Brignoles : une victoire de la démocratie ! par Dominique Jamet

Publié le 8 Octobre 2013

Par Dominique Jamet Pour Bd Voltaire

Bien sûr, ça n’est qu’une élection cantonale. Bien sûr, le Front national l’avait déjà emporté – d’extrême justesse — dans ce canton. Bien sûr, les électeurs de Brignoles, consultés pour la troisième fois en deux ans, ont franchement et massivement boudé les urnes, un tiers seulement des inscrits ont accompli leur devoir civique, et il paraît que l’abstention profite à l’ « extrême droite », plus mobilisée – ce qui reste à prouver. Tout cela étant dit, les résultats du scrutin qui s’est tenu dimanche dans le Var confirment de façon éclatante tous les sondages récents et l’irrésistible montée du Front national aux dépens des deux « grands partis de gouvernement ».

Pour la troisième fois en quelques mois, le candidat officiel de la gauche est éliminé dès le premier tour sans que cette élimination profite ni à son concurrent d’EELV ni à son adversaire UMP, qui fait deux fois moins de voix que le grand vainqueur du scrutin, Laurent Lopez, qu’était venue soutenir Marine Le Pen. Bien que fraîchement débarqué à Brignoles, Lopez écrase l’ancien conseiller général FN qui se présentait cette fois en dissident. Si l’on fait l’addition des suffrages obtenus par celui-ci (10 %) et ceux de Laurent Lopez (40 %), on constate que 50 % des votants sont d’obédience ou de sensibilité frontiste.

L’exceptionnelle impopularité du PS n’empêche pas l’effritement de l’UMP, et la consigne, venue de la rue de Solférino, de faire barrage au Front national, ne suffira probablement pas, cette fois-ci, à assurer le repêchage d’une candidate qui a plafonné à 20 % des votants. On comprend que le pouvoir, aussi bien sous Chirac et Sarkozy que sous Hollande, redoutant le verdict des élections partielles, ait tout fait pour raréfier au maximum ces tests en vraie grandeur de sa cote réelle et l’on constate que la fixation à 12,5 % du nombre des inscrits de la barre d’admissibilité au second tour, faite pour gêner et écarter les partis étrangers au duopole UMPS, est une arme à deux tranchants qui peut se retourner et se retournera demain contre ses inventeurs. (Inventeurs qui se trouvent à l'UMP et les complices en le votant au parti socialiste. les mêmes qui se réclament de la démocratie. sans rire. ndlr Gérard Brazon)

En ce sens, l’élection de Brignoles est un signal. Elle annonce des temps nouveaux où l’électorat refusera le tour de passe-passe et la mystification organisée par les deux « partis de gouvernement », adversaires de principe, complices en réalité, comme les catcheurs et les joueurs de bonneteau. Le peuple souverain se réveille et desserre le carcan d’une alternance mortifère qui prétendait restreindre et restreint en effet depuis trente ans sa liberté de choix. Même le scrutin majoritaire trafiqué à l’avantage de "l’Établissement" ne le garantit plus de la défaite. Quelle que doive être l’issue finale, le premier tour de l’élection partielle de Brignoles est une victoire de la démocratie.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

FRAHENJAC 09/10/2013 03:41


Celà fait vraiment plaisir !