Cantonales : l'UMP menacée par le FN à treize mois de la présidentielle, la gauche revigorée

Publié le 5 Avril 2011

Par le "Courriers des Maires"

Dialogue social : les élus locaux protestent contre la mort du paritarisme
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         L'UMP va devoir tirer les enseignements des cantonales dont elle est la grande perdante, alors que le PS renforce sa domination dans les départements et prend une bouffée d'oxygène avant les primaires. 


A plus d'un an de la présidentielle, la lourde défaite de la droite claque comme un coup de semonce pour Nicolas Sarkozy. Le virage à droite de l'exécutif n'a pas réussi à empêcher, au contraire, la montée du FN, et a semé le trouble dans la majorité.

Sur fond d'un taux d'abstention toujours très élevé (55,03%), le PS est sorti en tête du 2e tour du scrutin en recueillant 35,74% des voix, loin devant l'UMP (20,32%), les candidats divers droite recueillant 9,53%, selon des estimations de l'Intérieur portant sur près de 90% des électeurs inscrits.

Un vote d'adhésion, assure le FN
Le FN (11,63%) a continué à creuser son sillon même s'il n'a remporté que deux sièges (Carpentras et Brignoles). Il a reculé en pourcentage par rapport au premier tour (15%) mais il n'était présent dimanche que dans 400 cantons. Sa présidente Marine Le Pen s'est "félicitée d'une très forte augmentation des voix FN entre les tours, quelle que soit la configuration", assurant qu'il y avait "bien un vote d'adhésion", à son parti.

 
La gauche sort revigorée du scrutin. Déjà à la tête de 58 départements sur 100, elle a réussi à en ravir plusieurs autres à l'UMP: Mayotte, le Jura, les Pyrénées-Atlantiques et peut-être la Loire et la Savoie, où les deux camps sont au coude-à-coude.

Le devoir de victoire en 2012
Les Français "ont ouvert la porte du changement et nous allons nous y engouffrer", s'est réjouie la patronne du PS Martine Aubry, qui s'est posée en rassembleuse de la gauche et en responsable du "devoir de victoire" pour 2012.
Fort de son maintien dans son département de Corrèze, auquel il avait conditionné sa candidature aux primaires, François Hollande va pouvoir se lancer dans la course pour 2012.

Pour la droite, c'est "une tannée", a lancé le leader du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon. Symbole de la défaite du camp présidentiel: Isabelle Balkany, proche du chef de l'Etat, a été battue par un divers droite dans les Hauts-de-Seine, dans un canton réputé imperdable pour l'UMP. Maigre consolation: la droite ravit à la gauche le Val-d'Oise, ancien fief de Dominique Strauss-Kahn.

Une leçon pour la droite

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, dont le département de Seine-et-Marne reste à gauche, s'est lui-même dit "un petit peu déçu", estimant toutefois que le PS était "très loin" des résultats qu'il escomptait. Il a appelé à "tirer tous les enseignements" du scrutin, "notamment par rapport à la poussée du Front national".

"La gauche progresse mais le recul de la majorité est moins important qu'annoncé", a pour sa part relativisé le Premier ministre François Fillon, en invitant les Français à ne pas "céder au vertige du conservatisme ou de l'extrémisme".
Plusieurs voix toutefois se sont fait entendre dès dimanche soir à l'UMP pour estimer, tel Christian Estrosi, que "l'UMP a subi un échec" et que "le déni serait la pire des attitudes".

Rivaux pour la 2e place à gauche 
Europe Ecologie-Les Verts et le Front de gauche continuent pour leur part à se disputer la deuxième place à gauche avec l'objectif de se positionner au mieux pour les négociations avec le PS sur les législatives de 2012.

Avec 49 conseillers généraux à l'issue du scrutin, EELV gagne tout juste le pari de sa patronne Cécile Duflot de "plus que doubler" ses élus départementaux (24). Le Front de gauche (PCF et Parti de gauche) s'attendait à 118 élus dont 5 du Parti de gauche (contre 104 élus communistes jusqu'ici). 

Le PCF conserve ses deux derniers bastions, l'Allier et le Val-de-Marne.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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