Comment nous, Allemands, voyons la croissance.

Publié le 17 Mars 2013

Susan Wasum-Rainer, Ambassadeur d'Allemagne en France

 

La politique d'assainissement budgétaire dans l'Union européenne est fréquemment remise en question, un phénomène qui ne date pas seulement des élections en Italie. On présente malheureusement souvent une vision réductrice des nombreuses décisions prises pour surmonter la crise. La stratégie adoptée ne repose pas uniquement sur des mesures d'économies, pas plus qu'elle n'est dictée par l'Allemagne. Au cours des dernières années, tous les partenaires se sont en effet mis d'accord sur des plans de solidarité s'élevant à plusieurs centaines de milliards d'euros. Notre réponse européenne commune se fonde sur quelques convictions qui ne sont certes pas confortables, mais justes : la discipline budgétaire et la croissance ne sont pas contradictoires, bien au contraire. Une véritable croissance a besoin de compétitivité et non de nouvelles dettes. Les réformes sont douloureuses, mais les repousser ne fait qu'aggraver la situation. Une monnaie commune appelle un engagement et un courage communs.

La croissance économique ne se décrète pas. Elle est le fruit de l'activité économique. La responsabilité qui incombe à la politique, c'est d'instaurer un contexte favorable à la création d'emplois. En 2012, nous avons adopté le Pacte pour la croissance et l'emploi, qui mobilise des fonds européens en vue de relancer la croissance.

Un budget solide n'est pas contradictoire avec une politique favorable à la croissance mais la rend au contraire possible, aujourd'hui et demain. Lorsqu'on cumule des déficits d'année en année, le paiement des intérêts devient rapidement le premier poste de dépenses du budget de l'Etat. Des milliards d'euros, dont l'Etat aurait bien besoin pour financer d'autres projets, sont dépensés pour rembourser les créanciers. Un haut niveau d'endettement constitue un fardeau qui pèsera sur les générations futures et n'est pas compatible avec le devoir de solidarité intergénérationnelle.

Pour connaître une croissance durable, il faut pouvoir s'affirmer dans la compétition mondiale. Pour cela, il faut constamment réévaluer son économie à l'aune de la compétitivité et être ouvert aux réformes structurelles, ce qui implique d'avoir le courage de changer. En Allemagne également, mener les réformes structurelles des dix dernières années a été loin d'être facile. Celles-ci ont mis les citoyens, la société et la politique à rude épreuve. Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que cela en valait la peine. L'Allemagne en tant que site économique est à nouveau compétitive. Néanmoins, elle ne souhaite pas et ne peut pas être un modèle. Chaque pays doit trouver sa propre voie vers plus de compétitivité, de croissance et de prospérité.

L'expérience montre que les réformes difficiles sont plus complexes à mettre en oeuvre dans un environnement favorable parce qu'elles ne sont pas alors considérées comme incontournables. En Allemagne, il a fallu attendre cinq millions de chômeurs pour que les réformes soient acceptées. Le temps est un facteur déterminant. Souvent, l'effet positif et durable des réformes structurelles ne se fait pas sentir dès l'application des mesures mais seulement au bout de deux, trois ou quatre ans. Lorsqu'on est aujourd'hui dans une situation difficile, c'est aujourd'hui qu'il faut mener les réformes nécessaires pour mieux vivre demain.

Nous vivons dans un espace monétaire commun, avec des règles communes. Ces règles ne sont pas des règles allemandes, pas plus que l'assainissement budgétaire n'est une « pénitence infligée pour des péchés » ou un « devoir moral ». Nos règles communes, la nécessaire consolidation budgétaire et le renforcement de la compétitivité sont la solution qui permettra à l'UE de conserver sa prospérité et de s'imposer sur le marché mondial. Nous avons accompli une bonne partie du chemin : de nombreux pays, dont la France et l'Allemagne, ont pris des mesures pour renforcer leur compétitivité et assainir leur budget. Nous devons désormais tenir ensemble le cap des réformes et ne pas permettre qu'il perde de son dynamisme.

Susanne Wasum-Rainer

Susanne Wasum-Rainer est ambassadeur d'Allemagne en France

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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FRANHENJAC 18/03/2013 02:38


Madame Susanne Wasum-Rainer : TAISEZ-VOUS, ne voyez-vous pas la misère ici en Allemagne ?


Vous êtes une bonne planquée...n´est-ce-pas ?


Expliquez-moi pourquoi je paie mon électricité 2/3 plus cher qu´en France,           1 kilowatt € 0,31, (RWE).


Une taxe parce que l´on possède un chien, comme si un chien, celà était un luxe. L´état allemand ne gagne-t-il suffisamment pas déjà sur l´aliment, les ustensiles,  les factures vétérinaires
et les assurances ? Comment justifiez-vous que je paie pour mes 2 chiens € 440,00 de Taxes, et si j´en avais 3 ce serait € 750,00, alors que les refuges regorgent de ces pauvres animaux. 


Préférer qu´un animal finisse ses jours dans un refuge, plutôt que dans un foyer entouré d´amour, démontre ce que vous représentez, un système ignoble et minable.


Je dois payer maintenant une Taxe sur la télévision, alors que je n´en possède pas.  Vous voulez m´imposer d´ entendre et voir des gens comme vous, dont les capacités intellectuelles ne sont
autres, que ce chiffon que vous venez de faire paraître sur ce site.


N´avez-vous pas honte non plus,  d´envoyer des gens travailler pour €1,00 de l´heure ?


Puis, obliger les citoyens de se séparer de leurs voitures (UMWELTPLAKETTEN), parcequ´elles ne correspondent plus à vos normes prétendues écologiques, (sans preuve), voitures même récentes
(fabrication 2005/6). D´ailleurs l´ADAC vous conteste, et pas qu´elle. Par contre les avions qui infestent l´atmosphère, là vous n´entreprenez rien.


J´arrête ma liste, car il me faudrait plusieurs pages.


N´essayez pas de vous vendre comme exemple, l´Allemagne n´est pas un exemple, que les francais le sachent.


L´Europe je n´en veux plus.