Clandestins: changez rien, tout va bien dans ce beau pays de France!

Publié le 23 Avril 2012

Elle échappe à l'expulsion

Il n’était ni prévu que le documentaire Journal de sans papiers soit programmé pendant la campagne électorale, ni qu’il soit diffusé au lendemain des révélations selon lesquelles le ministre Pierre Lellouche faisait travailler une femme de ménage sans papiers. Mais c’est le cas. Et cela tombe bien. Car si ce film très engagé «est né de la répression intolérable visant une frange de la population après la politique des quotas», explique le co-réalisateur José Chidlovsky, il «vise en particulier les discours récurrents pendant les périodes électorales sur la question des sans papiers». Une étiquette qui s’appliquerait selon le co-réalisateur à 600.000 personnes par an (les estimations oscillent). «Le pouvoir en place, mais la gauche n’a pas été brillante, non plus, agite cette question comme un épouvantail de manière fantasmagorique.»

C’est pour échapper à ces fantasmagories que les réalisateurs ont confié une caméra à trois personnes sans papiers pendant quelques semaines. Sara, lycéenne, Mady, leader du collectif pour la régularisation des travailleurs sans papiers, (ce qui est un comble sachant qu'une vie de clandestin est incompatible en principe  avec une vie publique et des responsabilités associatives. ndlr Gérard Brazon) et Roger, artiste peintre «rongé» selon ses mots «par la douleur atroce d’être sans papiers» ont filmé leur quotidien. Ces images sont entrecoupées d’extraits de journaux télévisés ou émissions consacrés à «cette actualité qui revient souvent à la télévision, et qui montrent que tout le monde s’accorde à dire que le gouvernement ne fait pas ce qu’il devrait faire». 

L’engagement de José Chidlovsky est allé jusqu’à héberger Sara, menacée d’expulsion. Elle a finalement été arrêtée, et lui aussi, pour délit de solidarité. «Mais le lendemain de mon audition à la police, raconte-t-il, elle a reçu une lettre, disant qu’elle allait être régularisée vu les circonstances exceptionnelles…» En l’occurrence, le fait qu’elle soit le personnage d’un documentaire. 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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