Aubry-Brochen : Caroline Fourest ne cesse de se dédire et de se contredire ! Par Bonapartine

Publié le 19 Juillet 2011

Par Bonapartine PourRiposte-Laïque
Le 13 juillet 2011, Caroline Fourest a publié sur son blog un argumentaire intitulé « A propos des rumeurs sur le mari d’Aubry » (1). Celui-ci faisait écho à plusieurs articles parus, au sujet de son livre publié en 2005 La Tentation obscurantiste, sur des sites qu’elle qualifie « d’extrême droite » en faisant preuve, cette fois-ci, d’une prudence qu’on ne lui connaissait pas dès lors qu’elle s’abstient de citer nommément les « sites d’extrême droite » en question.

Quoi qu’il en soit, le journal en ligne Riposte Laïque qui mène « un combat laïque » s’accompagnant « d’un projet social sans lequel le mot République demeurerait vide de sens » et qui « donne la parole à tout laïque, à tout croyant respectueux de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905, quels que soient leurs choix politiques (racistes et négationnistes exclus) », a lui aussi choisi de se pencher sur cet argumentaire de Caroline Fourest après que certains de ses rédacteurs eurent établi un lien direct entre ce qu’elle affirme dans La Tentation obscurantiste et les rumeurs colportées par certains médias et sites Internet à propos de l’époux de Martine Aubry, Jean-Louis Brochen.

Loin de moi qui déteste la paraphrase l’intention de revisiter en quoi que ce soit les excellents articles de Roger Heurtebise et de Pascal Hilout qui, chacun à sa manière, a commenté les développements proposés par Caroline Fourest dans « A propos des rumeurs sur le mari d’Aubry » (2,3). Non, simplement, je souhaite ici compléter les analyses de Pascal Hilout en me plaçant non pas sous l’angle des rumeurs propagées à l’encontre de Jean-Louis Brochen mais sous l’angle comparatif des déclarations de Caroline Fourest faites en novembre 2008 sur France Culture, avec ce qu’elle écrit, un peu moins de trois ans plus tard, toujours au sujet de l’élue de Lille, dans son article « A propos des rumeurs sur la mari de Martine Aubry » où, contrairement à ce que laisserait croire le titre de celui-ci, elle consacre également tout un chapitre à la politique municipale de Martine Aubry.

Pour comprendre mon analyse et mes interrogations, je suis obligée ici de remémorer à nos lecteurs ce que déclarait Caroline Fourest sur France Culture en novembre 2008 et donc à une période où le Parti Socialiste se déchirait en vue de l’élection de son premier secrétaire :

« Le choix de Royal est sans doute le plus adapté à l’époque actuelle, celle qu’Olivier Duhamel appelle très justement la vidéosphère. Elle va de pair avec la présidentialisation de nos institutions. Le choix d’Aubry serait une forme de résistance, une dernière tentative, un peu classique, un peu archaïque diraient certains pour rester un parti de militants, un parti qui préfère travailler avec les mouvements sociaux, les intellectuels plutôt qu’avec les rois de la com, les champions de rugby, les gens de théâtre ou les marrionnettistes. …. Le plus gros défaut de Ségolène Royal, c’est d’être totalement imprévisible. Le plus gros défaut de Martine Aubry, c’est d’être maire de Lille. Il n’y a point pire laboratoire local pour vous donner le goût du compromis politique. Elle critique les alliances nationales de Royal avec le MODEM mais le fait au niveau local : ce n’est pas la même chose mais quand même. Elle défend l’école publique et on la croit sincère mais elle subventionne l’université catholique de Lille. C’est une bonne université qui fait du social mais quand même. Martine Aubry croit au multiculturalisme, pour le meilleur c’est vrai, mais aussi parfois pour le pire comme le fait de flatter le repli communautaire. Elle a jadis ouvert des heures de piscine non mixtes à des femmes juives et musulmanes. Elle a changé d’avis et fait son mea culpa mais quand même. On la croit difficilement capable de monter au créneau sur des questions de république et de laïcité demandant un peu de courage. Pour parler clair, on la voit difficilement prendre le risque de froisser certains électeurs de Lille. Ségolène Royal, elle aussi, sait manquer d’audace sur ces sujets. En pleine campagne présidentielle, lors du procès des caricatures, elle n’envoya qu’un petit texto très discret à Charlie Hebdo pour soutenir le journal. Il est vrai qu’elle avait promis à l’un de ses principaux conseillers, socialiste et fervent catholique, de ne pas offenser Mahomet. Depuis, elle s’est rattrapée en soutenant avec d’autres, notamment à l’initiative de Benoît Hamon, la députée néerlandaise d’origine somalienne menacée de mort par les islamistes, Ayaan Hirsi Ali, mais ne nous faisons pas trop d’illusions : ces deux femmes ont de vraies prudences lorsqu’il s’agit de religion. Aubry, fille de Delors, c’est la gauche catho de gauche qui ne veut pas froisser la religion des immigrés et préfère parler de social. Avec Royal, fille de militaire catholique, c’est quelque chose entre la social-démocratie et la démocratie chrétienne, la social- démocratie chrétienne. Pas étonnant qu’avec Bayrou, tout soit possible ni qu’elle fasse la morale, certes sur un ton d’institutrice mais avec des accents de prêtre. C’est dire s’il faudra beaucoup de courage aux militants du Parti socialiste pour que leurs leaders ne tombent ni dans la prudence paralysante ni dans la démagogie déconcertante mais n’anticipons pas et attendons que la messe soit dite. » [Chronique de Caroline Fourest sur France Culture, mise en ligne sur son blog le 21.11.08]

S’il y a bien un registre dans lequel notre chère Caroline n’a pas varié d’un pouce, c’est dans cette manière si personnelle qui est la sienne de marquer au fer rouge la trajectoire de vie de chacun à la seule aune de ce que sont ses origines sociales et culturelles.  Avec Caroline, c’est simple : si vous avez évolué dans un milieu catholique, alors vous resterez de toute façon « une catho », certes de gauche mais « une catho » quand même. De la même manière, si vous avez évolué dans un milieu en quelque sorte « coincé » entre la social-démocratie et la démocratie chrétienne, alors vous deviendrez inéluctablement un adepte de la « social- démocratie chrétienne ». C’est là un nouveau concept sorti de l’esprit de Madame Fourest, auquel aucun étudiant de Sciences politiques ne se réfère. Seule Madame Boutin nous parle, à l’occasion, non pas de « social- démocratie chrétienne » mais de « démocratie chrétienne sociale », sans que l’on sache d’ailleurs ce que signifierait « la démocratie chrétienne sociale » dans notre république laïque. Mais bref, passons.

Le plus préoccupant de tout dans cette affaire, ce sont les contorsions, renoncements, parfois omissions délibérées ou pas, voire mensonges auxquels se livre Caroline Fourest sur un même sujet, entre le 21.11.08 et le 13.07.11, en fonction du contexte politique dans lequel s’inscrivent ses propos. Quels sont-ils ? Les voici. 

1. Le 13.07.11, Caroline Fourest revient sur sa rencontre avec Madame Aubry suite à la parution, en 2005, de la Tentationobscurantiste. Mais, à l’inverse, pas un mot sur cette entrevue avec le maire de Lille dans sa chronique de novembre 2008 …

Pourquoi Madame Fourest n’a-t-elle pas, le 13 juillet 2011, poursuivi jusqu’au bout sa démarche d’information présumée transparente et donc dévoilé à l’opinion publique quels avaient été les arguments invoqués et /ou les motivations profondes avancées par Madame Aubry pour légitimer les dérogations accordées sur des créneaux horaires de piscine à des associations de femmes de confessions juive et musulmane ? D’autre part, chacun observera qu’à aucun moment, Madame Fourest ne confirme, ce 13.07.11, ce qu’elle affirmait en novembre 2008, à savoir que Madame Aubry aurait changé d’avis en 2005 sur ce sujet et fait son mea culpa : « Elle a jadis ouvert des heures de piscine non mixtes à des femmes juives et musulmanes. Elle a changé d’avis et fait son mea culpa mais quand même. »

Laquelle des deux versions de Caroline Fourest le lecteur doit-il retenir ici ? Quelle est la version correspondant à la réalité des faits tels qu’ils se sont déroulés sur ce dossier à Lille ?  Peut-être que Madame Aubry acceptera de faire toute la lumière sur cette affaire afin que nous parvenions enfin à savoir si elle avait « changé d’avis » puis « fait son mea culpa » et si oui, quand et pour quelles raisons précises ? L’opinion publique est en droit d’avoir des réponses sur ces questions fondamentales qui n’ont strictement rien à voir avec des « rumeurs » mais qui, à l’inverse, intéressent l’avenir et la sauvegarde de la laïcité dans notre pays.

2. Le 13 juillet 2011, Caroline Fourest s’étend, à juste titre d’ailleurs, sur les liens entretenus par Martine Aubry avec Amar Lasfar, le représentant de  l’UOIF dans le Nord. Mais, en revanche, pas un mot de cet épisode de la vie politique lilloise en novembre 2008 …

« Nous avons également parlé de ses rencontres avec Amar Lasfar, l’imam de Lille, qui représente l’UOIF dans le Nord. Elle a minimisé ces contacts, qui existent aussi entre le réseau intégriste et Nicolas Sarkozy. En 2007, alors qu’un rapport du Parti socialiste dévoile les négociations incessantes existant entre Nicolas Sarkozy et l’UOIF, l’association islamiste se défend en mouillant Martine Aubry …. Qui a visiblement soutenu l’ouverture du Lycée Averroès, bien qu’il s’agisse d’un lycée intégriste tenu par l’UOIF et par Amar Lasfar. Ce dernier publie un communiqué dans lequel il écrit : « Sans le soutien de Madame Martine AUBRY Maire de LILLE, le lycée AVERROES n’aurait pas ouvert ses portes en septembre 2003. » »

Il n’échappe à personne que les faits relatés dans l’extrait précédent, le 13 juillet 2011, par Caroline Fourest, datent de 2007. Par conséquent, ils sont tous antérieurs à sa chronique effectuée sur France Culture en novembre 2008. En conséquence, ma question est simple : pourquoi Madame Fourest n’avait-elle pas révélé ces entorses gravissimes à la laïcité constatées à Lille alors qu’elle avait consacré, chacun l’aura noté à la lecture de sa chronique sur France Culture en 2008, un assez long chapitre à Martine Aubry ? Pourquoi Caroline Fourest, en novembre 2008, a-t-elle refusé d’entrer dans le détail de ce dossier, limitant son propos à des considérations vagues du style « Les plus gros défaut  de Martine Aubry, c’est d’être maire de Lille. Il n’y a pas pire laboratoire local pour vous donner le goût du compromis politique. » ? Au demeurant, était-il sérieux de parler de « compromis politique » quand on négocie avec des membres de l’UOIF, partisans, comme chacun le sait, d’un islam radical.

Au lieu de cela, que nous propose Caroline Fourest en 2008 ? Elle reproche, légitimement du reste, à Martine Aubry de subventionner l’université catholique de Lille tout en nuançant toutefois son propos puisqu’elle s’empresse de préciser que cette dernière est « une bonne université qui fait du social ». Vous avez là une illustration de l’application à géométrie variable de l’application de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, celle de Madame Fourest.

3. Le 13.07.11, Caroline Fourest fait le choix de décrédibiliser définitivement certaines orientations politiques de  Martine Aubry à Lille. Pourquoi  un choix si tardif ?

« En mars 2008, durant les municipales, Martine Aubry inaugurait les rencontres annuelles des musulmans du Nord à la demande de la Ligue islamique du Nord, dont Asmar Lasfar est le président.  Devant un public intégriste, elle déclare : « Il y a la place en France pour un islam à la fois généreux, tolérant, ouvert dont vous êtes les garants. (…) Je me réjouis de votre présence à Lille. »

Une fois encore, les faits rapportés dans cet extrait sont antérieurs au mois de novembre 2008. Pourquoi donc Madame Fourest n’avait-elle pas, en novembre 2008, jugé impérieux de porter cet épisode à la connaissance de l’opinion publique, tout au moins des auditeurs de France Culture ?

Personne, à ma connaissance, du moins pas chez Riposte Laïque, ne contredira Madame Fourest sur le fait que l’on peut être de gauche et critiquer certains choix de gauche, à Lille, à Roubaix ou de n’importe quelle autre commune française de métropole ou d’Outre- Mer. C’est même effectivement « tout à fait cohérent » et par ailleurs tout à fait sain de critiquer prioritairement ceux dont on se sent le plus proche politiquement. Du reste, Riposte laïque ne dit rien d’autre que cela depuis quatre ans maintenant. De la même manière, Riposte Laïque n’a eu de cesse, depuis quatre ans, de dénoncer les dérogations inacceptables et toutes contraires à la loi de 1905, octroyées par plusieurs élus à telle ou telle communauté et pas seulement à  la communauté musulmane, contrairement à ce que martèle à tort Madame Fourest.

Personne  n’a jamais non plus demandé à Madame Fourest de devenir un « compagnon de route » obligé du Parti socialiste et on ne voit donc pas bien à qui s’adresse, en l’espèce, ce qui ressemble à un reproche … Mais il n’en demeure pas moins que Madame Fourest, si elle tente maladroitement de se justifier en mettant en avant sa liberté de penser, elle ne répond néanmoins pas, sur son blog, à la question initialement posée : pourquoi ne pas avoir dénoncé, dès 2008 et à l’occasion de sa chronique sur France Culture, tout ce qu’elle condamne, parfois avec force, dans cet article paru sur son blog le 13 juillet 2011 ? Pourquoi, depuis 2005, avoir observé un tel silence, voire une telle prudence sur des faits pourtant courageusement révélés dès 2005 dans la Tentationobscurantiste ?

Chacun notera que sur le chapitre intitulé « Concernant la politique locale de Martine Aubry » développé sur son blog en ce 13.07.11, Caroline Fourest enfonce le clou comme jamais à l’égard de la politique locale de Martine Aubry. Quelle est la véritable raison d’être d’un tel revirement, sachant que jusqu’à présent et depuis que l’affaire des rumeurs sur le couple Aubry-Brochen a éclaté, Caroline Fourest s’était soigneusement abstenue de remémorer à l’opinion publique ce qu’elle écrivait au sujet de Jean-Louis Brochen dans la Tentation obscurantiste? Madame Fourest aurait-elle finalement fait le choix de dénoncer définitivement la politique locale Martine Aubry dans le but de détourner ainsi momentanément mais utilement l’attention de l’opinion publique et ne pas se voir ainsi, à terme, éclaboussée de manière durable par le scandale de l’affaire des rumeurs ? J’avoue que la précipitation avec laquelle Caroline Fourest semble avoir réagi, suite à la parution de certains articles reprenant des faits relatés dans un ouvrage déjà ancien de six ans, me laisse perplexe. N’est-ce pas là une réaction disproportionnée quand on se souvient, qu’à l’inverse, Madame Fourest affichait une indifférence déconcertante devant les multiples attaques et réactions parfois virulentes exprimées récemment à l’encontre de son livre sur Marine Le Pen ? Attaques qu’elle  jugeait même « bien logiques » dans la mesure où elles ne pouvaient n’être émises que par « des sympathisants du FN ou des islamistes (au choix) » ! [Propos de Caroline Fourest publiés sur son blog le 02.07.11]. Evidemment ! Pour Caroline, il est impensable d’imaginer qu’une seule critique de son ouvrage sur Marine Le Pen pouvait être formulée par un(e) républicain(e) convaincue(e).

 En décembre 2010, Madame Fourest est invitée par la Parti socialiste pour intervenir sur le modèle laïque français lors de la Convention sur l’égalité réelle. Elle écrit alors, le 13.07.11 :

« C’est à l’honneur du PS, dont je n’ai pas la carte (ni d’aucun autre parti d’ailleurs) de m’avoir invitée à défendre mon point de vue sur ces sujets. Plus encore d’avoir insisté sur l’importance de la laïcité dans son projet adopté à l’issue de ces journées. » Et moi, je me dis : quelle est la crédibilité du Parti socialiste français à inviter une journaliste incapable de rester fidèle à une version donnée et que l’on sent prête à toutes les compromissions pour s’adapter au contexte politique selon le sens dans lequel tourne le vent ? Est-ce donc cela la conception politique de l’éthique au Parti socialiste ?

 

Bonapartine

(1) http://carolinefourest.wordpress.com/

(2) http://ripostelaique.com/fourest-enfonce-aubry-brochen-et-confirme-les-ecrits-de-riposte-laique.html

(3) http://ripostelaique.com/caroline-fourest-ses-contorsions-et-ses-a-peu-pres.html

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Robert le Miro 19/07/2011 17:23



Je n'ai pas pu lire jusqu'au bout le bla-bla de la Caroline tellement c'est chiant mais suffisamment pour comprendre qu'elle était surtout douée pour tirer des rideaux de fumée !


 


L'arbre qui cache la Fourest en quelque sorte !



Epicure 19/07/2011 16:38



Que fait-elle donc de si bien, cette jeune fouine, pour occuper la situation journalistique qu'elle a obtenue?Je n'ose y penser!.......


Vous avez des tuyaux?