Ce qu'il faut savoir sur l'éducation scolaire des jeunes égyptiens./2

Publié le 10 Octobre 2011

Ce qu'il faut savoir sur l'Egypte. La "révolution", cet autre " Printemps arabe" changera -t-il les choses? On verra bien, mais on pourra observer que la liberté religieuse dans les pays arabo-musulmans est loin d'être une pratique normalisée. Voici un extrait du système éducatif égyptien .

Gérard Brazon

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4.3 L'éducation

La loi scolaire égyptienne oblige les écoles publiques primaires à n'enseigner qu'en arabe standard, mais elle permet aux écoles privées d'enseigner d'autres langues en plus de l'arabe officiel. Cela signifie qu'il existe plusieurs écoles anglaises et françaises réservées aux classes aisées, puis de rares écoles destinées aux minorités arméniennes ou grecques. 

Pour ce qui est du secondaire, les élèves doivent apprendre une langue étrangère dès le premier cycle: ils ont le choix entre l'anglais et le français. Au second cycle, il leur faut choisir une deuxième langue étrangère: l'anglais ou le français (celle qui n'a pas été choisie au premier cycle), l'allemand, l'italien ou l'espagnol. Près de 60 000 élèves étudient ainsi actuellement dans des écoles de langue française.

Dans les universités, le système est plus souple, même si en principe l'arabe classique reste la langue d'enseignement. En réalité, selon les facultés et les disciplines, l'anglais et le français constituent également des langues d'enseignement universitaire. Par exemple, la médecine, le génie et les sciences en général sont enseignés en anglais, le droit en français; plusieurs facultés dispensent leur enseignement à la fois en français et en anglais.

Ajoutons quelques mots sur l'enseignement de la religion en Égypte dans les écoles égyptiennes dites «civiles», Celles-ci enseignent la religion musulmane ou la religion chrétienne, selon des programmes officiels gouvernementaux. Il n'est pas possible aux parents de dispenser leurs enfants de l'enseignement religieux, ni de choisir la religion de ces derniers. Lorsqu'un des parents est musulman, les enfants sont considérés obligatoirement comme musulmans et éduqués selon cette religion. De plus, il n'existe aucune possibilité d'apprendre une autre religion que celles fixées par l'État. Comme les élèves musulmans, les élèves chrétiens sont obligé d'apprendre la religion chrétienne, selon un programme officiel fixé par une commission choisie par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement. Dans toutes les écoles civiles, cet enseignement occupe trois heures par semaine au cycle primaire (sur un total de 27 à 34 heures d'études), et deux heures dans les cycles préparatoire et secondaires (sur un total de 34 à 39 heures d'études). De façon générale, les élèves apprennent par cœur les leçons d'arabe et les récite de mémoire dans des classes surchargées (entre 60 à 80 élèves). 

Les cours de langue arabe (classique) font une large part à des événements religieux exclusivement musulmans. Par exemple, tout élève chrétien reçoit un peu d'enseignement religieux lorsqu'il suit des cours d'arabe, alors qu'un élève musulman ignore tout de la religion chrétienne. Les manuels de classe utilisés dans les cours d'arabe restent eux aussi fortement influencés par l'islam. Ainsi, dans le préambule d'un manuel d'arabe, on peut apprendre que son objectif est d'«implanter dans le cœur des élèves les hautes valeurs qui approfondissent la foi en Dieu, dans leur religion, leur patrie, leur nation arabe et l'humanité toute entière, en les poussant aux bonnes œuvres et à la bonne conduite». Ces livres comportent tous de nombreux textes tirés du Coran et de nombreux récits du prophète Mahomet. De façon générale, les livres de religion et d'arabe témoignent d'une certaine xénophobie, voire de racisme, et ont recours à des mots commemécréantskafirsmoushriks, etc. Bref, on peut dire que les cours d'arabe véhiculent une doctrine religieuse passablement partisane.

Les manuels de religion chrétienne ne font aucune référence à la religion musulmane, ni au Coran, ni à Mahomet ou aux musulmans, mais des références sont faites à la Bible en tant que livre sacré des chrétiens.  Néanmoins, l'élève chrétien doit quand même apprendre et réciter des formules et comprendre des notions purement islamiques qui tendent à démontrer que l'islam est la seule vraie religion.

Il existe de nombreuses écoles privées en Égypte. Ces écoles privées et payantes jouissent généralement d'une grande réputation, car la qualité de leur enseignement est considérée comme meilleure; d'ailleurs, elles sont de plus en plus populaires. On y enseigne, en plus de l'arabe, soit l'anglais, soit le français, soit l'allemand; il existe quelques rares écoles destinées aux minorités grecque et arménienne.  Grâce à l'appui des souverains égyptiens, des congrégations religieuses catholiques ont fondé, entre 1860 et 1910, plusieurs écoles chargées de l'éducation en français des familles aisées. On en compte plus d'une quarantaine aujourd'hui. Ces établissements font partie intégrante du système éducatif égyptien. La spécificité de ces écoles tient à la large place qui est accordée à l'enseignement des langues vivantes, notamment en français qui y est enseigné pendant toute la scolarité, en raison de 10 heures par semaine. Dans ces écoles, la langue d'enseignement des mathématiques et des sciences est le français.

Enfin, le système d’éducation égyptien semble connaître de graves problèmes à tous les niveaux, du primaire jusqu'à l’université. Ces problèmes sont dus principalement au manque de ressources financières et aux classes surchargées (comptant souvent jusqu'à 80 élèves). Dans les régions rurales, les écoles manquent de locaux. Il n'est pas surprenant de constater que le taux d’analphabétisme soit très élevé, surtout en dehors des centres urbains, alors 45 % de la population égyptienne ne sait ni lire ni écrire.

Pour en savoir plus: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/egypte.htm 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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