Commandant Patrice Point: La mort d'un flic et ses conséquences

Publié le 27 Janvier 2010

              J’ai reçu un nombreux courrier concernant l’assassinat du Major Patrice Point. La mort de ce policier de 52 ans père de famille n’a pas eu le même écho que la mort d’un jeune  délinquant quelques jours plus tard. Cette mort fit grand bruit dans le milieu policier mais curieusement n’a pas provoqué l’émotion des syndicats de cette administration.

              J'ai conscience que je ne fais pas me faire des amis en disant celà mais tout de même, si les avocats des jeunes délinquants interviennent tout de suite pour décortiquer, critiquer, désapprouver, contester les éventuels comportements de la justice ou du travail des policiers dans les médias avec photos de famille au 20 heures, sans compter le week-end suivant, l'habituel défilé silencieux de la famille et des amis, il n’y a pas la même célérité lorsque c’est de la mort d’un policier qu’il s’agit dans les médias et les politiques. Du moins c’est l’impression que les citoyens en ont.

Ma question est simple, est-ce qu’il y a dépôts de plaintes de la part d’un syndicat policier concernant la mort d'un policier? Demême lorsqu'il y a atteintes physiques sur des policiers ? Pas à ma connaissance. Sinon faîtes le moi savoir. Je l'éditerai très volontier.

          Je sais qu’il y a des élections professionnelles dans cette administration et autant que je sache, rien n’indique un quelconque engagement de demande de comptes face aux agresseurs de policiers. Serait-il inconvenant d’imaginer que les syndicats de cette profession déposent systématiquement une plainte contre X dés lors qu’un policier subit, de par sa profession, des atteintes physiques ? Faut-il croire qu’un policier  n’a finalement que ce qu’il mérite puisqu’il est policier avec tous les risques inhérent ? Il est possible que beaucoup hélas, le pensent dans la société civile pour autant, les syndicats qui sont des entités protégées par leurs statuts pourraient se substituer et déposer systématiquement des plaintes. Certes, le procureur aura à sa charge, de retenir ou non celle-ci. Mais, s'il devait y avoir trop de plaintes classées, il faudrai bien, un jour ou l’autre, expliquer pourquoi il y aurait un traitement différent d’un type de victime à une autre.
Ce n'est pas botter en touche vers la Justice c'est tout simplement le moindre des devoirs envers toutes les victimes.
Certes, le Major Patrice Point a été promu à titre posthume mais j’imagine que sa famille aurait sûrement préféré qu’il soit encore en vie.
          Mon propos n’est pas de semer la zizanie mais de m’interroger tout haut sur cette absence de plaintes.  Je me souviens encore, dans les années 90, de cette réflexion de l'amuseur publique Dieudonné qui trouvait normal que des contrôleurs de la RATP se prennent des pierres dans les Cités. Syndicaliste à l'époque, j’étais intervenu pour qu’il y ait un dépôt de plainte contre cet « humoriste ». En réponse, j’ai eu droit au fameux pas de vague. A mon grand regret, mon syndicat refusa d’aller plus loin. Pire, la direction alla jusqu’à inviter SOS-Racisme afin de leur démontrer combien les contrôleurs étaient des gentils agents innocents ne faisant que leur boulot. Je l’ai vécu comme une insulte puisque cette démarche sous entendait que les contrôleurs étaient de facto de potentiels méchants et racistes de surcroit.

            Alors messieurs les syndicalistes, même si vous n’avez pas le droit de faire la grève, vous avez la possibilité juridique de déposer plaintes, faîtes-le !

Coups de chapeau au blog "La vie d'un flic"

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Coups de gueule

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