Avec l’Iran, gardons un œil sur la bombe par Laura Kam

Publié le 26 Mai 2012

3671c90d-d1d9-421d-9aee-2c5ce4f7a28d.jpgLe temps et l’ampleur accordés au sujet d’une éventuelle attaque militaire israélienne contre l’Iran par les médias, les équipes d’analystes, la blogosphère et les gouvernements du monde entier (sans oublier les analyses aussi abstraites que dépourvues d’intérêt sur qui parmi les ministres israéliens ou les anciens hommes politiques est pour ou contre une frappe militaire) ont détourné l’attention de la seule question vraiment importante que la communauté internationale et le public en général devraient se poser au sujet de l’Iran : que deviendrait le monde si l’Iran réussi son pari de fabriquer une arme nucléaire ?

 

Au vu des six résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies exhortant l’Iran à mettre fin à son programme d’enrichissement nucléaire, il est clair que les puissances du monde partagent une vision unanime : la quête iranienne de l’arme nucléaire ne contribue point à la paix et à la sécurité mondiale, etferait du monde un endroit considérablement moins sûr. Pour eux, il est évident que pendant des années, l’Iran a menti de façon délibérée à leur agence de surveillance nucléaire, l’AIEA, et que leur prétendu programme nucléaire civil est tout sauf « pacifique ».

La nature théologique de l’État islamiste, son soutien au terrorisme, sa violation des droits de l’homme, et son refus depuis une décennie de négocier une solution à la question nucléaire ne font qu’aggraver l’immense malaise mondial que nous ressentons tous au moment où les sanctions internationales contre l’Iran se durcissent.

Quelles seraient les conséquences d’un Iran nucléaire au niveau international ?

L’existence d’une arme nucléaire en Iran aurait très certainement des effets immédiats sur des pays tels que l’Egypte, la Turquie et l’Arabie saoudite, car elle les inciterait à développer leur propre arme nucléaire, et déclencherait une course à l’armement nucléaire dans une région du monde qui deviendrait de plus en plus instable et qui revêt une importance capitale pour les intérêts des puissances économiques de la planète.

Les efforts régionaux et internationaux constants de l’Iran pour élargir son influence (notamment ses incursions diplomatiques et économiques en Amérique latine et en Afrique) continuent d’être un facteur de déstabilisation. Partout dans la région, de l’Afghanistan à Gaza, les Iraniens sont en train d’armer et de former des groupes radicaux et fondamentalistes dont l’objectif est d’établir des régimes forts qui imposeraient l’Islam comme impératif national, sans laisser place au libre choix. Gaza et le sud du Liban sont des exemples “réussis” du développement de ce genre de régimes.

Dans d’autres pays du monde, l’Iran soutient des organisations terroristes telles que les cellules du Hezbollah (de l’Amérique latine au Moyen-Orient en passant par l’Asie de l’Est), le Djihad islamiste palestinien (au moins jusqu’à récemment), le Hamas, ainsi que des groupes militants en Irak, tels que le Kata'ib Hzezbollah, la Brigade du jour promis et Asa'ib Ahl al-Haq. L'anée dernière en Afghanistan, le Pentagone a remonté la piste d’un achat de rockets par les Talibans jusqu’à l’Iran. Ces roquettes augmentent la force de frappe de ces combattants contre des cibles de l’OTAN et des États-Unis. L’année dernière également, les États-Unis ont confirmé l’existence d’un lien entre l'Iran et Al-Qaida, et ont accusé Téhéran de faciliter les opérations d’Al-Qaida visant à faire passer clandestinement de l’argent et des personnes depuis son territoire jusqu’aux sièges des leaders de ce groupe terroriste en Afghanistan et au Pakistan.

Ces groupes ont fait des victimes américaines, britanniques, australiennes appartenant aux forces multinationales.

Parallèlement au programme nucléaire, le programme, divers et ambitieux, de développement de missiles balistiques de l’Iran continue d’avancer, selon des experts internationaux et des représentants des gouvernements d’Occident. En effet, on s’accorde à dire que l’Iran possède maintenant des missiles capables d’atteindre certaines parties de l’Europe et de la Russie.

Selon les experts, ce n’est qu’une question de temps avant que toute l’Europe soit à la portée des missiles iraniens. Déjà en 2010, le secrétaire de la défense de l’époque, M. Robert Gates, affirmait que l'Iran est capable de lancer une attaque contre l'Europe, au moyen de "diozaines ou même de centaines" de missiles en une seule frappe.

Un programme de missiles dont la portée est constamment augmentée, associé à l’existence d’une arme nucléaire, représente un scénario stratégique cauchemardesque pour l’Occident. Et, comme si ce n’était pas déjà assez, à maintes reprises et de façon ferme, le régime iranien a menacé de détruire Israël en le qualifiant de “cancer” qui doit être “extirpé”.

Téhéran a souvent utilisé les dialogues du P5 +1 (les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne) pour gagner du temps et réussir à développer son programme nucléaire. De nombreux experts et hommes politiques craignent que l’Iran, une fois de plus, ne fasse la même chose cette fois-ci.

Les leaders du P5+1 et leurs négociateurs ne devraient pas oublier cette inquiétante habitude iranienne lorsqu’ils entament les négociations tant attendues avec les Iraniens à Bagdad, et lorsqu’ils en évalueront les résultats. Ils ne devront accepter aucune tactique iranienne visant à gagner du temps.

Nous espérons et prions tous pour l’adoption d’une solution négociée qui satisfera toutes les parties concernées. Mais compte tenu des expériences du passé avec l’Iran, le monde ne peut pas se permettre d’être naïf. La pression diplomatique et économique forte et toujours croissante sur le régime islamique est tout à fait justifiée, et c’est sur cette justification que le monde devrait rester concentrer.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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