Comment les retraités vont être plumés et vont finir par foutre le camp....

Publié le 15 Septembre 2012

 

 

Didier Migaud, le président de la Cour des comptes et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en juillet. (Sipa/Witt)

Didier Migaud, le président de la Cour des comptes et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en juillet. (Sipa/Witt)

Au total, ce ne sont pas moins de 5 milliards d’euros qui pourraient être économisés en s’attaquant aux avantages des retraités. Dit comme cela, les mesures présentées jeudi 13 septembre par la Cour des comptes  risquent de faire bondir. Et pourtant, en dévoilant leurs préconisations pour assainir les comptes de la Sécurité Sociale, les magistrats de la rue Cambon se sont longuement penchés sur la situation des plus âgés.

Certes, leur réalité est contrastée et multiforme, reconnaissent les sages de la rue Cambon. "Mais malgré la persistance de situations individuelles préoccupantes, il reste que contrairement à une idée reçue, les retraités sont dans une situation globale en moyenne plus favorable que celle des actifs, notamment des plus jeunes", a rappelé Didier Migaud, le Président de la Cour.

Les retraités bénéficient au total de 12 milliards d'euros d'avantages fiscaux 

Ainsi sont-ils plus souvent propriétaires que les actifs, tout en ayant fini de payer leur résidence principale. Fort de ce patrimoine, les anciens ont un niveau de vie "légèrement supérieur à celui des actifs et supérieur de 15% à celui de l’ensemble des non-retraités". Pour Didier Migaud "cette situation résulte pour une part de l’existence de nombreux dispositifs fiscaux et sociaux en leur faveur".

L’ensemble de ces avantages pèseraient d’ailleurs la coquette somme de 12 milliards d’euros chaque année dans les dépenses de l’Etat. Aussi, après les avoir passés au peigne fin, la Cour émet plusieurs suggestions.

Plus d'abattement de 10% sur les revenus et une CSG au même taux que les salariés

Elle préconise, par exemple, de supprimer progressivement l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu. Cette exonération partielle accordée aux salariés pour leurs frais professionnels n’est plus justifiée pour les retraités qui, par définition, ne travaillent plus. Supprimer cet abattement rapporterait, selon la Cour, 2,7 milliards d’euros. Autre point qui mériterait d’être réformé : l’exonération d’impôt sur le revenu, des majorations de pensions pour les parents de trois enfants. Gain ettendu : 800 millions d’euros.

Mais la préconisation de la Cour qui promet de faire polémique est l’alignement du taux de CSG des retraités les plus aisés (actuellement de 6,6 %) sur celui de l’ensemble des salariés c’est-à-dire 7,5 %. Une mesure qui permettrait d’encaisser 1,2 milliard d’euros supplémentaires par an.

Préserver les retraités qui doivent se contenter de petites pensions

Ce transfert, plusieurs économistes l’ont déjà évoqué. Thomas Piketty de l’école d’économie de Paris ou encore Bruno Pallier, chercheur au Cevipof et spécialiste des retraites, y sont favorables. Selon cet économiste, l’avantage de cette réforme serait d’épargner les retraités les plus pauvres, exonérés de l'impôt sur le revenu, qui n'acquittent pas non plus la CSG.

Car, si la Cour propose de faire le tri dans les aides sociales et fiscales distribuées aux plus anciens, elle tient toutefois à préserver les plus fragiles. Ainsi, pas question de toucher aux bénéficiaires du minimum vieillesse dont bénéficient un millier de personnes. "Il conserve un rôle essentiel pour limiter le taux de pauvreté des retraités les plus modestes. Ses allocataires sont pour 55% des femmes dont un quart, a plus de 80 ans", écrit la Cour.

Un risque politique majeur

Dans un livre à paraître, "La France face au vieillissement", édité dans le cadre de la Chaire transitons démographiques, transitions économiques, Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes , souligne également cette spécificité française qui tend à favoriser les vieux au détriment des jeunes. 

La question de l’équité entre actif et retraités n’est pas nouvelle, mais elle est de plus en plus fréquemment posée. Politiquement, taxer les retraités n’est pas très populaire. Et pour le moins risqué. A droite, cette catégorie est une frange trop importante de l’électorat pour oser s’y attaquer. La gauche n’en reste pas moins gênée. Prendre l’argent aux plus anciens peu vite être mal perçu…

 

 

ENQUETE En 10 ans, le nombre des Français qui vivent hors de l'Hexagone a augmenté de 50%. Or un tiers de ces "expatriés" sont des retraités. Pourquoi partent-ils? où vont-ils? Challenges a mené l'enquête.

 

Près d'un tiers des Français qui vivent à l'étranger sont des retraités. (SIPA)

Près d'un tiers des Français qui vivent à l'étranger sont des retraités. (SIPA)

 

L'expatriation ne fait plus peur aux Français. Depuis dix ans, le nombre de ceux qui sont partis vivre à l’étranger ne cesse de croître. Officiellement ils sont plus de 1,5 million. Un chiffre qui ne correspond pas vraiment à la réalité : on considère en effet que les expatriés français pourraient être deux fois plus nombreux, bon nombre de nos compatriotes ayant choisi de ne pas s’inscrire auprès de leur consulat. On serait ainsi passé en dix ans de 2 à 3 millions de Français vivant à l'étranger. Une hausse spectaculaire de 50%.

Or parmi ces presque 3 millions de Français de l’étranger, un tiers sont des retraités. Et leur nombre augmente, lui aussi, à grande vitesse. Une bonne partie d'entre eux sont des salariés d'origine étrangère qui ont été naturalisés. Mais on recense de plus en plus de Français qui choisissent de vivre ailleurs, dans un autre pays, pour des raisons personnelles qui n'ont rien à voir avec un retour aux sources.

Pourquoi partent-ils ?

Parmi ces motifs d’exil, il y a bien sur le climat et la douceur de vivre. Soyons franc : personne, parmi les experts que nous avons interrogés, n’a jamais eu affaire à un Français s’installant en Alaska ! Les destinations phares sont franchement plus chaudes (Tunisie, Maroc, Espagne), pour ne pas dire tropicales (Brésil, République Dominicaine, Thaïlande…). Outre leur climat accueillant, le second point commun de ces pays, c’est aussi un cout de la vie généralement inférieur à celui de la France.

Mais, précise Paul Delahoutre, qui anime le site retraite-étranger.fr et qui a très longtemps vécu hors de France, pour que cela soit valable, il faut adapter sa façon de vivre : "acheter une voiture sur place, ou se déplacer comme les gens du pays, en taxi ou en autobus. Et modifier ses habitudes alimentaires : le bordeaux et le camembert sont considérés comme des mets de luxe. Mieux vaut acheter leurs équivalents locaux, plus abordables ou… s’en passer !"

Mention spéciale aux fonctionnaires français. Ils ne peuvent bénéficier d’aucun avantage fiscal lorsqu’ils partent ailleurs, car leurs pensions sont obligatoirement imposées en France. C’est sans doute pour cela que les candidats au départ, retraités de la fonction publique, s’orientent plutôt vers les îles de l'Outre-mer (Polynésie française, Martinique, Guadeloupe et Réunion) où ils bénéficient d’avantages spécifiques…

Leurs pays préférés ?

Dans la liste des destinations préférées des Français prenant leur retraite à l’étranger, on trouve d’abord des pays européens, comme l’Espagne et le Portugal. Pour des raisons familiales souvent. Pratiques ensuite : le parapluie européen permet de bénéficier d’une couverture sociale intéressante, compensée par une fiscalité pas toujours légère… Ailleurs, si l’ont s’en tient aux statistiques de la Caisse des Français à l’étranger, qui offre un complément de couverture sociale aux retraités hors communauté européenne, la destination phare est le Maroc. Elle concentre 8% des départs : presque 50.000 retraités y couleraient des jours heureux, entre Marrakech et Agadir.

La Tunisie n’est pas loin, en troisième position, handicapée ces derniers mois, par les incertitudes liées à la Révolution de Jasmin. L’attrait pour ces deux pays s’explique : ils sont proches, on y parle français et ils permettent de bénéficier d’un différentiel de pouvoir d’achat très favorable. De plus, leur fiscalité est particulièrement adaptée, avec des abattements qui vont jusqu’à 80%, et tous deux redoublent d’efforts pour accueillir nos retraités. La Tunisie multiplie les opérations à destination des investisseurs.

Quant à l’immobilier marocain, il tient salon chaque année à Paris, avec un beau succès. Une ville spécialement destinée à nos retraités est d’ailleurs en train de sortir de terre, entre Taroudant et Agadir. Et le Français Pierre et Vacances est en train de finir un "éco-resort" à Marrakech, où sera construite une résidence orientée "retraités", les Sénioriales. Elle ouvrira fin 2012, avec des appartements de 50m² à partir de 120.000 euros, et qui disposent de services, de régisseurs et d’un club…

Acheter un bien immobilier sur place ?

Autre destination en vogue : la Thaïlande. Douceur de vivre, accueil chaleureux de la population et services médicaux de pointe y sont pour beaucoup. Sur cinq ans, ces trois destinations ont toutes connu une hausse de plus de 350% du nombre de leurs entrants retraités. Dans certains cas, comme le Maroc, leur nombre a même été multiplié par… 10. Autres surprises de ce classement : la montée rapide de l’ile Maurice (+170% en cinq ans) et du Brésil (+40%). La première, pour sa qualité de vie et sa pratique de la langue française. La seconde pour son soleil et son dynamisme… à moins que ce soit dans la perspective de la Coupe du monde de football et des Jeux Olympiques !

A chaque fois, la tentation est grande d’acheter sur place. On peut, près de Bangkok, en Thaïlande, s’offrir un 100 m² près d’une plage, pour le prix d’un petit deux-pièces à Paris. Et 250 000 euros suffisent pour s’offrir un bel appartement, à Miami, en Floride, autre destination appréciée des Français. Mais il faut prendre ses précautions. «A l’étranger, contrairement à ce qui se passe en France, ce n’est généralement pas l’acquéreur, mais le vendeur qui est protégé. » rappelle Louis Eudes, PDG de Delocalia, une société spécialisée dans la délocalisation. Travaux, titre de propriétés, clauses du contrat, commissions des intermédiaires, tout doit être vérifié avec soin, pour éviter les mauvaises surprises. "On a parfois l’impression d’être un peu les pigeons venus se faire plumer…" résume Philippe Mabillon, un ancien courtier en engrais venus s’installer près de Marrakech et qui avoue avoir surpayé "à peu près tout" faute d’avoir été bien conseillé.

Couverts ou pas par la Sécu ? 

La belle vie pour pas chère ? Certes, mais il faut aussi prendre un certain nombre de précaution. Avant de partir, il faut notamment bien border le dossier santé. Le niveau médical de la France est célébré partout dans le monde, à juste titre. Or, certaines des destinations référées des retraités Français pâtissent d’une absence de réseaux de soins adaptés à leurs exigences. C’est un élément à prendre en compte, surtout pour ceux qui partent après 70 ans. Au sein de l’Union européenne, les retraités sont couverts par la Sécurité sociale française. Ailleurs, c’est selon : certains pays ont passé une convention avec la France, ce qui facilite la prise en charge financière des soins. Pour les autres, il faut sortir son carnet de chèques et adhérer à la Caisse des Français à l’étranger (CFE).

Autre sujet à bien maitriser avant de partir : la fiscalité. Les résidents Français bénéficient souvent d’un traitement nettement plus doux que celui qu’ils auraient eu en France. Mais pas toujours. Les formalités de départ paraissent très simple : contacter la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), donner sa nouvelle adresse, ses coordonnées bancaires et recevoir, partout dans le monde, sa pension. Ces revenus seront imposés, pour peu que vous soyez définitivement implanté à l’étranger, selon la convention fiscale passée entre la France et votre pays d’accueil. En l’absence de convention, il faut s’attendre à une double imposition. Petite compensation : vous échapperez au paiement de la CSG et de la CRDS sur tous ces transferts. Dans tous les cas, l’aide d’un conseiller sera précieuse…

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article

FAIVRE G. 15/09/2012 18:10


IL Y A UN ENORME PROBLEME POUR LES PROPRIETAIRES ET SURTOUT POUR LES RETRAITES PROPRIETAIRES CE SONT LES IMPOTS LOCAUX ET LE PRIX DE REVIENT DU CHAUFFAGE. IL Y A DES RETRAITES QUI PARTENT POUR
ECHAPPER A CES DEPENSES. SOUVENT ON PAYE EN IMPOTS LOCAUX PRATIQUEMENT LE MONTANT D'UN LOYER POUR UNE MAISON POUR LAQUELLE ON S'EST PRIVE  PENDANT DE LONGUES ANNEES POUR LA PAYER ET CHAUFFER
CETTE MAISON CORRECTEMENT EST DE PLUS EN PLUS DIFFICILE.