C’est officiel: la population musulmane de Grande-Bretagne a doublé. Traduction Nancy Verdier

Publié le 8 Janvier 2013

Douglas-Murray.jpgPar Douglas Murray Nancy2013 (2)Traduction Nancy Verdier

 

Gatestone Institute

21 décembre 2012

 

Ce qui est curieux dans cette société «multiculturelle», c’est que l'on peut y célébrer toutes les cultures possibles et imaginables, à l’exception de celle qui précisément permet à toutes ces cultures de coexister les unes avec les autres - et ceci dans l’enthousiasme inaltérable de ces experts et  hommes politiques, qui s’empressent de faire comme si c’était l’aboutissement le plus merveilleux que l’on puisse imaginer.

Le recensement national de l'Angleterre et du Pays de Galles a été publié, et, comme d'habitude, cet événement unique par décennie a été négligé y compris en ses points les plus importants.

En tous points, ce qu'il révèle est un pays en pleine mutation sismique. En l’espace d'une décennie jusqu'à quatre millions de personnes sont entrées dans le pays pour y vivre. Dans la capitale, Londres, les personnes s'identifiant comme «britannique blanc» sont pour la première fois minoritaires. Et peut-être l’élément le  plus frappant : la population nationale musulmane a doublé.

Ce dernier fait est peut-être celui qui est le moins pris en compte dans le recensement. Doublé? Pas du tout. Ce doit être la revendication d’un Mark Steyn ou de quelque autre obsédé de la démographie. Eh bien non, ce n'est pas le cas, et c'est désormais officiel: entre 2001 et 2011, la population musulmane du Royaume-Uni est passée de 1.5 à 2.7 millions. Autrement dit, on est passé de 3 pour cent à 4,8 pour cent de la population totale.

Si en 2001, le Premier ministre britannique avait dit à l'opinion publique britannique qu'au cours de la décennie suivante, il viserait à doubler le nombre de musulmans dans le pays, il aurait très probablement dû rendre son tablier de ministre. Mais bien sûr, il n'a rien dit, pas plus que n'importe lequel de ses successeurs ou prédécesseurs ne l’a fait.

 

Au cours de la dernière décennie, chacun des grands hommes politiques a menti sur cette question. Bien que se montrant fermement  décidés dans leurs discours à limiter le nombre d'immigrants, poussant les gens à s’assimiler et bien d'autres choses encore, ils n’ont à peu près rien fait. Par exemple, il y a dix ans le ministre de l'Intérieur David Blunkett a parlé aussi durement qu'il pouvait le faire, en disant que les migrants devaient apprendre l'anglais. Son successeur, Jacqui Smith, a dit la même chose cinq ans plus tard. Comme le fit le ministre de l'Immigration Phil Woolas quelques années après. Ces dix dernières années, le gouvernement  travailliste a réussi à faire exactement ce que les gouvernements conservateurs et de coalition avant et après ont également réussi à faire: pousser aussi loin que possible la rhétorique tout en agissant à l'encontre de ce qu'ils disaient – et contre la volonté du pays.

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A présent, nous avons sous les yeux le fruit de leur labeur. Le recensement révèle que trois millions de personnes vivent aujourd'hui dans des foyers où aucun adulte ne parle l'anglais comme langue principale. Comme le travailliste Sadiq Khan l’a admis, les conseils locaux ont dépensé leur argent en services de traduction plutôt qu’en cours de langue, ce qui a en réalité dissuadé les gens d'apprendre la langue. Le résultat est que nous avons au sein des communautés, des barrières linguistiques inter- générationnelles. Il y a des endroits de Londres, où un quart de la population est dans cette situation. Ils ont créé une société où beaucoup de gens peuvent parler les uns des autres, mais beaucoup ne peuvent pas réellement parler les uns aux autres. Et pendant ce temps, les hommes politiques et les experts se préoccupent de  faire comme si on avait là le plus merveilleux des résultats possibles et imaginables.

Le London Evening Standard a bien accueilli la nouvelle selon laquelle les blancs d'origine britannique sont devenus minoritaires dans leur propre ville, et a publié un éditorial d'opinion accusant ceux qui seraient insatisfaits du doublement de la population musulmane d'être «islamophobes». Depuis lors, les observations sont à peine plus éclairées. L'auteur Will Self a déclaré sur la BBC dans une émission de grande écoute « Question Réponse » (Question Time) que les gens insatisfaits de la tournure que prenait la Grande-Bretagne étaient «racistes».

A la BBC lors de l’émission Newsnight, j’étais assis à côté de deux immigrantes, belles, riches et pleines de succès, qui ont expliqué  que les résultats du recensement étaient on ne peut plus positifs pour la Grande-Bretagne, en ce  qu’ils montraient une société «diverse» et «multiculturelle». J'étais le seul des quatre panélistes à souligner que cette vague d'immigration pouvait avoir des effets négatifs. Et le seul à souligner que la chose étrange dans une société  «multiculturelle» de ce type est que l’on peut célébrer toutes les cultures possibles et imaginables à l’exception de celle qui permet à toutes ces cultures de coexister les unes au côté des autres. En d'autres termes, seul le centre n'est pas célébré, et c’est le centre qui est consciemment érodé. Le pire de tout, c'est que ceci se passe au mépris des vues exprimées à maintes reprises par le grand public au travers des nombreux tests et sondages menés dans tout le pays.

Bien sûr, pour l’essentiel, cela confirme simplement ce que le dernier gouvernement travailliste  semble avoir voulu. Il y a trois ans, dans le même Evening Standard, Andrew Neather, un ancien conseiller du gouvernement Blair, déclarait que la recrudescence de l'immigration de masse au cours de la dernière décennie a été en partie due à une tentative politique par les ministres du Travail de modifier radicalement le pays et «de frotter le nez de la droite à la diversité».

Il a poursuivi en disant que la position du parti travailliste sur l’abandon du contrôle de l'immigration était un plan délibéré pour «ouvrir le Royaume-Uni à l’immigration de masse», mais que les ministres étaient fébriles à l'idée de discuter de  cette décision publiquement parce qu'ils craignaient de perdre  «le noyau dur de leur électorat dans la classe ouvrière »

Eh bien, ils ont certainement réussi à faire ce qu'ils voulaient. Le gouvernement travailliste, comme les gouvernements conservateurs avant eux, et le gouvernement de coalition depuis, ont fait tout leur possible pour ignorer les réelles préoccupations exprimées par la majorité de la population. Mais en dehors de l’existence d’ un grand parti adéquat qui rassemblerait ses votes, la population a continué de voter pour les mêmes partis que d'habitude. Trompé par le discours de circonstance allant dans le sens d’une nouvelle approche  "plus dure", le pays est resté coincé dans un débat qui n’a fait que répéter sa partition. Et pendant que le débat continuait à tourner en boucle, sous nos pieds le territoire  poursuivait sa métamorphose inéluctable.

Et maintenant, fidèle à la tradition, quelques jours après le recensement,  le chef du Parti travailliste Ed Miliband est venu déclarer que les immigrants en Grande-Bretagne devraient apprendre à parler l’anglais. C'est exactement ce que tous ses prédécesseurs ont dit aussi, et c'est exactement ce à quoi, aucun d'entre eux - pas plus que lui – ne s’est concrètement attaché à faire. La Grande-Bretagne est transformée, et d’autres changements se profilent. Certains de ces changements pourraient être bons, et d'autres sont susceptibles de ne pas l’être tant que cela. Il y a ceux qui ont voulu ce changement, et il  y a ceux qui n'en voulaient pas. Les premiers parfois remarquent  que leur projet pose des problèmes dont ils étaient à peine conscients quand ils l’ont mis en place. Les seconds sont vilipendés pour être rétrogrades, racistes, sectaires et sans lien avec leur nouveau pays. En réalité, ce sont tout simplement des gens qui avaient autrefois un pays et qui l’ont vu se transformer de façon irrévocable, et qui font valoir leur sentiment de tristesse du fait que personne n'a réfléchi aux conséquences que cela entraînerait, alors que le peuple aurait dû être consulté dans  une affaire aussi minime et insignifiante  que son propre avenir.

 

 

Toute reproduction est libre de droit et même conseillée avec toutefois le signalement de l'auteu Douglas Murray , de la traductrice Nancy Verdier et du site

http://www.gerard-brazon.com/ Merci d'avance  

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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