Immigration: Christine Clerc, un ressenti devenu classique...

Publié le 19 Août 2010

 

Ce ressenti qui suit par Christine Clerc est le ressenti de bien des français qui peu à peu s’aperçoivent que leur environnement change. Ne rien dire surtout, ne pas émettre une opinion contraire, une offuscation !

Trouver cela naturel, parfaitement bien s’il le faut. Sinon, quel horreur comme le dit Christine Clerc dans son article, vous auriez de vilaines pensées. Des pensées réprouvées par la HALDE, SOS-Racisme, le MRAP, la LdH et j’en passe.

Trouver naturel que votre environnement ressemble à celui de vos vacances au Maroc ou au Sénégal ou à la Tunisie.

Trouver normal que vous soyez d’un coup devenu incongru, curieux dans vos vêtements, gauche dans votre attitude.

Trouver bizarre ce sentiment que quelque chose vous ai été retiré. Un paysage, un décor, une image.

Trouvez curieux que ce ne soit pas l’inverse qui se produise. Que les nouveaux immigrants ne fassent pas comme leurs frères en immigration il y a des années. S’adapter, s’intégrer, s’assimiler devenir un citoyen ordinaire, un français fier de son Histoire et de ses origines mangeant le couscous un jour et le saucisson un autre qu’il soit de porc ou d’âne. Un bon verre de vin à la main, comme tous citoyens ordinaires.

 

Souriez vous êtes filmés et gare à ce visage qui pourrez dénoncer votre étonnement voire votre réprobation. Car enfin, nous sommes sur la terre des droits de l’homme comme le dit l’ONU. Sur une terre d’accueil de la misère, du défavorisé, du déshérité. En conséquence, il nous faut être aimable et courtois et accueillir, encore accueillir, toujours accueillir ! Même si pour cela, la France ne soit plus tout à fait cette France connue dans votre enfance. Même si vos livres d’histoire se mettent au goût du jour. Même si l’on réécrit Voltaire, Châteaubriant ou Flaubert trop... enfin pas assez... ouvert à cette nouvelle richesse qui vient s’échouer sur nos plages de Corses ou dans les aéroports.

Souriez, vous êtes filmé ! Ne pleurez pas surtout, cela pourrait être mal interprété aujourd’hui.

Gérard Brazon

Nice. Avec ses murs lambrissés d’acajou, ses fanions de régates, ses photos jaunies de superbes voiliers rétro, ses fauteuils bleus et sa terrasse sur la mer (où l’on peut faire un excellent repas pour 20 euros !), le Club nautique est l’un des plus anciens de France. Quelle n’est donc pas ma surprise, en y arrivant pour dîner, de trouver, sous l’auvent du hall d’accueil, une famille maghrébine attablée autour d’une longue table de camping, les femmes voilées déballant le couscous, les enfants jouant au ballon dans l’escalier et les hommes fumant leur pipe de narguilé. « C’est l’Algérie ici, maintenant ! », murmure un habitué. La première fois que j’ai vu cette scène pittoresque – c’était il y a une semaine–, j’ai cru à une circonstance particulière : une fête musulmane.

         En effet, les familles maghrébines étaient en majorité sur la petite plage de galets. Mais non, c’est devenu simplement une habitude: en voiture ou par le beau tramway tout neuf, les habitants des “quartiers” descendent plus nombreux pique-niquer au bord de la mer ou se baigner.

              Pourquoi s’en offusquer ? Ces jeunes qui se livrent à un concours de saut depuis les plongeoirs de La Réserve, préférerions-nous les voir dépenser leur énergie autrement, entre des barres d’immeubles HLM ? À ma connaissance, d’ailleurs, fumer le narguilé dehors n’est pas non plus interdit, sauf quand certains maires comme celui d’Antibes ont pris un décret pour empêcher l’ouverture de cafés orientaux avec terrasse pour les fumeurs. Alors, je m’interroge : serais-je gagnée par une vague de xénophobie ? Secrètement, souhaiterais-je voir ces petites plages réservées aux “Français de souche” ?

Ô horreur! Réprimons ces vilains sentiments. Raisonnons-nous. Effectuons un salutaire “travail sur soi”. Reste la pénible impression de ne plus reconnaître des lieux familiers. D’être soudain dépossédé.

 

            Une lectrice du Languedoc, ancienne enseignante de l’école publique qui a consacré les premières années de sa retraite à l’alphabétisation bénévole des femmes immigrées, me signale que, dans les collections de poche comme dans La Pléiade, Montaigne et Voltaire auraient été censurés : « Les passages sur les mahométans ont été réécrits.» Sans doute certaines phrases étaient-elles de nature à blesser certains élèves et à les détourner de ces grands auteurs – à supposer qu’on leur fasse encore lire Montaigne et Voltaire ! Mais autant d’anecdotes, de petits faits relatés à mi-voix entre voisins ou amis entretiennent un sale climat. Qu’un incident advienne – et il en surgit tous les deux jours, l’été, quand des voitures brûlent dans nos cités comme les forêts de Russie et quand les armes (en vente libre?) se multiplient comme aux États-Unis – et toute la France se sent agressée et réagit.

Je ne vois pas d’autre explication au fait que 80 % des Français – selon le surprenant sondage Ifop publié par le Figaro – seraient favorables au retrait de la nationalité française lorsque des ressortissants d’origine étrangère seraient jugés coupablesde polygamie ou d’incitation à l’excision. J’ai pourtant du mal à croire qu’un peuple autant attaché aux principes républicains se pardonnerait à lui-même – et pardonnerait au président de la République – de modifier ainsi l’article Ier de sa Constitution. D’ailleurs, ce qui a marché pour Nicolas Sarkozy en 2007 ne marchera pas forcément en 2012. Et si les “sondés” qui semblent aujourd’hui approuver ses projets répressifs allaient, demain, choisir de propulser sur le devant de la scène Marine Le Pen ? (...)

Christine Clerc de Valeurs Actuelles ICI

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article