Breizh Journal : l'horizon s'éclaire sans l'état....

Publié le 24 Octobre 2012

L’horizon s’éclaire à Orléans pour ABRF

24OCT

L’horizon se dégagerait-il pour ABRF ?  Alors que les 146 employés de Châteaubriant s’inquiètent  pour leurs emplois  et le groupe orléanais dont ils dépendent (AORF), une autre entité de ce groupe, à Saint-Denis de l’Hôtel, vient de retrouver un marché très spécifique. Par ailleurs, le moment où le groupe russe intéressé par la reprise d’AORF présentera son offre est enfin connu.

Les ateliers de SDHF à Saint-Denis de l’Hôtel

Pour faire bref, AORF (Ateliers Orléanais de Réparations Ferroviaires ) est constitué de deux entités depuis 2003, les ateliers de réparation ferroviaire de Saint-Denis de l’Hôtel, qui se trouvent sur l’ancienne ligne de chemin de fer Orléans-Aubigny sur Nère (SDHF) et ABRF à Châteaubriant (les Ateliers Bretons de Réalisations Ferroviaires Industries). Avant 2010, le groupe détenait une part majoritaire dans le capital de la fonderie Sambre et Meuse à Feignies (bogies moulés   et tampons ferroviaires) qui fut racheté cette année par le groupe ferroviaire public russe Uralvagonzavod (UVZ ).  Le rachat, qui n’est pas passé inaperçu à l’époque dans la presse spécialisée  , s’est plutôt bien passé, et en 2011 la fonderie a recruté . En juillet 2012, l’usine Sambre et Meuse emploie 210 personnes. Le groupe UVZen détient désormais 75% et a annoncé vouloir recruter 140 personnes dans les années à venir et investir 6 millions d’€  dans ce site en pleine expansion, adapté en moins d’un an aux spécifications techniques russes, et qui produit des pièces pour les marchés est-européens. Des perspectives qui peuvent être rassurantes pour AORF dans le cas d’un éventuel rachat par UVZ.

Vue de SDHF depuis la gare deSaint-Denis de l’Hôtel

Wagon militaire à SDHF

Depuis le 20 octobre, écrit Matthieu Villeroy pour la République du Centre  l’atelier orléanais SDGF a rouvert une activité de nettoyage des wagons-citernes qui ont transporté du gaz, en investissant 300.000 € dans un atelier et une nouvelle torchère, et en décrochant un contrat pour nettoyer 100 wagons par an jusqu’en 2015 avec le transporteur Millet. SDHF, qui se trouve au nord du bourg de Saint-Denis de l’Hôtel, à 20 km à l’est d’Orléans sur la ligne de chemin de fer d’Orléans à Aubigny-sur-Nère, fermée aux voyageurs mais ouverte au fret jusqu’à Sully-sur-Loire, compte 110 salariés. Le site, qui assure aussi la maintenance de wagons militaires suite à des contrats publics,  pourrait même recruter 3 à 4 personnes avec son nouvel investissement. A Saint-Denis, ce n’est pas la plus grosse des entreprises, loin de là. Les Orléanais connaissent bien mieux le potentiel agro-alimentaire de la petite commune (2876 habitants) qui fait face à Jargeau, avec Mars Petcare&Food et la Laiterie .

Citerne militaire à SDHF

Depuis début septembre, le russe UVZ qui, souvenons-nous, avait acquis Sambre et Meuse en 2010, tourne autour d’AORF pour lequel il a déclaré son intérêt. UVZ envisageait alors d’acquérir 60% des actions, offre qui aurait été refusée par l’actionnaire majoritaire d’AORF. Puis le groupe russe est revenu à la charge, intéressé notamment par le carnet de clients très diversifié et bien implanté en UE de AORF. Eric Vinassac, le PDF, confirme que « nous [AORF] sommes dans l’attente d’une offre définitive. Elle pourrait être formulée début novembre devant le tribunal d’Orléans ». D’après la direction, le chiffre d’affaires 2012, non encore publié et clos en juin 2012, est de plus de 40 millions d’€ pour ABRF et plus de 11 millions d’€ pour SDHF.

De quoi donner une lueur d’espoir pour Châteaubriant dont ABRF est à la fois l’une des plus grandes et l’une des plus emblématiques entreprises (avec Viol-Castel Viandes et les usines Kuhn). Mais aussi pour le bassin d’emploi, dont la progression du taux de chômage en un an est de deux points supérieure à celle du département (en juin 2012, 9.4% contre 7.3% pour la Loire-Atlantique). Voire prouver peut-être que le redressement productif, cela peut se faire sans l’Etat. Comme dans tout pays normal.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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