Barack Obama s'en va en guerre. Une impasse... Par Olivier Hanne / Thomas Flichy

Publié le 12 Septembre 2014

Le président américain a dévoilé, mercredi 10 septembre,son plan d'action pour "détruire" le groupe radical djihadiste de l'État islamique en Irak (EI), mais aussi en Syrie. Une stratégie qui comporte quelques limites, estiment Olivier Hanne, chercheur à l’université d’Aix-Marseille, et Thomas Flichy de La Neuville, spécialiste du monde iranien.

Édité par Sébastien Billard  Auteur parrainé par Hélène Decommer

 

L’État islamique se présente comme une structure eschatologique dans l’islamisme : les sujets du calife sont les annonciateurs du Jugement. Prétendre comme John Kerry que l’État islamique n’a rien de religieux n’a aucun sens.

La technostructure de l’État américain veut croire, pour des raisons médiatiques, que le califat est une simple organisation criminelle. Sa dimension politique (la prétention à l’hégémonie califale) et religieuse (l’affirmation qu’il est la réalisation eschatologique de l’islam) est totalement occultée.

 

L'État islamique et Al-Qaïda sont concurrents

Malgré leurs ressemblances et des passerelles de recrutement entre eux, l'État islamique et Al-Qaïda sont concurrents. Ils se présentent comme deux faux-jumeaux en compétition, ce qui explique la surenchère dans une barbarie légitimatrice.

La stratégie de communication de l'État islamique vise à prôner la violence absolue pour éliminer tout concurrent plus radical. Mais cette structure associant des groupes très variés, elle ne se maintient que par une vague sujétion au calife Abû Bakr al-Baghdâdî.

Sur le terrain, chacun de ses groupes est autonome et veut prouver sa détermination et son respect plus intact que les autres aux règles du djihâd compilés au IXe siècle dans les hadith du Prophète.

 

Les USA veulent réaffirmer un leadership déclinant

 Il peut sembler étonnant que les États-Unis aient réussi à rassembler une coalition malgré leur échec récent en Irak. Les alliés des États-Unis sont conscients du danger que représentent l’État Islamique, et de fait ils représentent la seule force militaire structurante capable d’endiguer ce proto-État.

Toutefois, la constitution de cette coalition a d’abord valeur d’action de communication afin de réaffirmer un leadership déclinant.

Les États-Unis sont tentés par un retournement géopolitique au profit de l'Iran et, tacitement, du gouvernement de Bachar-el-Assad. C'est d'ailleurs la seule façon de confiner l'islamisme sunnite dans sa double composante d'État islamique et d'Al-Qaïda.

Toutefois, ce retournement soulève des difficultés. Et d'abord d'ordre psychologique puisque cela revient à reconnaître l’échec total de la politique syrienne des États-Unis. D'autre part, l’action américaine en Ukraine suscite l'hostilité de la Russie, alliée de la Syrie.

 

Une impasse stratégique à moyen terme

Par voie de conséquence, les États-Unis ont dû trouver dans la précipitation une solution de compromis qui consiste à combattre aux côtés des wahhabites saoudiens tant décriés depuis 2001, et même avec les membres les moins compromis d'Al-Qaïda contre l'État islamique : jouer l'islamisme contre l'islamisme.

Selon toute vraisemblance, les États-Unis se sont mis dans une posture de guerre par procuration. Mais cette solution de compromis ne peut faire triompher qu’une forme d’islamisme contre une autre.

Négligeant les leçons du passé, les États-Unis entraînent le monde, et la France, dans une impasse stratégique à moyen terme, dont le Moyen-Orient ressortira brisé et la réputation de l’Occident un peu plus salie.

Seule la Russie pourra dans dix ans affirmer qu’elle avait depuis longtemps prévu la catastrophe.

Source

Rédigé par Gérard Brazon

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Marie-claire Muller 13/09/2014 15:35


Qu'est ce qu'Obama a promis à son nouveau caniche(Hollande) si il le suivait dans cette nouvelle guerre? Défendre les minorités chrétiennes c bien, mais un faux prétexte c le pétrôle qu'il veut
défendre!!Nous aurons des attentats et des miettes Notre va- t-en -guerre molasse et inutile chez nous fait le dur avec nos impôts à l'Etranger !!

Pivoine 12/09/2014 21:02


Les Etats-Unis ont commémoré hier les attentats du 11/09/11. Faut croire que ça ne leur a pas suffi, puisqu'ils continuent leur alliance avec le diable !