Comment Monsieur Duhamel peut-il mentir et tricher à ce point ?

Publié le 30 Avril 2011

par Alain Dubos - Riposte laïque

RTL, un matin en semaine. Des auditeurs ont la parole selon un canevas strict : vingt à trente secondes pour s’exprimer, le reste étant dévolu à l’invité du jour.
Ce matin-là, un citoyen issu d’un milieu autrefois baigné par le communisme annonce, avec un parler plutôt rugueux d’ « homme du peuple » que quatorze membres de sa famille, dont lui-même, voteront Marine Le Pen en 2012. C’est en Normandie, dans un coin où les immigrés se comptent sur les doigts d’une main.

Quatorze personnes! Pas moins.

Le chiffre ne fait pas particulièrement réagir Monsieur Alain Duhamel, commis à la réponse. À peine l’auditeur a-t-il prononcé le mot « étrangers » qu’il est coupé et nous avons alors droit à l’analyse du spécialiste, lequel révèle immédiatement le principal coupable du désordre actuel, j’ai nommé La Crise. Ah, La Crise !

L’auditeur désirait cependant parler sans doute du malaise qu’il éprouve, comme une majorité de ses concitoyens, à se voir jour après jour dépossédé des valeurs qui ont fondé les espoirs, les manières de penser et les combats des siens, au fil du temps.. L’ahurissante accélération des choses, l’offensive islamique qui désormais se déploie contre les fondements de la République, l’inquiètent mais au moment où, à sa manière, il allait évoquer cette autre cause possible, voire certaine, du malaise en question, le spécialiste a bondi sur son micro pour, en trois phrases, évacuer purement et simplement le problème.

À aucun moment, Monsieur Duhamel n’a évoqué le colère du peuple français devant ce que l’on fait de son décor familier, de ses repères, de sa mémoire et de son passé, de ses angoisses et de son désir de tranquillité. À l’insolence du péroreur se mêle ici la tragique méconnaissance, de la part d’un grand bourgeois rompu au maniement de la parole, de la psychologie des gens qui rampent à ses pieds. Méconnaissance? Voire. Il peut s’agir de bien autre chose, d’une évidence à tiroirs qu’il refuse de voir et que l’excellent article de Jacques Philarchëin décortique avec talent dans le N° précédent de RL.

Monsieur Duhamel est suffisamment intelligent, et ferré d’Histoire, pour savoir pertinemment quelles sont les causes réelles, absolument réelles, du malaise français et de la montée concomitante de Marine Le Pen. Il ne sait même que cela, mais avouer que les pouvoirs au sein desquels il évolue depuis près d’un demi-siècle (qu’ils aient été et soient de droite ou de gauche) et qui le nourrissent grassement, avouer que ces pouvoirs ont failli à leur mission de conserver à la France son intégrité territoriale, sa cohésion nationale, sa légitime fierté et sa culture plus que millénaire, lui brûle la gorge et, pour parler « peuple », lui arrache carrément la gueule.

Alors Monsieur Duhamel esquive et comme il a le verbe haut, il couvre de sa réthorique définitive l’argumentaire de celui qui, quelque part en France, loin des micros et des palais, tente de se faire entendre. Il assène, et c’est comme à la corrida : mise à mort et si la bête remue encore, coup de dague qui tranche la nuque. Silence dans les rangs sous peine de soupçon de fascisme.

Pour paraphraser Montherlant (qui parlait là assez sèchement des femmes), je dirai que Monsieur Duhamel est comme les navires de guerre. Ils progressent derrière les fumées qu’il répand. Et c’est une véritable escadre qui a quitté avec lui les quais de Paris et de quelques autres lieux pour gagner l’océan de l’opinion publique. Et ça fume, ma foi, ça fume! On s’y asphyxie dès lors que l’on y a mis le nez. L’ennui est que cette escadre-là, comme celle des Russes qui voyagea pendant près d’une demie-année pour se faire couler au large du Japon en 1905, est désormais prises dans ses propres fumées. On sent, derrière l’âcre odeur du leurre, celle de la panique, quand les capitaines déboussolés tentent de mettre un peu d’ordre autour d’eux. À trop mentir, à truquer sans cesse, à reculer devant l’adversaire, à croire que la culture et le génie d’une nation suffiraient à calmer la tempête en vue, à espérer, peut-être, l’intervention divine qui les sauverait de la noyade, Monsieur Duhamel et ses semblables ont conduit les Français au gouffre qu’une spirale creuse de plus en plus violemment chaque jour, et par laquelle ils se sentent happés.

D’où la réaction logique des plus humbles d’entre eux, abandonnés par un Parti déliquescent, récupérés par la bourgeoisie d’affaires pour porter directement ses valises, voisinant avec des gens de plus en plus nombreux, de plus en plus envahissants, de plus en plus exigeants et de plus en plus péremptoires, pour qui tout se résume à la Loi imprescriptible d’un Dieu qui ne tolère rien d’autre que lui-même et au nom duquel ils ont commencé, ici même et au vu de tous, à se battre contre les libertés vitales de leurs hôtes.

Je refuse de croire que Monsieur Duhamel n’a pas compris une chose aussi simple que celle-là. Sans doute pense-t-il que ce peuple-là est vraiment agaçant, qui se met, le vilain, à parler de patrie, de nation, de fierté quand, au bout de quelques décennies de matraquage consumériste, on pensait l’avoir définitivement arraché à ces piquets d’un autre âge. N’a-t-il donc pas assez de liberté, ce ladre? Ne jouit-il pas de tout ce que le modernisme peut lui apporter via les compagnons de route de Monsieur Duhamel? Ne peut-il s’endormir, le ventre plein, pour la longue sieste des gens heureux et laisser les capables agir pour le bien des innocents? Mais que veut-il, à la fin?

Il veut, Monsieur Duhamel, rester lui-même, voilà ce que l’auditeur de RTL n’a pas eu le temps de vous dire avec ses mots à lui. Des crises, la France en a connu et de bien plus brutales que celle au fond de quoi vous prétendez qu’elle se perd. Elle les a surmontées, seule ou avec des alliés. Avoir 20 ans en 1914, Monsieur Duhamel ! C’étaient mes grands-père, le vôtre aussi sans doute. Pas de CMU, de RSA, de Sécu, de primes, de stages, de maternage social, de regroupement familial et d’accueils en tous genres, pas de fortunes jetées dans des puits sans fond, seulement le terrible sentiment que survivre serait une question de chance. Survive, pour de bon, Monsieur Duhamel. A vingt ans!

Comment pouvez-vous alors réduire les Français au statut de victimes d’un unique désordre financier mondial au moment où des tribuns sortis de lointains déserts et de sanctuaires interdits aux mécréants leur promettent, à l’image des régiments allemands déferlant vers Paris, l’effacement physique et l’ordre nouveau, cette fois voulus non par un empereur ou un furhër, mais par un Dieu de paix, de tolérance, d’amour et de fraternité? Un Dieu que personne n’a jamais vu mais qui règne et choisit qui sera maître, esclave, énucléé, excisé, voilé à vie, lapidé ou enterré vif, comment pouvez-vous recevoir sans ciller un tel message, Monsieur Duhamel? Partant, comment pouvez-vous nier que la résurgence, dans le coeur de vos compatriotes, d’un sentiment national à vrai dire plutôt rassurant, vient de l’extrême danger face auquel vous-même et vos amis des pouvoirs en place les laissez seuls, livrés à eux-mêmes depuis si longtemps, avec en prime une chape de culpabilité chaque jour alourdie par des crétins rapetout et sans mémoire qui se goinfrent à la mangeoire de l’État?

Je refuse absolument de penser que vous puissiez, vous dont la voix porte si haut et si loin, vous qui savez si bien river son clou à l’impétrant qui vous contredit, être un lâche, un couard ou simplement peureux. Mais comment pouvez-vous omettre, mentir, truquer, déformer et désinformer à ce point sur la question cruciale de l’Islam en France, vous, Monsieur Duhamel ? Une dernière question, alors, en manière de synthèse : pour qui roulez-vous en vérité, Monsieur Duhamel ?

Alain Dubos

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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isabelle 01/05/2011 06:20



Ce que je retiens surtout de ceci, c'est que la parole du Peuple n'a pas d'intérêt et ne mérite pas qu'on l'entende, encore moins qu'on l'écoute. Le Peuple est un gros balourd inculte et
initelligent qui ne peut que recevoir, telle une parole divine, les propos réfléchis et puissants des Penseurs Patentés.


C'est curieux, ce sentiment que j'éprouve de plus en plus, que le Peuple est en train de se retrouver.



Nancy VERDIER 30/04/2011 21:29



Excellent article de M. Alain DUBOS. Alain Duhamel ment aux autres comme il se ment à lui-même. Mais mentir est une dérive mentale. cependant, il est plus confortable de se voiler la face.
Duhamel est en poste, reçu comme un Pape du Petit Ecran à tous les dîners, cocktails et émissions, il peut continuer son petit BlaBla jusqu'à un âge canonique. Les choses lui tombent gentiment
dans l'escarcelle. "Ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre....." tout baigne pour lui. Il doit chanter tous les matins "ça plane pour moi". Voilà, un médiocre de plus. Parce qu'un grand
journaliste qui se respecte et qui respecte ses auditeurs ou lecteurs, au moins analyse la situation avec courage et honnêté et dit la vérité. Mais nous sommes depuis longtemps dans une
République bananière, faite de lâches...qui au fond d'eux-mêmes, redoutent l'Islam et ses dérives. Encore un peu et tous paniqueraient. Mais justement, pour ne pas paniquer, ils s'enfoncent
encore un peu plus. C'est une réaction d'ailleurs proche de la schizophrénie : plus on s'enfonce, mieux on se sent, parce que être inconscient, c'est mieux qu'être conscient. Comment cela
s'appelle Docteur ?? Il me semble que c'est le début de la Folie.



island girl 30/04/2011 19:07



Très bon exposé de Alain Dubos ,les auditeurs ne sont pas dupes ,le bon sens populaire sait reconnaitre les mafieux de l'info qui parlent faux , cette langue de bois avec laquelle ils 
creusent leur tombe....



henri 30/04/2011 17:55



chapeau à M.Alain Dubos.


Merci à  Gérard d'avoir transmis ce message.