C'est la faute de George H.W. Bush si l'ONU a du pouvoir par Daniel Pipes

Publié le 18 Février 2012

par Daniel Pipes

février 2012

http://fr.danielpipes.org/blog/2012/02/george-hw-bush-onu-pouvoir

Version originale anglaise: Blame the UN's Power on George H.W. Bush
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Si Franklin D. Roosevelt et son épouse Eleanor furent les naïfs qui ont refilé au monde l'Organisation des Nations Unies, George H.W Bush fut responsable de sa renaissance en tant que force politique.

Le futur président américain George H.W. Bush en 1971, au début de sa fonction d'ambassadeur à l'ONU.

A partir environ de 1950 jusqu'à 1990 à peu près, le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies fut essentiellement sans pouvoir, puisque le gouvernement soviétique et celui des États-Unis étaient en désaccord sur toutes les questions qui se succédaient. En conséquence, tous ceux qui voulaient faire avancer les choses en général évitaient ce forum, depuis le problème de Berlin, en passant par la guerre du Vietnam et les négociations arabo-israéliennes.

L'invasion irakienne du Koweït en août 1990 constitua la première crise post- guerre froide. Les grandes puissances auraient pu le manipuler par un certain nombre de moyens –à l'OTAN, avec une « coalition des volontaires», ou avec une nouvelle organisation - mais Bush (lui-même un ancien ambassadeur américain à l'ONU) a donné de l'importance au Conseil de sécurité pour la prise de décision.

Je me suis opposé cette décision à l'époque, en y voyant comme le fait de conférer une autorité insolite, qui à long terme survivrait à la crise du Koweït, à une institution moralement décadente et politiquement hostile. En effet, l'action de Bush a eu cet effet - et nous vivons avec les conséquences regrettables aujourd'hui. Les votes du Conseil de sécurité sur l'Irak, la Libye et la Syrie ont eu un impact majeur, permettant un semi despotisme à Moscou et un despotisme total à Pékin pour exercer une influence majeure sur les décisions des Etats démocratiques.

Commentaires:

(1) Une sottise bipartite: un démocrate a fondé l'organisation et un républicain l'a transformée en véritable puissance aujourd'hui.

(2) Contre-histoire: l'invasion de 2003 de l'Irak aurait probablement tourné de manière très différente s'il n'y avait pas eu le Conseil de sécurité.

(3) Un autre Bush: George W. Bush a construit sur l'erreur de son père en mendiant au Conseil de sécurité pour obtenir résolution après résolution sur la question de l'Irak.

(4) La Syrie: Il est particulièrement pénible de regarder le poids du droit de véto des gouvernements russe et chinois contre une résolution demandant au président syrien de quitter ses fonctions. Comment les démocraties peuvent-elles permettre à des dictateurs qui protègent leurs intérêts de contrecarrer leur propre politique?

(5) A l'avenir: sans doute, seul un président américain peut dissoudre le Conseil de sécurité et transférer son autorité à un organisme composé uniquement de gouvernements démocratiquement élus. Les candidats républicains sont bien sur ce point alors que Barack Obama va conférer au Conseil de sécurité encore plus de puissance.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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