Vu de Suisse: La France a-t-elle encore un avenir ?

Publié le 22 Novembre 2010

 TRIBUNE de GENEVE

13/10/2010

 

            La France a donc connu une nouvelle journée de grèves. Des grèves massives dont le pays s'est fait une triste spécialité depuis longtemps.  

 Des grèves qui marquent d'abord la faiblesse du monde syndical qui, bien plus que la défense des travailleurs, recherche en ce genre d'occasions visibilité et adhérents nouveaux. Des grèves qui laissent pantois face à tant de médiocrité, de populisme et de malhonnêteté intellectuelle du côté de la Gauche qui, bien plus que du bonheur des Français, ne vise qu'à affaiblir le pouvoir en place.

La France, décidément est condamnée à la jacquerie, cette vieille habitude gauloise. 

 Depuis toujours, quand le Français moyen est mécontent, bousculé, il ne réfléchit pas, il n'agit pas, il ne réagit même pas. Il descend dans la rue, hurle sa rage et généralement s'en prend aux coupables que lui désignent les braillards conduisant les cortèges. Et depuis toujours, sa cible est "le riche, le privilégié, autrement dit le patronat, les nantis". Dans les situations extrêmes il se met à casser et va jusqu'à s'en prendre physiquement aux personnes. Dans le pire des cas, la France entre en révolution. Le 19ème siècle en a connu quelques unes, plus ou moins sanglantes. Mais au cours des cent dernières années, les choses se sont déroulées de manière moins dramatique.

Pourquoi ? Parce que la France s'est organisée pour répondre "sans douleurs" aux conséquences de son inaptitude à affronter sa faiblesse politique, sociale et économique.Les trucs étaient l'endettement public puis l'inflation et la dévaluation monétaire pour l'éponger. Des trucs qui ont permis durant tout le 20ème siècle à l'Etat et aux politiciens français de "plumer" dans la durée, petit à petit , les épargnants et les rentiers, sans que ceux-ci se trouvent en mesure de manifester leur misère.Mais la naissance de l'Euro et l'entrée, manifestement imprudente, de la France dans la zone monétaire européenne a mis un terme à ce jeu sordide. Et désormais la classe politique est forcée d'affronter les réalités. Les dévaluations ne sont plus possibles, la dette publique n'est plus effaçable à souhait et l'équilibre budgétaire devient une exigence non plus théorique mais pratique. Ce sont ces éléments nouveaux, non pas une vertu soudainement descendue sur le parti au pouvoir en France, qui ont forcé le président Sarkozy à engager la réforme des retraites, une réforme devenue incontournable.

Ce qui stupéfie par conséquent l'observateur est la manière dont l'opposition utilise la situation ainsi créée à des fins purement égoïstes, dans un effrayant déni de la réalité.Elle qui sans cesse alimente les médias de ses discours protecteurs des classes défavorisées et de l'expression de sa volonté de pratiquer un développement durable, la voilà qui descend dans les plus grandes profondeurs de la manipulation et de la tromperie. Qui n'a pas vu avec incrédulité en ce 12 octobre les lycéens et les étudiants, encadrés par les meneurs syndicaux et de la Gauche, répéter en chœur les discours anachroniques de ceux qui font  " croire que le bonheur est de travailler le moins possible et d'atteindre le plus rapidement possible l'âge de la retraite ? " S'agissant de l'avenir de la France, ses amis se sont souvent inquiétés du danger représenté par la tendance immémoriale de son peuple à la contestation et à la jacquerie. Ils ont toujours craint l'infantilisme légendaire de sa classe politique. Mais depuis aujourd'hui ils sont désespérés. Comment un peuple peut-il avoir un avenir si : sa force vive, sa jeunesse, avant d'occuper son premier emploi, est déjà obsédée par l'âge de sa retraite et le montant de sa future pension ?

 TRIBUNE DE GENEVE

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Gérald Leffol 23/11/2010 10:52



Madame Rosalie,


vous avez l'esprit binaire...Vous-ai-je parlé des "socialistes" ?



rosalie 22/11/2010 15:37



à G.Lefoll. Pensez vous que le PS fasse preuve de courage politique en faisant croire aux citoyens qu'ils apporteront les solutions au pays. Ils continueront à nous plumer...nous, la classe
moyenne. Pensez vous qu'il faille se taire pour montrer son soutien aux classes défavorisées, l'honnêteté est aussi de dire les choses telles qu'elle sont. Pensez vous qu'il n'y ait que les
ump-istes que l'on retrouve en suisse? Il faut être bien naïf pour le penser. Demandez donc aux français qui ont la chance de travailler en Suissse s'ils veulent échanger leur boulot et leur
salaire? Quant on connaît le salaire minimum des suisses, ça fait plutôt rêver, et justement, un article venu de chez eux a une valeur encore plus grande que toutes les fadaises écrites par les
politiques français de gauche, qui nous embobinent(même si je n'aime pas Sarkozy).



Gerald Lefoll 22/11/2010 14:53



Vous êtes membre du Conseil Economique et Social de la ville de Puteaux et ancien syndicaliste ?


J'ose a peine imaginer le genre de positions sociales que vous pouvez tenir.


Et en plus, quel courage politique que de publier ce genre d'article (écrit de suisse, paradis fiscal où se cachent les membres bienfaiteurs de l'UMP) un mois après la bataille !


 


Il n'y a pas a dire, vous faite dans l'actualité réchauffée vous !



Gérard Brazon 23/11/2010 10:55



          C'est bien justement parce que je suis un ancien syndicaliste que je connais la cuisine interne. Le syndicalisme en France est
essentiellement politique bien avant d'être syndical. Il faudrait ne pas oublier d'où vient le mouvement syndical, quelles sont ses racines, ses liens avec les différents partis politiques que ce
soit la SFIO,(PS aujourd'hui) le Parti communiste. Le nier relève de la mauvaise foi. Combien d'entreprises ont du mettre la clef sous la porte suite à une grève? Je suis pour un syndicalisme
responsable, en fonction de l'entreprise, de sa taille, de ses moyens, de ses capacités. Vous ne pouvez pas demander à une PME ce vous exigez, à juste titre sans doute, d'une entreprise du CAC
40. Certes cela produit des inégalités d'une entreprise à une autre mais, c'est déjà le cas aujourd'hui. TOTAL a un CE performant, bien plus que la RATP mais moins qu'EDF, etc. C'est souvent du
fait des gestionnaires mais aussi de la taille de l'entreprise puisque le taux de la subvention est calculé sur la masse salariale. (sauf EDF sur le chiffre d'affaire). Parfois ce taux est plus
fort pour acherter la paix sociale ou tout simplement pour faire du social dans l'entreprise. Que dire de petites boîtes de moins de 50 salariés qui n'ont pas de CE ni de moyens.


Les syndicat doivent non pas revenir mais, aller vers un combat syndical et non pas faire en fonction d'un pouvoir politique qui fait que la CGT a signé le seul accord salarial qui fût signé à la
RATP du temps de Gaysaud le ministre des transport communiste de Jospin. Devinez pourquoi? Vous le savez bien.J'ai commencé ma carrière syndicale à la CFDT dans les années 70, cela à, pour le
fond, très peu évolué depuis. Les syndicat sont à gauche politiquement parlant. Etant devenu permanent, je fus un des rares à me revendiquer de droite sous les lazzis et les quolibets de mes
"chers camarades"!


Quant au CESL de Puteaux, j'ai été Président de commission! Notre rôle se résume à proposer! Point barre. La décision revient à l'exécutif. Autrement dit, ce que je dis ou fait peut aller à la
poubelle ou être modifié. Je vous laisse deviner ce qu'il en est la plupart du temps. Pour conclure, c'est du bénévolat. Je ne touche pas un centime de toutes ces activités et pourtant, nous
donnons beaucoup de notre temps. Alors évitez de donner des leçons de militantisme! Essayez d'être juste.


Bien à vous.


Gérard Brazon