Chrétiens d'Orient: En Egypte, l’abandon de l’islam est dangereux

Publié le 3 Janvier 2011

par Journalchretien.net

          En Egypte, l’abandon de l’islam est dangereux. Celui qui quitte l’islam est un apostat et met sa vie en péril, mais cela ne fait pas peur à Maher et à sa fille Dina.

Un petit logement à la périphérie d’une ville égyptienne. Les fenêtres sont fermées pour empêcher le jet de pierres dans l’appartement. Les écoulements du lavabo et de la douche sont bouchés avec de la bande adhésive pour empêcher toute infiltration criminelle de gaz dans l’appartement. Maher Ahmed El-Ghory (57 ans) et sa fille Dina (16 ans) habitent ici, dans la clandestinité, dans des conditions très dures. Selon un rapport de « Compass Direct », Maher a été menacé de mort, roué de coups, arrêté, et sa femme a divorcé.

Par crainte d’humiliations et de tracasseries, Dina ne va pas à l’école depuis plus d’une année. En avril, elle a été victime d’un attentat à l’acide, mais, heureusement, n’a pas été blessée. La raison de toutes ces souffrances ? Maher et sa fille sont d’anciens musulmans dont la conversion au christianisme est venue au grand jour. Leur entourage les considère comme des apostats.

Souffrir à cause de la charia

En Egypte, les souffrances endurées par les apostats proviennent surtout de l’influence que la charia exerce sur la société. Par apostasie, cette loi entend l’abandon – prouvé et volontaire – de la foi islamique par un musulman. La plupart des intellectuels religieux égyptiens estiment que l’apostasie est un crime qui doit être puni de mort. Selon leur interprétation du droit, l’apostat représente, par l’abandon de sa foi, une menace pour l’unité et la sécurité de la société musulmane. Cette manière de voir est profondément ancrée dans la société égyptienne et a des effets.

Quand un cas d’apostasie devient notoire, l’apostat est en général chassé par sa famille. Cela signifie souvent la perte de l’emploi et la réprobation générale. Il arrive que la vie de l’apostat soit menacée par sa famille ou des fondamentalistes musulmans. En outre, les intellectuels religieux et les procureurs islamistes font pression sur les autorités dès qu’ils ont connaissance d’un cas. De ce fait, les apostats sont souvent victimes de tracasseries et de discriminations. Il arrive fréquemment qu’ils soient arrêtés sans raison par la police. En principe, en Egypte, l’apostat ne peut pas être traduit devant les tribunaux pénaux et, ainsi, la charia n’est pas applicable. Cependant, l’Etat plie fréquemment devant l’interprétation du droit profondément ancrée dans la société et réclamée par les islamistes radicaux, qui se réfère à la charia. Comme cela est arrivé dans le cas Bahaa el-Din el-Akkad, un converti peut être accusé d’avoir « insulté une religion céleste », selon article 98, f du Code pénal, et être condamné à une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. En Egypte, les conditions d’incarcération sont effroyables, inhumaines et dégradantes. Selon Amnesty International, les détenus sont systématiquement torturés et humiliés.

Il en va tout autrement quand un chrétien se convertit à l’islam. Dans ce cas, le changement de croyance est soutenu sans réserve par l’appareil étatique, influencé par l’islam, ainsi que par la société musulmane.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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