Comment la gauche a trahi le peuple et la droite la nation…

Publié le 28 Mars 2014

À en croire Alain Peyrefitte, le général de Gaulle avait coutume de dire : « Je n’aime pas les socialistes, car il ne sont plus socialistes. Et je n’aime pas les miens, parce qu’ils aiment trop l’argent. »

Par Nicolas Gauthier pour Bd Voltaire

Mais, déjà bien avant et pour ce qui concerne la gauche, note Éric Zemmour dans Le Figaro de ce 20 mars, « le premier tournant date de la fin du XIXe siècle avec l’affaire Dreyfus. Au nom de la défense des droits de l’homme, les socialistes se sont alors ralliés à la gauche libérale en renonçant à leur spécificité : la volonté de contraindre l’individu au nom de l’intérêt supérieur de la collectivité. À partir de ce renoncement, le socialisme se condamnait à être ce qu’il est devenu. »

Puis, le tournant de la rigueur de 1983, à l’occasion duquel François Mitterrand rompt avec le Parti socialiste de 1971, celui du congrès d’Épinay, de cette union de la gauche qui la fit frayer avec un Georges Marchais qui, déjà, dénonçait les périls à venir d’une immigration voulue par le grand patronat de l’époque.

Désormais, le boulevard était grand ouvert pour un Front national à peine naissant. Tant que ce dernier s’en tenait encore aux vieilles lunes d’une droite ayant depuis dépassé la date de péremption, il n’y avait pas péril en la demeure ; la nostalgie, pour autant charmante qu’elle soit, n’a jamais pesé lourd dans les urnes.

Puis, le référendum de Maastricht, en 1992. Le « oui » qui passe d’un cheveu, alors que tous les médias dominants – même Johnny Hallyday, c’est dire – faisaient campagne pour lui. En face ? Jean-Marie Le Pen, évidemment. Mais surtout le duo Philippe Séguin/Charles Pasqua qui, trois ans auparavant, avait mené la fronde en interne au RPR contre un Chirac en voie de juppéisation. Les deux hommes ne surent pas transformer l’essai, même avec l’aide d’un Philippe de Villiers qui, pourtant, prit alors langue avec un Jean-Pierre Chevènement dans le vain espoir de réunir « les républicains des deux rives ».

Puis, c’est l’élection présidentielle de 1995, là où il devient évident que le Front national est devenu le premier parti ouvrier de France ; ce qui se confirmera en 2002, lors d’un fameux 21 avril… Ensuite, le divorce se consomme trois années plus tard, lors d’un autre référendum européen, celui d’Amsterdam. À l’époque, Nicolas Sarkozy et François Hollande posent tous deux en une de Paris Match. Et là encore, les orgues de Staline médiatiques battent leur plein : il faut voter pour cette Europe qui, cela commence à se voir, n’est que vile caricature du noble idéal européen. Le « non » triomphe, mais qu’importe… Dans l’actuel système démocratique, le vote du peuple n’est qu’un mal vaguement nécessaire et si l’on pouvait faire sans… D’ailleurs, « ils » ont fait sans.

Après, l’UMP – cette étrange machine fonctionnant aux idées européistes de l’UDF tout en conservant les méthodes de voyous du RPR – qui n’en finit plus de bazarder la nation. Et le PS qui continue de trahir le peuple. Tout ça pour ça ? Tout ça pour en revenir à la IVe République du siècle dernier. Avec des gaullistes retournés au MRP et des socialistes revenus au temps de la SFIO !

Libéraux-sociaux ou sociaux-libéraux, quelle importance ? C’est le mariage mondialisé pour tous… Les bras des ouvriers ou les ventres des femmes ? Tout est à vendre, à louer, à brader… Quant à la sueur des travailleuses et des travailleurs ? Une simple variable d’ajustement… Alors, évidemment, quand l’obscénité devient trop voyante, cela finit fatalement par se voir. D’où les conclusions de la fondation Terra Nova, cerveau d’appoint du PS, qui a pris acte du divorce du peuple d’avec la gauche, tout comme la droite faisait son deuil de la nation.

On remarquera pour finir que ce sont les mêmes qui n’en finissent plus de chialer ou de s’indigner devant les résultats électoraux du Front national. Qu’ils fassent provision de mouchoirs et de bréviaires d’exorcisme : le second tour des élections municipales est dans deux jours. Et les élections européennes suivront de près.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Marie-claire Muller 31/03/2014 16:57



La droite la plus bête du monde
Une vague bleue ne fait pas le printemps


Publié le 30 mars 2014 à 12:00 dans Politique


Mots-clés : Alain Juppé, municipales, UMP


ump alain juppe


En France, la gauche a une chance exceptionnelle. Il lui suffit de l’être pour avoir raison. Même quand elle se prend une rouste dans les urnes. Parce que chez nous, c’est elle qui décide,
c’est comme ça. Ces jours-ci par exemple, elle prend à nouveau ses responsabilités dans ce qu’elle appelle la « recomposition de la droite ». Normal, puisque celle-ci a gagné partout, il est
grand temps qu’elle se recompose. Mais elle ne saurait y parvenir seule, la pauvre.


La droite française est toujours « la plus bête du monde » (© Guy Mollet). Et elle le prouve à la moindre occasion. Au lieu de se réjouir de son éclatante victoire aux municipales, et d’en
profiter pour se choisir un chef digne de ce nom (pas Copé, quoi), elle poursuit gaiement sa décomposition. Et ce faisant, elle laisse encore une fois la gauche lui montrer la voie… vers sa
prochaine défaite électorale.


Car n’en doutons pas, le plus grand défi de la droite, dans cette Vème République inventée pour elle, reste encore et toujours de réussir l’exploit de perdre une élection. Pour ce faire, la
gauche, elle, n’est jamais à court d’idées. Et d’abord la gauche au pouvoir, bien au-dessus des élus locaux administrant leurs 36 000 clochers, c’est-à-dire les vieux médias de gauche et leurs
patrons milliardaires.


Pour donner une chance à la droite de perdre, ils ont déjà pensé à tout. Le meilleur scénario leur semblait jusqu’à présent de tout miser sur Sarkozy. Déjà multidiabolisé, politiquement
carbonisé par cinq ans de gestion d’une crise inédite, il était sans conteste le parfait candidat à battre. Il suffisait donc de l’attaquer quotidiennement, sur tous les fronts, obligeant les
braves électeurs de droite à le défendre, pour le présenter comme leur champion. Et le convaincre de revenir.


Mais avec la déculottée historique du PS aux municipales, de nouvelles opportunités de « recomposition » encore plus certainement fatales à la droite se sont fait jour. Au premier rang
desquelles le score inespéré d’Alain Juppé dans sa petite bourgade de bord de mer. Tout le monde avait oublié celui que la gauche a toujours aimé que la droite appelle « le meilleur d’entre
nous », mais l’occasion était trop belle de le rappeler aux affaires. À grands coups de « unes » de journaux, les flatteurs se sont mis à l’ouvrage.


Résultat : si le plan se déroule sans accroc, François Fillon devrait être relégué au rang de petit outsider inoffensif sous peu, et Henri Guaino continuer d’amuser la galerie sans se laisser
pousser plus de velléités. Quant à Jean-François Copé, inutile de l’aider à se désintégrer. Le Maire ? Wauquiez ? Qui c’est ? Non, le peuple de droite n’aura plus le choix qu’entre un ancien
président et un ancien premier ministre connus pour avoir su offrir ses plus belles mobilisations à la gauche, contre eux.


Avec le concours larmoyant d’un perdant patenté comme François Bayrou, redevenu le caillou des Pyrénées idéal à glisser dans la chaussure de ses futurs ex alliés, on voit à peu près où tout
cela est censé nous mener. Sauf si on est un responsable politique de droite, bien sûr, convaincu d’avoir repris les commandes du pays sous prétexte de vague bleue printanière. « Victoire,
victoire ! » La gauche française reste au pouvoir.

mika 28/03/2014 18:34


http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/02/04/31001-20140204ARTFIG00425-eric-zemmour-la-gauche-liberale-libertaire-a-declare-la-guerre-au-peuple-francais.php