Ce qui se passera dans le 93 après l’adoption des langues régionales et minoritaires…

Publié le 14 Janvier 2014

Par Monique Bousquet de Riposte-Laïque

2020. Le guichet du bureau de poste de Trifouillis les Oies. Vous avez fait la queue un petit quart d’heure. C’est votre tour. Vous voulez envoyer un colis en Chronopost.  La préposée vous pose une question.  Du moins vous supposez qu’elle vous pose une question parce que vous ne comprenez pas la langue qu’elle parle. Vous avez simplement remarqué qu’elle a haussé le ton à la fin de la phrase et qu’elle vous regarde avec des yeux… interrogateurs. Vous avez dû mal entendre,  alors vous reposez la question. Français?  vous dit la préposée l’air peu aimable mais bon ça, l’air peu aimable, vous aviez déjà l’habitude. Oui, oui, Français. La préposée  abandonne son poste pendant que derrière vous la file s’allonge  et  que se font entendre de plus en plus audibles ce qui ressemble bien à des injures. On n’en a pas beaucoup dit la préposée en vous tendant un imprimé, comme c’est pas les plus demandés. Et devant votre air ahuri, elle précise: les formulaires en Français. C’est pas beaucoup demandé.  Vous vous dépêchez de le remplir parce que derrière vous le ton monte et vous partez. Vous n’avez pas osé dire : Au revoir, ou Bonne journée parce que ça, c’était avant, vous venez tout d’un coup de le comprendre.

D’ailleurs, vous vous souvenez soudain que, pas plus tard qu’hier, vous avez eu du mal à faire réviser sa leçon d’ouverture sur la diversité du monde à votre fille de 8 ans qui devait apprendre un poème en  bambara, wolof, arabe dialectal,  amazigh, vous ne savez plus bien, c’était compliqué. Et les tables de multiplication en kurde parce que la table de multiplication c’est un excellent moyen mnémotechnique, ça a été difficile aussi. Même pour votre fils aîné qui de plus en plus souvent s’exclame devant les devoirs de sa petite sœur: je sais pas, c’était pas comme ça quand j’étais en primaire.

Vous remarquez de nouveau quelque chose à laquelle vous vous étiez habitué, vous qui habitez quelque part dans le 93 (Pour les ignorants, Trifouillis les Oies, ou plus exactement Trifouillis les Oies sur Seine, c’est dans le 93).  Vous remarquez donc que les noms de rue, les plaques de voiture sont en Français et Arabe, assez souvent en Arabe uniquement et ça vous embête bien parce que vous devez faire une course  dans un quartier que vous ne connaissez pas et là avec les panneaux en Arabe uniquement, vous avez du mal.

Et vous vous mettez à penser que du temps où le français était la seule langue ayant statut officiel en France, c’était tout de même plus pratique. Et aussi moins coûteux:  tous ces formulaires, toutes ces plaques, tous ces enseignements dans des langues dont vous ignoriez l’existence jusqu’à une date récente! Vous n’avez rien contre. Chaque langue a ses richesses, sa façon de décrire le réel, sa vision du monde, sa manière d’envisager la pensée abstraite … mais les embrasser toutes dans un même territoire, c’est extrêmement fatigant pour le moins, et au final on n’en sort pas plus enrichi mais plus confus.

Et puis, ça vous le gardez pour vous, vous n’osez même pas vous l’avouer, c’est là quelque part dans un repli du cortex, dans un coin de votre cœur, ça vous donne comme un coup de poignard dans les tripes, mais vous auriez aimé que le français, parce qu’elle est millénaire, parce que c’est celle que vous appeliez autrefois votre langue maternelle, vous auriez bien aimé qu’elle reste et demeure la langue de tous les Français sans différence et sans partage, sans qu’elle ne soit devenue une vulgaire langue parmi d’autres sur le territoire nat… pardon sur l’Hexagone. Pas même la langue majoritaire. De moins en moins, en fait, même à la campagne. Et vous revoyez les images de l’élection de François Ier en 2012, sur une Place de la Bastille toute vibrante  de joyeux drapeaux algériens, marocains, sénégalais et autres maliens ou camerounais. Vous avez dit François Ier. Vous rectifiez. François Hollande. François Ier, ça vous revient, c’est le roi qui avait fait du français la langue administrative officielle sur tout le territoire,  facilitant ainsi la bonne gouvernance du pays, contribuant à une plus grande égalité entre ses provinces, accomplissant une étape majeure vers son unification.

Au fond, les grands déçus, vous dites-vous, ce sont les amoureux du terroir qui croyaient donner un nouveau souffle à leur langue régionale. Hélas, le statut de celles-ci n’a guère bougé et même plutôt régressé. La nouvelle population d’élèves n’a cure du Béarnais ou du Provençal qui du coup restent la langue des papés. Les Indépendantistes en sont également pour leur frais: aucun scientifique n’écrit en Basque, les dictionnaires Breton-Soninké édités  par l’Etat restent sur les rayons des bibliothèques municipales, le Catalan n’est parlé qu’en Catalogne et surtout pour narguer Madrid et les Barcelonais regardent de haut ceux de Perpignan qu’ils prennent pour  des bouseux et des provinciaux. Les Languedociens  s’entre-déchirent dans leurs Académies afin de savoir si l’Occitan véritable est celui de Toulouse ou de Castelnaudary, comme le cassoulet, ce qui bien sûr entrave leur production littéraire puisqu’ils n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le lexique et sur la grammaire. Les Corses chantent toujours divinement mais on attend encore leur barde planétaire. Ce qui est sûr, c’est qu’on n’apprend plus le français dans le monde et en France … de moins en moins.

La nouvelle carte de l’Europe dans le manuel d’Instruction à la Citoyenneté et à la Diversité de votre cadette ressemble, réalisez-vous maintenant, à la carte de la France médiévale de votre livre d’Histoire, divisée et morcelée en fiefs, vicomtés, et autres baronnies déchirés en guerres incessantes les uns contre les autres.

Le rapport sur l’intégration, affiché sur le site de Matignon jusqu’à ce qu’un journal ne le porte sur la place publique, n’est pas du tout enterré. Ce mois-ci, va se débattre le statut des langues régionales et minoritaires.  Dieu a divisé les hommes qui construisaient la tour de Babel. Avec le statut des langues régionales et minoritaires, l’Union Européenne fait délibérément de même.

Monique Bousquet

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

Repost 0
Commenter cet article

L'EN SAIGNANT 15/01/2014 18:46


Oui mais il faut bien se rendre à l'évidence. L'immigratiopn actuelle n'est ni courante ni habituelle ... c'est pour cela que, vu le nombre, certains la qualifient de remplacement... Moi qui ai
connu l'invasion Allemande de 40, je ne pensais pas en voir une autre, encore bien pire avec encore moins et, c'est peu dire, de points communs avec notre "KULTUR" on a beau chercher, RIEN, mais
RIEN de RIEN du TOUT QUOI .... ! Que des SUPERS-EMMERDES à en ATTENDRE .! Je commence à regretter amèrement la putain d'accroissement de la durée de vie et moi, ma religion à moi,  elle
m'interdit d'y changer quoi que ce soit .... ! Mais, il est vrai que c'est la plus humaine et respectueuse de l'être humain ... Ce qui n'est pas le cas de celle en question .... !

Pivoine 15/01/2014 13:12


Une langue magnifique, et les anglophones ne se privent pas pour nous piquer des mots, et expressions. Le dictionnaire de langue anglaise contient 40 % de mots français, c'est dire !

Vieux harki 15/01/2014 00:15


La langue officielle est le français. Si certains veulent conserver leur langue régionale  comme l'occitan ou le catalan qu'ils le fasse dans leurs associations régionales. C'est folklorique
pourquoi pas, masi aujourd'hui on ne peut diviser le pays en autant de parts. Le français nous rassemble car c'est aussi une magnifique langue qu'on parlait autrefois à l'étranger chez les gens
instruits.