Barak Hussein Obama en campagne... "Barak Hussein dégage"

Publié le 3 Septembre 2012

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Alors que la convention républicaine s'achève à Tampa, les démocrates vont se réunir à Charlotte. Mais l’exubérance joyeuse suscitée par Barak Obama en 2008 n'est plus au rendez-vous. Mitt Romney présente de bons atouts.

(relire le délire islamique en marge de la convention)

 

L’enthousiasme paraissait un peu forcé chez les démocrates, à la veille de leur convention nationale de Charlotte (Caroline du Nord), une formalité destinée à investir officiellement le président sortant Barack Obama pour l’élection présidentielle du 6 novembre. En 2008, le jeune sénateur de l’Illinois avait promis aux Américains “un changement auquel ils pourraient croire”.

Pour beaucoup, cette promesse n’a pas été tenue. Ce qui explique qu’Obama et Mitt Romney, triomphalement désigné par la convention républicaine de Tampa (Floride) cette semaine, continuent d’être au coude à coude. Les plus récents sondages indiquent une course très serrée dans les suffrages populaires, pour l’ensemble de l’électorat national : 47 % pour Obama, 46 % pour Romney. En revanche, dans le collège des grands électeurs envoyés par les États – celui qui fera en réalité l’élection –, Obama disposerait d’un léger avantage de 30 voix (237 contre 207). Il lui en faudra 270 pour être réélu.

Les républicains ont involontairement offert des munitions à Obama. Le choix de Paul Ryan comme colistier de Mitt Romney n’était pas mauvais, mais il présentait des risques, aussitôt exploités.

Élu du Wisconsin, apôtre de l’équilibre budgétaire, Ryan veut notamment réformer le programme Medicare, l’assurance santé des personnes âgées. Sans changement, ce programme sera en faillite dans une dizaine d’années. Ryan propose donc sa privatisation partielle, en précisant qu’elle n’affectera pas les retraités actuels.

Les démocrates ont évidemment gommé cette précision, pour semer la panique chez les seniors très attachés au système actuel. Cet électorat est important car il vote en grand nombre. Plusieurs éditorialistes et économistes ont noté au passage que les personnes âgées figuraient dans la catégorie des Américains les plus aisés, ayant le moins souffert de la crise. À Charlotte, les démocrates devaient utiliser au maximum cet argument selon lequel les républicains sont prêts à “pousser grand-mère dans le précipice”.

Mitt Romney contre-attaque, accusant Obama d’avoir pris 716 milliards de dollars de Medicare pour financer sa loi sur la couverture maladie, son projet phare. Spectaculaire et ambitieuse, cette loi n’en demeure pas moins impopulaire. Elle suscite l’inquiétude et un rejet constant chez les électeurs, qui ne veulent pas être davantage taxés.

Les républicains ont fait un autre “cadeau” à Obama avec l’énorme bourde de Todd Akin, élu du Missouri, à propos du viol et de l’avortement. Passionnément opposé à l’IVG, même en cas de viol, Akin a affirmé qu’une femme violée avait peu de chances de tomber enceinte : selon lui, l’organisme traumatisé d’une femme violée ne pouvait que rejeter le sperme du violeur ! Akin s’est excusé mais sa théorie farfelue, condamnée par Romney et Ryan, a fait des dégâts et imposé l’avortement dans la campagne, ce qui donne un avantage aux démocrates, en accord avec une majorité d’Américains favorables à la liberté de choix pour les femmes. Elles seront d’ailleurs mises en avant à la tribune démocrate afin d’attirer l’électorat féminin chez Obama.

Le président sortant est moins certain de faire le plein chez les jeunes, qu’il avait pourtant séduits en 2008 par son allant et son idéalisme. En comparant avec les élections antérieures, 2 millions de jeunes en plus étaient allés voter. Cette fois, ils devraient plutôt s’abstenir. Obama aura plus de succès auprès des minorités, à commencer par les Hispaniques (17 % de la population), devenus plutôt démocrates à cause de la politique antimigratoire des républicains. Obama n’a pas fait grand-chose pour faire progresser la réforme de l’immigration, l’une de ses promesses de 2008, mais il a su apaiser la déception des latinos en accordant un sursis aux clandestins ayant entre 15 et 30 ans. S’ils remplissent les conditions requises, comme d’être arrivés aux États-Unis avant l’âge de 16 ans, ils pourront rester deux ans de plus sans craindre leur renvoi.

Les Noirs vont voter de nouveau pour “le premier président noir des États-Unis”, à 90 %, même s’ils ont souvent le sentiment d’avoir été négligés. Autre “minorité” très visible en Amérique : la communauté homosexuelle, qui soutient Obama car il a supprimé la discrimination dans l’armée en éliminant la règle en vigueur du “Don’t ask, don’t tell” (“Ne pas demander, ne pas dire”). Il s’est aussi déclaré en faveur du mariage entre personnes du même sexe, réforme que rejette le camp républicain.

Malgré ce large échantillon de soutiens, Obama peine encore à faire la différence. S’il excelle dans l’attaque de son rival, il a du mal à défendre son bilan. L’économie va mal. La reprise tarde à venir. La croissance languit. Le taux de chômage se maintient au-dessus des 8 %, ce qui est beaucoup pour les États-Unis.

L’économie est le principal argument de Romney, répété dans tous ses meetings : « Demandez aux Américains si leur situation s’est améliorée au cours des quatre dernières années… » Peu nombreux sont ceux qui répondent par l’affirmative. Il a les meilleures chances d’être élu s’il parvient à ramener le débat électora lsur ces questions économiques. Dans les sondages, les Américains le jugent en général plus apte à sortir le pays de la crise.

Le vainqueur sera finalement celui qui saura gagner le coeur de la classe moyenne. Pour la conquérir, Barack Obama compte en partie sur son viceprésident, Joe Biden. En dépit de ses gaffes, ce précieux collaborateur lui a apporté sa grande expérience dans les affaires étrangères qu’il connaissait bien, pour avoir présidé la commission des relations internationales au Sénat. Dans ce domaine, le ticket républicain Romney-Ryan manque d’expérience, comme sur la sécurité nationale. Obama peut au contraire se targuer de l’élimination de Ben Laden et de sa lutte obstinée contre le terrorisme.

Sa politique moyen-orientale n’est pourtant pas un succès, au point que le journaliste Matt Drudge a pu faire courir la rumeur de l’éjection de Biden et de son remplacement par Hillary Clinton. Ce changement de vice-président aurait été un coup de tonnerre : il ne s’est pas produit depuis 1944, quand Roosevelt remplaça Henry Wallace par Harry Truman.

Barack Obama peine à définir son programme pour l’avenir. Ce qui le différencie de Romney est sa volonté de réduire le déficit grâce à un savant dosage d’impôts, surtout pour les 2 % les plus fortunés, et de diminutions modérées des dépenses publiques. Les républicains rejettent au contraire tout impôt supplémentaire. Ils préfèrent des coupes claires dans le budget fédéral, même si Paul Ryan ne prévoit pas de réduction significative du déficit avant… 2030 ou 2040 ! Les Américains se méfient d’un excès d’austérité. Cette prudence joue en faveur d’Obama, avocat d’un rôle affirmé de l’État pour relancer l’économie.

L’argent va jouer un rôle crucial dans les deux derniers mois de la campagne. Chaque candidat va inonder la télévision de publicités, le plus souvent négatives sur l’adversaire, notamment dans les huit États en balance qui devraient décider de l’issue de l’élection. Les républicains disposent d’un trésor de guerre plus important que celui des démocrates : 60 millions de dollars de plus pour Romney que pour Obama. Mais le sortant mise plus sur son armée de fantassins : ils font du porte-à-porte dans tout le pays, envoient des mails, des textos et des appels téléphoniques.

Le camp Obama doit prier pour que les prévisions de deux universitaires soient fausses. Ces analystes réputés sérieux ont mis au point un modèle qui leur permet de désigner le vainqueur de l’élection. Ils ont vu juste à huit reprises, sans interruption, depuis le scrutin de 1980. Cette année, ils annoncent la victoire de Mitt Romney.  De Washington, Claude Porsella

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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