Bercy a deux patrons : l’un à Bruxelles, l’autre à Francfort ! Par Etienne Lahyre

Publié le 7 Juin 2013

par Etienne Lahyre

En 1796, alors que le général Bonaparte était en train de chasser les Autrichiens d’Italie, le Directoire, inquiet de ses succès fulgurants, voulut confier la direction de l’armée d’Italie à Kellermann, auréolé de sa gloire obtenue après la canonnade de Valmy, mais stratège somme toute assez médiocre. Ulcéré à l’idée d’être placé sous les ordres de son aîné, mais trop fin pour s’en ouvrir ouvertement, Bonaparte écrivit au Directoire : « Je crois qu’un mauvais général vaut mieux que deux bons. La guerre est comme le gouvernement, c’est une affaire de tact. »

François Hollande n’a pas que des défauts : il est l’un des rares hommes politiques qui dispose d’une réelle culture historique. Que ne l’utilise-t-il pour mettre fin à la situation ubuesque de Bercy où les deux (mauvais) généraux Montebourg et Moscovici passent leur temps à s’épier mutuellement et à saborder leurs initiatives respectives ?

Moscovici a de son côté les androïdes de la direction générale du Trésor programmés avec le seul logiciel libéral, dont la vision du monde se limite à quelques graphiques et tableaux Excel.

Montebourg tente de se rassurer : « Il y a deux patrons à Bercy ! », a-t-il déclaré en début de semaine. Depuis qu’il est au gouvernement, le ministre du Redressement productif fait pourtant seulement semblant, il ne peut l’ignorer. Il a parfaitement conscience de n’être qu’un alibi politique, dont les multiples rodomontades et les quelques faits d’armes ne sont destinés qu’à endiguer la désaffection de l’électorat populaire de gauche vis-à-vis du gouvernement, inexorable conséquence de sa politique d’austérité.

Mais tout n’est pourtant pas faux dans sa déclaration. Bercy a en effet deux patrons.

Bruxelles s’oppose à toute mesure protectionniste (la politique commerciale étant une compétence exclusive de l’Union européenne), à toute politique industrielle nationale, au nom d’un culte irrationnel à la« concurrence libre et non faussée », cette arlésienne de la théorie économique. Et quand Bruxelles fait preuve d’une mansuétude, aussi inhabituelle que calculée, face au déficit public de la France, c’est Francfort qui prend le relais. Un membre du directoire de la Banque centrale européenne, français, comme par hasard ancien de la direction du Trésor, vient de tancer le gouvernement : pas assez de baisses de dépenses, pas assez d’augmentations d’impôts ! Vite, il faut rassurer les marchés, les peuples peuvent crever.

Plus que deux patrons, Bercy a deux mamans, qui sont mariées depuis longtemps : la Commission de Bruxelles et la BCE de Francfort. Et pour le peuple français, c’est la dèche pour tous !

Boulevard Voltaire

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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mika 07/06/2013 22:38


Nigel Farage ne dit pas autre chose sur la dictature de la Commission, de la BCE et du FMI -



https://www.youtube.com/watch?v=OVG0U5GFcV4

LA GAULOISE 07/06/2013 17:40


EH OUI : C EST AUSSI CA CETTE FOUTUE EUROPE ...!