"Celui qui nous combat, combat l'Islam". Traduction Nancy Verdier

Publié le 30 Décembre 2012

headshotPar Raymond Ibrahim      Nancy2013--2-.JPGTraduction Nancy Verdier

 

14 décembre 2012 in From The Arab WorldIslam

Published on Gatestone Institute

 

 

 

Leurs frères plus radicaux, diront toujours : « Les vrais musulmans soutiennent la Charia. Si vous la refusez, alors vous n’êtes pas musulman, vous êtes un apostat, un infidèle, et donc un ennemi. »

 

 

Dans le conflit actuel qui oppose les égyptiens entre eux, il y a ceux qui refusent fermement la constitution fondée sur la Charia – ce sont les modérés, les partisans de la laïcité, les minorités non-musulmanes -  et en face, les islamistes qui pour défendre la constitution mettent en avant l'argument de poids qui dès les débuts de l'islam, a permis de propulser les islamistes au détriment des modérés dans le monde musulman.

      
 

Les exemples sont nombreux. Selon un rapport d'El Fagr en date du 1er décembre (El Fagr) Gamal Sabr, ancien coordinateur de la campagne du candidat à la présidentielle Abou Ismail, un  salafiste hostile aux libertés (anti-freedom Salafi presidential candidate Abu Ismail), a tracé une ligne claire lors d'une interview à Al Jazeera, en déclarant que «quiconque n'est pas d'accord avec lui, n'est pas d'accord avec l'islam en soi », et que beaucoup d'Egyptiens « combattent l’islam illustré par le président Mohamed Morsi et par les islamistes », laissant clairement entendre que ces derniers ne font qu'un avec l'islam, et que les combattre revient à combattre l'islam.

 

La logique est simple: Sabr, ainsi que les millions d'Egyptiens revendiquant la Charia, veulent uniquement ce qu'Allah veut - que l'Egypte soit gouvernée selon les lois de la  Charia. Selon cette position, tout  musulman en désaccord, refusant d’être gouverné  par la Charia, quels que soient ses arguments et justifications, démontre in fine qu'il est en contradiction avec l'islam lui-même.

Sabr est loin d’être le seul égyptien musulman à utiliser cet argument archaïque. Un rapport Dostor (Dostor), paru également le 1er décembre, cite Tarek Zomar usant du même argument. Leader de l'infâme Islamiyya Gam'a (Groupe islamique), jadis emprisonné pour son rôle dans l'assassinat du président Anouar el-Sadate (role in the assassination of President Anwar Sadat), libéré après le départ du président Hosni Moubarak,  Zomar est à présent  membre du Conseil consultatif du Parlement égyptien et affirme que celui qui vote contre la constitution fondée sur la Charia que Morsi tente de promouvoir « est un infidèle» - un ennemi apostat qui doit être tué pour la cause d'Allah.

D'autres, comme le cheikh Abdullah Badr - qui auparavant avait dit que quiconque s'oppose ou rejette la charia aura la langue coupée (tongues cut out) -  après avoir décrit les manifestants comme «fauteurs de troubles», a déclaré qu'ils seraient «accrochés aux  arbres» (hung on trees), une allusion claire à la crucifixion islamique (Islamic crucifixion) proclamée dans le Coran 5:33: « La punition pour ceux qui font la guerre contre Allah et Son messager, et s'efforcent de semer la corruption sur la terre est comme suit : ils seront tués, ou crucifiés, ou leurs mains et leurs pieds seront coupés ... "

Même Ahmed Morsi, le fils du président Mohammed Morsi, a accusé (accused) les nombreux manifestants de la place Tahrir s'opposant aux tentatives de son père d’imposer la Charia, d'appartenir à  "l’ancien régime"- code pour désigner les esprits laïques qui s’opposent  à l’application intégrale de la Charia. Sur sa page Facebook, il a affirmé que « tous les gens de la place Tahrir sont des vestiges de l'ancien régime », ajoutant « mon père va les éliminer rapidement. »

 

Telle est la difficulté rencontrée par les musulmans modérés, passés et présents: comment peuvent-ils justifier leur rejet des enseignements islamiques, tels qu'ils figurent dans le Coran, les hadiths, les enseignements et les agissements du prophète musulman Mahomet et les paroles des savants islamiques à travers les âges, tout ce qui constitue la «Charia» de l'Islam, un mot qui signifie tout simplement la «voie» de l'islam?

L'histoire présente des parallèles judicieux et des modèles. Quelques décennies après la mort du prophète Mohamed, - au cours de la Première Fitna qui a abouti au schisme entre sunnites et chiites, - un groupe de fanatiques musulmans, connus sous le nom de Kharajites, mot dont la racine signifie littéralement «ceux qui sortent » (du moule islamique), ont rejeté en bloc les revendications de leadership  à la fois sunnite et chiite et se sont considérés comme les «vrais» musulmans. En conséquence, ils se sont engagés dans le takfir, accusant au hasard n’importe quels musulmans de ne pas  respecter la totalité des enseignements de l'islam, d’être des infidèles et les tuaient.

Les radicaux et les islamistes d’aujourd’hui sont semblables ; en fait, c’est le principal moyen pour les musulmans plus modérés  de les dépeindre comme  des "Takfiris" qui eux-mêmes commettent un péché en jugeant d'autres musulmans, alors que ce sont les prérogatives  du seul Dieu Allah.

En raison des normes excessives et obsessionnelles fixées par les Kharajites, - pécher, même une seule fois était considéré comme une apostasie punie d’exécution -  l'islam traditionnel a finalement rejeté leur approche, au point que se contenter de dire la profession islamique, ou Shehada -«il n'y a de dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète», est généralement suffisant pour protéger une personne en tant que musulman.

 Pourtant, ce n'est pas si simple, aujourd'hui. Les Kharajites du 7ème siècle étaient vraiment extrêmes - tuant même rituellement les femmes et les enfants musulmans jugés insuffisamment islamiques - alors que les islamistes d'aujourd'hui insistent simplement pour que la charia soit inscrite dans la Constitution et appliquée en Egypte. D'un point de vue historique, ce n'est pas une position "extrême" mais elle peut le paraître aux yeux des musulmans «mondialisés» qui embrassent les principes éclairés et rationalistes.

C'est dès lors la raison pour laquelle ces musulmans laïques, modérés ou libéraux - tant qu'ils se définissent eux-mêmes comme  musulmans - sont destinés à perdre le débat avec leurs frères plus radicaux, qui diront toujours :

« Les vrais musulmans soutiennent la Charia. Si vous la refusez, alors vous n’êtes pas musulman, vous êtes un apostat, un infidèle, et donc un ennemi. »

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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MATHYS 30/12/2012 23:33


De la merde comme vous (islam) on ne peut que vous combattre avec grand plaisir.......