Colère en Creuse après un article de Technikart, « La bouse ou la vie »

Publié le 14 Mai 2012

Emblématique de ces imposteurs de la "culture" bidon et de l'art contemporain. On regrette l'absence de l'excellent Philippe Murray qui avait déjà correctement dézingué ces Trissottins prétentieux de technikart ( c'est bien sûr à dessein que j'ommets la majuscule). On remarquera que l'auteur de l'article du teknitorchon n'a pas jugé utile de répondre au journaliste de La Montagne : au royaume des fats et des lâches, le cuistre est roi!

Danièle Moulins

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La Creuse, pays des bouseux, avec Guéret pour morne capitale. La tarte à la crème est si vieille qu'elle dégage une odeur rance et ne mérite pas ré (d) action. Ce fut notre première réaction, au sein de la rédaction locale de La Montagne, à la lecture de l'article du magazine Technikart intitulé « La bouse ou la vie ». Mais depuis, le sujet est sur toutes les lèvres en Creuse, dans le milieu culturel, mais bien au-delà, le reportage d'Alexandre Majirus étant largement commenté et critiqué sur Internet (1).

Deux des interviewés sont « écoeurés »

« Un ami a reçu un message sur Facebook disant "Je suis journaliste, je cherche des hipsters (2), des férus d'électros, des gens qui téléchargent, pour faire un article dans Technikart. Je me suis dit, c'est bien, un sujet sur l'accès à la culture en milieu rural ». Thibault est interviewé, avec trois amis, le samedi du week-end de Pâques « car l'auteur venait voir ses grands-parents en Creuse ». La discussion tourne « autour des comportements culturels, le téléchargement, les soirées DVD… et aussi des bars guérétois, des bistrobeats, des soirées organisées par le Gang ». À la lecture de l'article, et face aux critiques reçues sur les propos reproduits, Thibault se dit « écoeuré ». « Ce n'est pas simplement que mes propos sont sortis de leur contexte ou tronqués : l'image donnée est le contraire de ce que je pense ! Je suis là depuis cinq ans, en provenance d'une plus grande ville, et je suis bien ici. Oui, ce n'est pas Paris mais plein de choses existent. Cet article est à côté de la réalité et bâti sur des raccourcis injurieux. »

Avalanche de messages sur les réseaux

Même sentiment d'avoir été « trahi », pour Martial, autre témoin de l'article. « Le journaliste m'a dit vouloir parler des coins cool en Creuse, et de la vie de hipster ici. Je m'attendais à quelque chose d'un peu décalé, certainement, un "humour anglais", mais pas à un texte orienté de façon si méprisante. Mes propos donnent l'image de celui qui a quitté la Creuse et la renie, mais c'est faux ! Je veux bien passer pour un snob – mes copains me le reprochent souvent (rires) – mais là ! Je suis en train de préparer un documentaire sur la Creuse, et pas pour dire qu'il ne s'y passe rien ! »

Des dizaines de messages sur la page Facebook de Technikart, une discussion à plus de 200 personnes sur le réseau social et des chaînes de liens par centaines d'envoi : l'article suscite tout un panel de réactions, de l'exaspération aux propos haineux. Et au-delà de la Creuse.

« J'ai d'abord cru à un canular », raconte Filip Forgeau, directeur de la scène conventionné La Fabrique, avant de s'emporter. « Comment peut-on écrire un truc comme ça, du niveau de Rivarol ? » Un artiste, le conteur Fred Pougeard, l'a appelé, « scandalisé, en proposant un happening festif et culturel à Paris, dans la rédaction du magazine. Nous verrons, en nous coordonnant avec nos représentants politiques, s'ils décident d'une réponse officielle ». D'ici là, il a adressé une copie de l'article « à tous les artistes, et leurs équipes, reçus à Guéret depuis six ans, pour qu'ils nous donnent un témoignage s'ils le souhaitent. On ne peut pas laisser passer ça : s'abriter derrière les propos de personnages locaux, sortis de leur contexte, pour déverser sa bile ».

Le magazine Technikart persiste et signe

Technikart se défend de tout acharnement. Pour son rédacteur en chef, Raphaël Turcat, « la vie des jeunes branchés de province nous intéresse tout autant que la Monumenta de Buren au Grand Palais ou le quotidien des fêtards berlinois. […] L'angle, c'est : comment vivre sa branchitude dans une ville comme Guéret, pas réputée pour être un phare de la décentralisation ? On a choisi Guéret, mais ça aurait pu être un autre endroit comme il y en a tant en en France ».

Et les termes « vie sociale consanguine », « ambiance bourbier », « bouseux » utilisés dans l'article ? « Technikart a toujours eu une liberté de ton, ce qui fait notre succès mais énerve aussi pas mal de gens. Alors oui, je comprends que certaines personnes aient pu être choquées. De là à s'énerver comme ça… […] Et aucun propos n'a été déformé, on a tout sur bandes. »

Peut-on s'attendre à un mea culpa dans le prochain numéro ? « Nous continuerons à écrire comme nous aimons. Oui on énerve, et alors ? Si on devait changer de ligne éditoriale chaque fois que quelqu'un débarque furieux à la rédaction, on changerait de ligne tous les deux jours. […] Et ça ne m'empêchera pas de venir passer un moment dans cette superbe région où, visiblement, la fierté de certains de ses habitants est inversement proportionnelle à leur manque d'humour et de recul. » Pas sûr que cela close la polémique…

(1) Contacté, l'auteur de l'article de Technikart n'a pas souhaité répondre.

(2) Hipster : en raccourci, version 18-25 ans du bobo.

Julien Bigay



Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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