contact avec un des dirigeants de Terre d'Asile, mais à l'époque (année 90), comme il y avait des
Roumains qui débarquaient, fuyant leurs atrocités (puis des Albanais, puis de Bulgares) à chaque fois la cause était bonne. La France aidait et nous étions la France. Certes, certains de ces
migrants ont fait un beau parcours en France, notamment les Roumains. On peut dire que le melting pot a dû fonctionner pour ces années 90. Mais c'est après que tout s'est gâté. L'afflux est
devenu permanent, non contrôlé : des Kurdes, des Palestiniens, des Soudanais, des Maliens etc...La planche à faux papiers a commencé à fonctionner et le sytème payait. Puis on a dit : "les
soins pour tous", puis "logements pour tous" etc...TOUS ce n'était pas les franco-français qui habitaient là où ils pouvaient, certains dans des roulottes ou cherchant à
émigrer....pendant que de braves âmes(People du Cinéma et TV) manifestaient pour que les nouveaux venus (pas les autres) aient un logement en plein Paris. Evidemment aujourd'hui, la coupe
est pleine et les Franco-français se sentent floués. Ce n'est pas aux nouveaux-venus qu'ils en veulent directement, puisqu'au contraire un accueil chaleureux fut réservé aux migrants (en
particulier de l'Est) mais aux gouvernants. Des villes et des régions de Province se sont transformées complètement en l'espace de 10 ans et s'est greffé sur cette question d'immigration, le
problème de l'Islamisation de la France. THAT IS THE QUESTION.