Cette jeunesse qui détruit en croyant le faire pour un "paradis"... Préface Gérard Brazo

Publié le 15 Avril 2014

L'homme est un loup pour l'homme. Rien de neuf en ce bas monde mais Dieu que la vie est belle pourtant. Qu'ont-ils donc ces malades à vouloir tout détruire au prétexte de créer un monde nouveau, un homme nouveau dans une société nouvelle ou régnerait le bonheur éternel, le paradis sur terre en fait. Fadaises...

Une fois sa jeunesse dilapidée, envolée, sa vie usée alors même que nous la pensions éternelle, que d'autres parfois, ont tenté d'écourter tandis que ont réussi cette horreur, il reste la certitude que nous sommes de passage et le regret de ne pas avoir suffisamnent vécue cette vie.

Toutes ces choses que l'ont aurait aimé faire, tous ces amours soi-disant interdits ou impossibles, tous ces voyages, ces rencontres... Mais il est trop tard.

Voici unexemple d'une jeunesse débile à la recherche d'une utopie. Le bonheur est souvent sur un tas de fumier. C'était ma minute de philosophie à deux balles.

Gérard Brazon

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Le Vif.be

"Comment réinsérer le djihadiste suisse ?" S'interroge benoîtement Le Matin du 9 avril. "Il aurait vécu dans une maison bourrée de combattants «prêts à se faire sauter» pour en finir avec le régime d’El-Assad en Syrie", ajoute le quotidien "vitaminé", mais l'intéressé assure dans Le Temps être une sorte de victime, ne pas avoir "combattu". Il ne s'agit en somme que d'un pauvre bougre, ancien militant socialiste, trop jeune, trop fragile, qui doit avoir été "endoctriné" à l'insu de son plein gré.

Mais que va-t-il devenir ?

La réponse est simple. Dans les années 80-90 des dizaines de jeunes gens enthousiastes se sont rendus, à leurs frais, au Nicaragua pour servir le régime sandiniste dans des corps constitués au nom délicatement évocateur de "brigades". Le régime sandiniste ? Une dictature communiste qui a laissé, entre autres délicieux souvenirs, celui des escadrons de la mort et des 8 000 exécutions politiques durant les trois premières années de la "Revoluçión", des 20 000 prisonniers politiques (1), du goulag de Las Tejas, des camps de la faim, des dissidents écorchés vifs avant leur exécution ou soumis au supplice de la corte de cruz, méthode qui consistait à leur trancher les membres et à les laisser se vider de leur sang (2); bref, rien que des gens très bien.

Le Conseil fédéral aura beau protester, cette jeunesse enflammée se rendra sur place par paquets de douze, payant le voyage de sa poche, passant ses vacances, officiellement, dans des "brigades de travail" ou "de la paix" pour cultiver le café ou éduquer les masses affranchies de l'impérialisme "états-unien". Certains d'entre eux mourront, dans des conflits armés, lors d'affrontemenst avec les contre-révolutionnaires. Des photos les montreront les armes à la main, "montage !" s'exclameront les survivants. La romance partisane s'est fixée sur l'idée que la CIA, les Américains, les antis révolutionnaires de tout poils étaient de tels monstres qu'ils prenaient un malin plaisir à massacrer des ingénieurs et des maîtres d'école venus de l'étranger pour apporter la paix au monde dans un pur esprit de fraternité socialiste. Salauds de dissidents, ennemis du peuple et de la révolution qui finiront par l'emporter, quelques années plus tard... dans les urnes.

Défaits, nos jeunes bergers suisses rentreront au pays, après un bref passage par Cuba, forcément. Il réintégreront leur famille, leur village, la vie civile et politique, certains finiront même conseillers nationaux. L'aveuglement fanatique reste le même, la volonté d'en découdre, de tirer à vue pour un oui, pour un non.

Rien oublié, rien appris, seuls leurs corps ont vieilli.

Nous avons les mêmes à la maison France. Ancien Maoiste, communiste, stalinien, ils sont dans des gouvernements, bien nourris, bien logés et continuent à affirmer leurs débilités alors mêmes qu'ils vivent comme des potentats, des bourgeois aux ventres ronds et à l'esprit étroit. Des socialistes de France. ndlr Gérard Brazon)

 

(1) Pascal Fontaine, “Nicaragua: The Failure of a Totalitarian Project,” in The Black Book of Communism. Crimes, Terror, Repression, (London: Harvard University Press, 1999), pp. 665-675.

(2) Idem, p. 672 et J. Michael Waller, “Tropical Chekists: The Sandinista Secret Police Legacy in Nicaragua,” Demokratizatsiya: The Journal of Post-Soviet Democratization, (Summer 2004).

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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