Chateaubriand et la clairvoyance face à l'aveuglement de nos politiciens!

Publié le 15 Octobre 2011

A l'heure où l'on supprime les pages de notre histoire de France, à l'heure où le politiquement correct détruit la pensée, à l'heure où les grands auteurs sont suspects, il est bon de relire cette page de Chateaubriand.

Gérard Brazon

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De 4Vérités

Chateaubriand a été un des plus grands esprits de l’histoire française et donc de l’histoire moderne. La conclusion des mémoires d’outre-tombe est tout bonnement prodigieuse d’intuitions, de constatations, de prévisions justes : il a vu le monde dans lequel nous allions tomber.

Le grand homme aura aussi été un très grand diplomate, ambassadeur d’ailleurs en Prusse, en Angleterre, à Rome ; sa carrière aura été tronquée par les jalousies et par la satanée monarchie de Juillet, prélude à toutes nos avanies, alors qu’il était en train de rendre à la France, c’est le cas de le dire, ses lettres de noblesse. Son livre sur le traité de Vérone est remarquable, comme son intervention dans l’affaire d’Espagne en 1823 est éblouissante.

Quelques années plus tard, il rédige dans son style magistral ces notes diplomatiques que peu de lecteurs lurent alors (Mémoires, 3 L29 Chapitre 13). Elles concernent l’Angleterre, notre amitié avec la Russie et l’incontournable problème de l’islamisme et de la Turquie, toujours soutenue par l’Angleterre. L’auteur de René estime justement que l’histoire du monde eût été différente si on avait laissé les russes orthodoxes récupérer Constantinople quand il était encore temps.

Politiquement incorrect s’il en fut, le grand homme écrit que :

En principe de grande civilisation, l'espèce humaine ne peut que gagner à la destruction de l'empire ottoman : mieux vaut mille fois pour les peuples la domination de la Croix à Constantinople que celle du Croissant. Tous les éléments de la morale et de la société politique sont au fond du christianisme, tous les germes de la destruction sociale sont dans la religion de Mahomet.

On lui vante la modernisation économique et technique de ces contrées barbares : il la redoute…

C'est une faute énorme, c'est presqu'un crime d'avoir initié les Turcs dans la science de notre tactique : il faut baptiser les soldats qu'on discipline, à moins qu'on ne veuille élever à dessein des destructeurs de la société.

Je bois du petit lait quand je lis ces lignes sur l’amitié franco-russe. Alliance franco-russe, seul moyen de gagner les guerres et de retrouver notre rang :

Il y a sympathie entre la Russie et la France ; la dernière a presque civilisé la première dans les classes élevées de la société ; elle lui a donné sa langue et ses mœurs. Placées aux deux extrémités de l'Europe, la France et la Russie ne se touchent point par leurs frontières, elles n'ont point de champ de bataille où elles puissent se rencontrer ; elles n'ont aucune rivalité de commerce, et les ennemis naturels de la Russie (les Anglais et les Autrichiens) sont aussi les ennemis naturels de la France. En temps de paix, que le cabinet des Tuileries reste l'allié du cabinet de Saint-Pétersbourg, et rien ne peut bouger en Europe. En temps de guerre, l'union des deux cabinets dictera des lois au monde.

Ancien réfugié puis ambassadeur en Angleterre (son histoire d’amour avec Charlotte Ives est un des grands passages d’amours classiques des mémoires), Chateaubriand ne se prive pourtant pas de remettre d’équerre (si j’ose dire) l’ordre anglo-saxon.

L'Angleterre, d'ailleurs, a toujours fait bon marché des rois et de la liberté des peuples ; elle est toujours prête à sacrifier sans remords monarchie ou république à ses intérêts particuliers… vouée tour à tour au despotisme ou à la démocratie selon le vent qui amenait dans ses ports les vaisseaux des marchands de la cité.

 Inquiet sur l’affaire turque, parce qu’il lui appert que l’occident préfère la Sublime Porte à la Russie, Chateaubriand revient à la charge ; prophète là encore, il voit que la mondialisation des techniques et de la science militaire peut déboucher sur de nouvelles menaces.

Prétendre civiliser la Turquie en lui donnant des bateaux à vapeur et des chemins de fer, en disciplinant ses armées, en lui apprenant à manœuvrer ses flottes, ce n'est pas étendre la civilisation en Orient, c'est introduire la barbarie en Occident.

Enfin, comme s’il annonçait notre maître et ami Jean Raspail :

Vous ne voulez pas planter la Croix sur Sainte-Sophie : continuez de discipliner des hordes de Turcs, d'Albanais, de Nègres et d'Arabes, et avant vingt ans peut-être le Croissant brillera sur le dôme de Saint-Pierre.  

On n’y est pas tout à fait, mais quand même… Erdogan et quelques autres se frottent les mains.

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Un autre texte de Chateaubriant est bien plus explicite retrouvé dans mes « archives » qui sans doute explique pourquoi ce grand personnage de notre littérature n'est plus enseigné ou le sera d'une façon "filtrée". 

Gérard Brazon

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Les croisades ne furent des folies, comme on affectait de les appeler, ni dans leur principe ni dans leur résultat. N'apercevoir dans les croisades que des pèlerins armés qui courent délivrer un tombeau en Palestine, c'est montré une vue très bornée en histoire. Il s'agissait non seulement de la délivrance de ce tombeau sacré, mais encore de savoir qui devait l'emporter sur la terre, ou d'un culte ennemi de la civilisation, favorable par système à l'ignorance, au despotisme, à l'esclavage, ou d'un culte qui a fait revivre chez les modernes le génie de la docte antiquité et aboli la servitude. Il suffit de lire le discours du pape Urbain II au concile de Clermont [1095] pour se convaincre que les chefs de ces entreprises guerrières n'avaient pas les petites idées qu'on leur suppose, et qu'ils pensaient à sauver le monde d'une inondation de barbares. L'esprit du mahométisme est la persécution et la conquête : l'Évangile au contraire ne prêche que la tolérance et la paix… Où en serions-nous si nos pères n'eussent repoussé la force par la force ? Que l'on contemple la Grèce et l'on apprendra ce que devient un peuple sous le joug des Musulmans. Ceux qui s'applaudissent tant aujourd'hui du progrès des lumières auraient-ils donc voulu voir régner parmi nous une religion qui a brûlé la bibliothèque d'Alexandrie, qui se fait un mérite de fouler aux pieds les hommes et de mépriser souverainement les lettres et les arts ? Les croisades, en affaiblissant les hordes mahométanes au centre même de l'Asie, nous ont empêchés de devenir la proie des Turcs et des Arabes. " (Itinéraire de Paris à Jérusalem, Editions Garnier, p.334)

Ce à quoi lui a répondu Mustapha Kemal  au siècle suivant.

Depuis plus de 500 ans, les règles et les théories d'un vieux sheikh arabe, et les interprétations abusives de générations de prêtres crasseux et ignares ont fixé, en Turquie, tous les détails de la loi civile et criminelle. Elles ont réglé la forme de la constitution, les moindres faits et gestes de la vie de chaque citoyen, sa nourriture, ses heures de veille et de sommeil, la coupe de ses vêtements, ce qu'il apprend à l'école, ses coutumes, ses habitudes et jusqu'à ses pensées les plus intimes. L'Islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies!

Mustapha Kemal dit Atatürk

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Epicure 15/10/2011 21:10



Dans son voyage en Palestine Chateaubriand a aussi, comme beaucoup d'autres avant lui et quelques autres après lui (Flaubert ou Twain) décrit la misère d'une Palestina désertifiée et habitées de
Juifs pauvres opprimés par les Ottomans et dune ville de Jérusalem à majorité juive....(!!!!!)