Chrétiens d’Orient : France, que fais-tu de ta promesse ?

Publié le 12 Novembre 2013

 

Le nouveau consul général de France à Jérusalem, suivant une tradition multiséculaire, s’est engagé le 5 novembre à défendre les chrétiens d’Orient.

par François Jourdier pour Boulevard Voltaire

  Le diplomate français, Hervé Magro, a traversé à pied le quartier chrétien de la vieille ville de la porte de Jaffa, où il a été accueilli par Mgr William Shomali, vicaire patriarcal latin, et le chancelier du Patriarcat, le père George Ayoub, jusqu’au Saint-Sépulcre, le lieu le plus saint de la chrétienté qui abrite le tombeau de Jésus. Il était précédé de deux kawas, en tenue de janissaires, portant sabre et bâton de cérémonie, lui en tenue de cérémonie blanche, et a été accueilli par les religieux franciscains de la custodie de Terre sainte qui, depuis le XVIe siècle, gardent le Saint-Sépulcre.

Cette cérémonie traditionnelle marque la prise de fonction du consul général de France à Jérusalem, lequel assume un rôle de protection des lieux saints et des communautés religieuses. Lors d’un Te Deum en la basilique Sainte-Anne des Croisés, il a rappelé le rôle unique de la France « fidèle qu’elle a voulu être, qu’elle est et qu’elle restera aux responsabilités que l’histoire lui confère depuis cinq siècles à l’égard des Églises chrétiennes et des communautés religieuses de Terre sainte », et il a déclaré : « La continuité du rôle protecteur de la France n’est pas rhétorique. C’est une mémoire vive au présent. Si nous étions tentés de l’oublier, les événements qui se déroulent dans cette région, et dont les communautés chrétiennes souffrent particulièrement, nous imposent
un engagement sans faille dans la mission de soutien aux chrétiens d’Orient. 
»

Cette cérémonie, dont le consul de France est seul à bénéficier, a pour origine les liens franco-ottomans contractés par François Ier et la Sublime Porte en 1536 pour prendre à revers l’empereur Charles Quint. La légitimité de la France comme protectrice des lieux saints et des chrétiens repose également sur le protectorat catholique accordé par le Vatican.

Le consul de France a promis de défendre les droits des chrétiens, qui figurent selon lui parmi « les plus pauvres et les plus injustement traités de cette région ». Les chrétiens d’Orient – qui seraient entre 13 et 15 millions dans toute la région – émigrent d’Irak, de Syrie, d’Égypte et de Palestine par dizaines de milliers pour des raisons sécuritaires, politiques et économiques.

La France tient-elle sa promesse ? Il ne semble pas que la défense des chrétiens d’Orient guide sa politique au Proche et au Moyen-Orient. Le nombre des chrétiens en Irak était en 2003 d’environ un million ; il en resterait moins de 500.000. Qu’a fait la France pour les défendre ? Le 31 octobre 2010, l’attaque contre la cathédrale syriaque de Bagdad, Notre-Dame du Perpétuel Secours, avait été la plus meurtrière de celles menées contre les chrétiens. À l’occasion du troisième anniversaire, marqué par une cérémonie à Notre-Dame du Salut, des Irakiens musulmans, aussi bien sunnites que chiites, ont appelé leurs compatriotes chrétiens à résister à la tentation de l’exil. Un des manifestants a déclaré : « Les chrétiens sont irakiens, depuis des millénaires, et la chrétienté est l’une des plus anciennes religions du pays, nous les invitons à ne pas quitter l’Irak, car tous les Irakiens partagent leur douleur. »

La France a-t-elle été fidèle à sa mission en soutenant les rebelles syriens qui veulent instaurer un État musulman où les chrétiens seront au mieux des citoyens de seconde zone et surtout devront quitter le pays ? Sous le régime laïc de Bachar el-Assad, les chrétiens vivent en paix et tiennent leur place. C’est maintenant sur la Russie de Poutine qu’ils comptent pour leur protection.

(Sources : Le Bulletin de l’Œuvre d’Orient)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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