Bruxelles, entre martinet et sourire enjôleur… Par Gabrielle Gluzel

Publié le 4 Juin 2014

  Par Gabrielle Gluzel Pour Bd Voltaire

On lit dans la presse que« Bruxelles émet des doutes sur la stratégie de la France ». Dans ses recommandations rendues publiques lundi, la Commission européenne estime que tout cela est tour à tour, selon les indicateurs considérés,« insuffisant » d’un côté, trop« ambitieux » de l’autre, « très loin d’atteindre le niveau recommandé par le Conseil », seulement « partiellement conforme aux exigences ».

Pourtant, le président de la Commission José Manuel Barroso déclare aussi que les mesures des autorités françaises vont « dans le bon sens ». Allez comprendre… C’est nul mais ça va dans le bon sens ? Ni fait ni à faire, mais encourageant ?

Et, joyeux comme un Petit Nicolas rapportant son bulletin « lamentable, mais sur la bonne voie » rédigé par une institutrice farfelue, le ministre des Finances Michel Sapin « note avec satisfaction » dans un communiqué de presse que la Commission européenne « valide les orientations économiques du gouvernement français ».

Mais quelle mouche les a piqués ?

La mouche s’appelle élections européennes. Elle les a non seulement piqués, mais sonnés, fait tomber à la renverse, mis cul par-dessus tête.

Il y a un an, Arnaud Montebourg accusait Barroso et sa morgue autoritaire d’être le « carburant du Front national ». Et avec du recul, n’est-ce pas, Barroso se gratte la tête, réfléchit, y repense… C’est que l’Europe ressemble à un de ces romans de Jules Vallès où un maître pontifiant fait les cent pas sur l’estrade en donnant des coups de règle sadiques sur les têtes qui dépassent. Attention, pour leur bien, rien que pour leur bien, naturellement. Mais un jour, les élèves qui, jusque-là, courbaient l’échine se lèvent d’un coup et renversent le bureau sur la tête de ce Folcoche à boutons de manchette. Et cela fait tout drôle, hein ?

Car l’étape suivante pour cette sorte de prof-là qui a trop poussé à bout, c’est dans les cabinets, enfermé à double tour en caleçon avec du Scotch sur la bouche. Et la Commission européenne ne voudrait pas finir en nuisette.

Il faut donc la jouer plus finement, reprendre la main, flatter les benêts du premier rang que l’on a encore sous sa coupe, même s’ils sont mauvais. Car ils sont vraiment très très mauvais, c’est au moins un point sur lequel tout le monde est d’accord : les europhiles, les europhobes, les eurosceptiques, les eurofanatiques.

Alors la Commission européenne, qui dans tous ses précédents rapports n’avait pas trouvé de mots assez durs pour lui, sourit au gouvernement. Autant que la Commission européenne sache sourire, avec ses deux canines pointues qui brillent. Et elle vient dire à la France en soins palliatifs que, certes, elle a une sonde dans le nez, des métastases un peu partout, une chimiothérapie qui ne répond plus, mais qu’elle tient le bon bout. Puis, surtout, bon courage !

Barroso a assuré que tout cela n’avait rien à voir avec le contexte politique et les résultats des élections européennes. Est-il lourdaud parfois, celui-ci… comme si cette dénégation n’était pas déjà un aveu.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

Commenter cet article

marco 04/06/2014 17:03


Bien sûr que tout va dans le bon sens on est déjà dans le mur et on ne sait pas a quel endroit on passera au travers!!!