Chypre préside pour six mois l'Union Européenne

Publié le 2 Juillet 2012

Chypre vient de prendre la prèsidence de l'Union européenne ce qui n'empêche pas le président chypriote, Demetris Christofias,  de chercher à obtenir un prêt de la Russie ou de la Chine afin d'alléger les contraintes imposées par l'UE. Pour 2012, Nicosie avait déjà obtenu de Moscou un prêt de 2,5 milliards d'euros.

 Le ridicule européen ne tue pas

Chypre a pris dimanche pour six mois la présidence de l'Union européenne. L'île aura la lourde tâche de tenter d'empêcher la zone euro de sombrer dans un chaos financier, alors qu'elle vient elle-même de demander un plan d'aide à Bruxelles et au FMI pour ses banques.

Des responsables de la Commission européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE) sont attendus cette semaine sur l'île méditerranéenne pour évaluer la situation du système bancaire et des finances publiques chypriotes.

Il s'agit de déterminer les besoins financiers de Chypre, membre de la zone euro depuis janvier 2008, et les réformes à mettre en oeuvre en contrepartie.

La situation est complexe car Chypre doit organiser les discussions sur le budget de l'UE pour les sept prochaines années, tout en se débattant dans sa propre tourmente économique, souligne l'analyste financière Fiona Mullen.

"Ce serait embarrassant pour tout pays d'assumer la présidence de l'UE en demandant en même temps de l'argent à ses partenaires", note-t-elle. Selon elle, les conditions à l'aide européenne devraient être draconiennes, le gouvernement ayant traîné des pieds avant de prendre des mesures pour assainir ses comptes.

Prêt de Moscou ou Pékin?

Chypre doit déjà "économiser" 200 millions d'euros, via de nouvelles hausses d'impôts et des économies, pour s'assurer que son déficit budgétaire passe de 6,3% du PIB en 2011 à moins de 3% cette année.

Le gouvernement affirme qu'il ne touchera pas à l'impôt sur les sociétés à 10%, un taux très bas au sein de l'UE qui permet d'attirer nombre d'entreprises étrangères. Les responsables européens vont chercher en revanche à réduire les dépenses publiques, réformer le système indexé des salaires et mieux surveiller les banques coopératives, note Mme Mullen.

Parallèlement, le président chypriote, Demetris Christofias, cherche à obtenir un prêt de la Russie ou de la Chine, afin d'alléger les contraintes imposées par l'UE. Pour 2012, Nicosie avait déjà obtenu de Moscou un prêt de 2,5 milliards d'euros.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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