Comment le peuple palestinien fut inventé par Guy Millière

Publié le 29 Octobre 2011

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Je regardais voici quelques jours un documentaire filmé en Judée-Samarie peu de temps après la guerre des Six Jours. J’ai pu mesurer ainsi à quel point une régression s’est opérée. A l’époque, aucun des Arabes interrogés, à Naplouse, Ramallah ou Bethlehem, ne se définissait comme membre du peuple palestinien : strictement aucun.

 

La notion avait déjà été inventée, mais elle ne s’était pas encore disséminée. Le journaliste auteur du reportage n’employait pas la notion lui non plus : il n’en connaissait pas l’existence. Les Arabes interrogés ne savaient pas encore quel serait leur statut ultérieur, et ils n’en avaient aucune idée.

 

Beaucoup disaient que leur pays était la Jordanie, et qu’ils aimeraient retrouver la Jordanie. Ce qui me paraît logique. Certains se faisaient très bien à l’idée de devenir Israéliens ou d’être résidents en Israël, si Israël décidait d’annexer le territoire.

 

Quasiment tous trouvaient les Juifs israéliens gentils, et considéraient que c’était des gens avec qui ils pouvaient s’entendre.

 

Le roi Hussein apparaît pour un entretien, et il dit que les terres de Cisjordanie sont des terres jordaniennes et qu’il a perdu la guerre. Il ne parle pas, lui non plus, de peuple palestinien ou de territoires palestiniens. Le seul à évoquer l’hypothèse d’un Etat arabe supplémentaire, qu’il n’appelle pas Etat palestinien, d’ailleurs, est Shimon Peres. L’OLP n’est pas du tout évoquée. Elle est totalement absente de l’équation.

 

 

Que s’est-il passé depuis ? L’OLP a tenté un coup d’Etat pour renverser le roi Hussein, a échoué et s’est faite massacrer. Ses troupes résiduelles se sont réfugiées au Sud Liban et y ont enclenché les engrenages qui allaient mener à une atroce guerre civile.

 

L’OLP, depuis ses bases du Sud Liban et à Beyrouth, a organisé des attentats terroristes en Israël et à l’échelle internationale, dont la tuerie de Munich en 1972. En 1982, pour débarrasser la région d’une tumeur maligne, Israël a lancé une opération militaire, qui aurait pu mettre un point final à l’épopée sanglante du gang Arafat, mais la France a envoyé un bateau pour emmener le gang Arafat à Tunis.

 

La tumeur maligne a pu agir à distance. Israël est resté dans une logique « des terres contre la paix » et a cédé des terres en échange de la guerre et de la terreur. La cause palestinienne est devenue une cause sacrée pour les diplomaties occidentales, courbées en posture d’imploration en direction de La Mecque, des puits de pétrole des alentours, et des dirigeants d’une région devenue très riche, grâce à l’argent extorqué aux Occidentaux eux-mêmes.

 

C’est dès 1974 qu’Arafat viendra aux Nations Unies, deux ans après la tuerie de Munich (initiative française encore).

 

Le moment fatidique sera celui des accords d’Oslo. Israël reconnaîtra l’OLP, et entérinera l’idée qu’il existe un peuple palestinien. La suite est, hélas, connue. On donnera un mini Etat au gang Arafat, l’Autorité Palestinienne.

 

Un groupe islamiste, issu des Frères Musulmans, prendra de l’importance, le Hamas. Des terres seront cédées an gang Arafat, Gaza sera évacuée et tombera bientôt aux mains du Hamas, qui pourra ainsi disposer de son propre mini Etat terroriste.

 

Pendant plus d’une décennie, le mot d’ordre donné à Israël sera de « négocier comme s’il n’y avait pas de terrorisme », et il y aura des négociations vides, et un trop plein de terrorisme, jusqu’à la construction de la barrière de sécurité.

 

Toutes les populations arabes soumises à l’Autorité du Hamas seront transformées en monstres assoiffés de sang juif. Toutes les populations placées sous la coupe de l’Autorité Palestinienne seront transformées en monstres, eux aussi assoiffés de sang juif, mais plus modérés dans leur ardeur à tuer.

 

L’idée de peuple palestinien deviendra omniprésente. L’idée qu’il faut créer un Etat palestinien en Judée-Samarie et à Gaza s’installera dans toutes les têtes.

 

La tumeur maligne extirpée en 1982 du Sud Liban est maintenant installée au sein même d’Israël, à quelques kilomètres de Jérusalem, et une autre tumeur maligne est à Gaza. Le monde occidental donne beaucoup d’argent pour que la tumeur maligne sise à Ramallah existe, et elle en donne aussi, par l’intermédiaire des Nations Unies et de l’UNWRA, qui se retrouve dans la tumeur maligne de Gaza.

 

Quand des tumeurs malignes sont installées, les laisser se développer crée des dangers mortels.

 

Parce que la « communauté internationale », incarnée par le sinistrement célèbre Quartette, exerce ses pressions, Israël laisse se développer deux dangers mortels en son sein.

 

Si Israël cédait totalement aux pressions, ce serait la disparition d’Israël dans un bain de sang. En gagnant du temps, le gouvernement israélien retarde le moment où il faudra trancher.

 

Dans un contexte où un ennemi d’Israël est encore à la Maison Blanche, il est logique de vouloir gagner du temps. La Russie est anti-israélienne et antisémite, l’ONU aussi. L’Europe ne vaut pas mieux et Obama serait digne de devenir Secrétaire général de l’ONU.

 

Mais après Obama, des décisions devront être prises.

 

En acceptant de parler de « peuple palestinien » et en acceptant qu’on parle de « territoires palestiniens », Israël s’enferme dans une position perdante. En acceptant de parler de « réfugiés » et d’ « implantations », Israël se met encore dans une situation perdante.

 

Revenir sur la régression qui s’est opérée depuis les lendemains de la guerre des Six Jours ne sera pas facile. Constater la régression serait déjà un pas vers la lucidité.

 

Ce qui ne doit jamais être oublié est que le Hamas ne veut pas un Etat : il veut tout. Les totalitaires veulent toujours tout. On a vu des changements de régime s’opérer qui concernaient des régimes moins exécrable que le régime du Hamas à Gaza.

 

Ce qui ne doit jamais être oublié non plus, c’est que le gang de Ramallah lui aussi veut tout et ne signera jamais le moindre accord de paix. Un changement de régime s’imposera tôt ou tard là aussi.

 

Les accords d’Oslo n’existent plus. L’Autorité palestinienne ne veut plus négocier avec Israël. C’est très bien : Israël pourra dire qu’il ne reconnaît pas l’Autorité Palestinienne et rompre tous les liens. Israël pourra dire et rompre bientôt.

 

Israël tôt ou tard devra cesser de se situer sur le terrain de l’adversaire. Le terrain de l’adversaire, c’est l‘immense régression survenue depuis 1967.

 

La première étape pour quitter le terrain de l’adversaire serait, je pense, de rappeler l’histoire et de rappeler les faits qui se sont effacés sous la propagande.

 

C’est pour aller dans ce sens que j’ai préfacé, postfacé, traduit et actualisé un petit livre de mon ami David Horowitz, qui va paraître dans les prochains jours aux éditions David Reinharc. Le petit livre s’appelle Comment le peuple palestinien fut inventé.

 

Il est, dois-je le dire, à mettre entre toutes les mains.

 

© Metula News Agency

 

David Horowitz, Guy Millière, Comment le peuple palestinien fut inventé, Editions David Reinharc, 2011, € 9,90 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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