Christopher Stevens, dévoré par le monstre qu’il a contribué à créer.Par Robert Spencer.Traduction Nancy Verdier

Publié le 15 Septembre 2012


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Par Robert Spencer (Frontpage.mag)
Traduction Nancy Verdier 

 

Quand le soulèvement libyen contre Mouammar Kadhafi prit de l’ampleur en avril 2011, le diplomate américain Christopher Stevens décida de se rendre sur place, mais ce ne fut pas chose aisée. “Nous sommes arrivés le 5 avril” expliqua- t-il plus tard (later explained).

“C’était difficile de s’y rendre à cette époque. Il n’y avait pas de vols. Alors  nous avons fait la traversée sur un cargo grec, avons débarqué notre matériel et nos véhicules et installé nos bureaux sur place »  – c’est-à-dire, à Benghazi, au coeur du soulèvement.

On pressentait bien déjà que les rebelles libyens n’avaient pas une tournure d’esprit démocratique et que contrairement au mythe médiatique, ils n’avaient aucun penchant pour le pluralisme américain. Le magazine Rolling Stone dans une de ses parutions du mois de mars (in their March 21 issue) avait souligné que “l’Amérique est maintenant en guerre pour protéger la province libyenne devenue l’épicentre d’un jihad anti-américain.”

Il s’agissait de la Cyrénaïque, province dont la capitale est Benghazi. Rolling Stone notait qu’en 2008, “une analyse par West Point de documents en cache d’al Qaïda révélait que 20 pour cent des combattants étrangers en Irak étaient des libyens, et que sur une base per-capita la Libye fournissait le double de l’Arabie Saoudite en forces combattantes à l’étranger ». La source principale de ces combattants – qui le plus souvent devenaient des jihadistes bombes-suicides, était la Cyrénaïque.

L’expérience de Stevens sur Benghazi, cependant, était différente, ou du moins, la présence d’agents d’al-Qaïda parmi les rebelles ne le gênait pas. Selon un article de Décembre 2011 dans le magazine du Département d’Etat State, « d’après Stevens les  Libyens étaient véritablement reconnaissants envers les Etats-Unis qui avaient soutenu leurs aspirations à la liberté comme ils le manifestèrent par l’accueil chaleureux qu’ils réservèrent à leur équipe. Les libyens avaient hissé les drapeaux britanniques, français, qatari et américains sur l’Esplanade de la Liberté (Freedom Square), cette grande aire ouverte devant le Palais de Justice de Benghazi »

Il n’y a pas moyen de dire aujourd’hui, si de ces libyens exprimant leur gratitude à Stevens en avril 2011, certains figuraient parmi ses tortionnaires et ses meurtriers en ce 11 septembre 2012, mais ce serait chose tout à fait plausible.
Quel que soit le cas, Christopher Stevens est à présent devenu la quintessence du symbole de ce que la politique étrangère des Etats-Unis est en train de faire vis-a-vis du jihad mondial, et de ce que va être le sort des Etats-Unis si cela continue.  Cette histoire illustre à nouveau comment l’establishment de gauche a créé un monstre qui ensuite dévorera ses créateurs – et de nombreux autres acteurs. 

L’exemple le plus notoire à une époque relativement récente est la trahison de Jimmy Carter et l’abandon du Shah d’Iran en 1979, en faveur de l’ Ayatollah Khomeini. Khomeini et ses accolytes  de mollahs avaient fait preuve d’une extrême gratitude envers Carter en dévastant l’ambassade des Etats-Unis et  en prenant des otages qu’ils retinrent jusqu’à la venue à la présidence de Ronald Reagan. Carter ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même  pour sa défaite cuisante de novembre car sans lui et les efforts magistraux qu’il a déployés pour en arriver là, il n’y aurait pas eu d’otages et il n’y aurait pas eu de Khomeini à Téhéran.

Carter ne voulait pas comprendre et ne comprenait pas  que l’on n’avait aucune prise sur un homme comme Khomeini, car dans les croyances bien ancrées de l’Ayatollah   régnaient une haine et un mépris pour les non-musulmans par le simple fait qu’ils  n’étaient pas musulmans.  Aucun ajustement de la politique publique des USA ne pouvait atténuer cette haine et ce mépris, il n’y avait que la solution par la guerre et la mise au pas, comme ce fut le cas.

Christopher Stevens, et tous ceux pour lesquels il a travaillé ont toujours fait la même erreur, celle de prendre pour hypothèse que les initiatives pleines de bons sentiments et pleines d’intelligence et les gestes de bonne volonté envers le monde islamique seraient un jour payés de retour par des actions réciproques. Par contre, ce qui est arrivé à Stevens illustre parfaitement la manière dont les islamistes manifestent leur reconnaissance.  

Ce qui est arrivé à Stevens est l’exemple de ce qui va arriver à l’ensemble de l’Amérique. Christopher Stevens, après avoir aidé les jihadistes libyens, a terminé sa vie en étant torturé et assassiné par eux. Et avec ce meurtre, l’administration Obama qui dans sa folie a aidé les « Printemps arabes » est dépouillée de toute voie de recours. Au moment où Stevens se précipitait en Libye pour aider les forces qui finiraient par le tuer, les U.S.A se sont aussi précipités pour aider les rebelles en Egypte et en  Syrie, en installant à l’instar de la Libye, des régimes qui se révèlent être bien plus anti-américains que ceux qui ont été supplantés. Le monstre lâché lors du Printemps arabe a commencé à dévorer le maître bienfaiteur.

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a dit que l’on se souviendra de Christopher Stevens « comme d’un héro parmi les nations. Il a risqué sa vie pour arrêter un tyran, puis a donné sa vie pour aider à la création d’une meilleure Libye. Le monde a encore besoin d’autres Chris Stevens. »

Et le monde en trouvera d’autres. Lénine n’a jamais craint de manquer de capitalistes prêts à vendre aux communistes la corde qui allait les pendre. Et maintenant, en dépit même de ce brutal assassinat, il n’y a pas de pénurie de diplomates à Washington prêts à montrer la bonne volonté de leur nation et d’accorder des largesses à ceux qui les poignarderont dans le dos à la première occasion. Si notre nation continue à dégringoler indéfiniment cette pente, c’est le pays tout entier qui subira le sort de Christopher Stevens, à la puissance 1000.

 

 

About 

Robert Spencer is the director of Jihad Watch and author of the New York Times bestsellers The Politically Incorrect Guide to Islam (and the Crusades) and The Truth About Muhammad. His latest book, Did Muhammad Exist?, is now available.

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Aaron 19/09/2012 21:49


Comme je le disais récemment, les USA se sont vu "rendre la monnaie de leur pièce".


Quant à l'hypocrisie dont a fait preuve la Clinton elle donne envie de vomir....