Big Brother dans le portefeuille... Par Pierre Hillard

Publié le 26 Octobre 2013

Par Pierre Hillard pour Bd Voltaire

  De nombreux éléments entrent en jeu dans l’édification du nouvel ordre mondial. C’est le cas, en particulier, de la monnaie. Cette entité physique est appelée à disparaître, si l’on en croit les tenants d’un monde sans frontières. En effet, dans la foulée du Forum économique mondial, qui s’est déroulé en mai 2013 en Afrique du Sud, un projet pilote a été signé entre le gouvernement nigérian, plus exactement la Commission nationale nigériane de gestion de l’identité (National Identity Management Commission/NIMC), et les dirigeants de MasterCard. Cet accord lance le processus d’élaboration de 13 millions de « Cartes intelligentes d’identité nationale » (National Smart Identity Cards) permettant la mise en forme de cartes d’identité et de paiement grâce à une puce. Cependant, le NIMC n’est qu’une composante agissant dans un cadre plus vaste : le Système national de gestion de l’identité (National Identity Management System/NIMS). Ce dernier est une plate-forme sur laquelle s’appuient différentes structures traitant de plusieurs domaines, comme la centralisation des données de l’identité nationale, l’émission du numéro d’identification nationale et de la carte d’identification, ainsi que toute une série de mesures permettant la vérification et l’authentification de toutes ces données pour chaque individu. Grâce à l’ensemble de ces éléments, il est prévu que d’autres cartes d’identification viendront se greffer au NIMS comme le permis de conduire, la carte d’électeur ou encore la carte d’assurance-maladie.

Ces cartes se caractérisent, entre autres, par un « Numéro unique d’identification nationale » (NIN) enregistrant des données biométriques de l’individu et des informations pratiques (empreintes digitales, photo du visage, signature numérique, date d’expiration…). Ces cartes d’identité nationales et de paiement permettront les utilisations les plus variées partout où les cartes MasterCard sont acceptées, au Nigéria et dans le monde (achats sur Internet, réception de prestations sociales, réalisation de transactions bancaires, possibilités de crédits à la consommation et des retraits d’argent à partir des distributeurs automatiques…). Pour les Nigérians de plus de 16 ans, ces cartes sont valides pour une période de 10 ans et peuvent être désactivées à la date d’expiration. Ces mesures s’appliquent aussi aux résidents légaux étrangers séjournant plus de deux ans dans le pays.

Dans cette affaire, les Nigérians sont de véritables souris de laboratoires. En effet, ils seront en permanence dépendants de cette carte d’identité/paiement. Ils seront pistés dans leurs moindres actions, achats et déplacements. Cette carte rendra possible de dresser avec une précision orwellienne les heures, les dates et les lieux rythmant la vie de ces habitants. Cette évolution ne doit rien au hasard, grâce à l’action de la ministre nigériane de la « Coordination économique » et ministre des Finances Ngozi Okonjo-Iweala, véritable fer de lance dans cette histoire. Diplômée de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (le MIT), celle-ci a prouvé son dévouement aux classes dirigeantes mondialistes en tant que directrice générale de la Banque mondiale en 2007. Précisons que si l’affaire lancée en coopération avec MasterCard se déroule selon les modalités élaborées, il est prévu de passer à la vitesse supérieure en introduisant plus de 100 millions de cartes pour un pays dont la population tourne autour des 170 millions d’habitants.

MasterCard, dont la mission est d’établir des liens les plus étroits entre consommateurs, instances financières, secteurs privés et secteurs publics dans plus de 200 pays, œuvre à l’éclatement des structures étatiques. En effet, tout possesseur de ce type de carte est en mesure d’exercer ses activités privées et professionnelles partout sur la planète, indépendamment de son pays d’origine, renforçant ainsi le processus de globalisation de l’économie. Rappelons qu’il existe 35 millions de points dans le monde où les cartes MasterCard sont acceptées. N’est-ce pas le meilleur moyen de créer une humanité nomade et interchangeable ?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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