Comment sortir de l'Europe sans sortir de table" Par Jean-Luc Mordoh

Publié le 7 Novembre 2012

"Comment sortir de l'Europe sans sortir de table". Le Traité de Fonctionnement de l'UE vu par un entrepreneur: ou comment 18 articles choisis de la Constitution européenne donnent envie de quitter le bateau bruxellois par Jean-Luc Mordoh citoyen européen, auteur des éditions Editions La Bourdonnaye. 

Une pièce de théâtre en 11 actes qui nous immerge dans l’intimité d’un couple passionné de politique et féru de bonnes tables. Dans un langage décalé et fleuri, Ginette et Gérard démontrent, dans une implacable logique de bon sens, que les réalités contractuelles de la Constitution européenne appliquent cliniquement le contraire de ce que nos gouvernements nous promettent. Un essai apolitique où le peuple et sa vérité transgressive dénudent sans pudeur le langage formaté du politicien. Un livre qui nous rappelle qu'être Français, c'est être libre d’aimer le camembert.

« Depuis le Traité de Rome de 1957, acte de naissance de la Communauté européenne, l’Europe avance et nous promet monts et merveilles : croissance, paix, protection, nouvelle vision du monde, générosité. Elle entraide, finance, épaule, accompagne et fédère les nations et s’honore de son progressisme politique

Elle a brisé, au-delà de toutes les logiques nationales, les égoïsmes historiques, les idéologies mortifères, les chaînes de la dépendance au conflit et anéanti les potentielles colères des peuples.

Elle offre le partage à la place de la conquête, remplace la fureur de la propagande par une exaltation humaniste, balaye les histoires pénibles et sanglantes entre voisins et sèche de nos mémoires le sang de nos morts tombés sur les multiples champs de bataille de notre histoire pour nous offrir un horizon de félicité.

Elle motive notre intelligence au nom d’une Universalité de la Renaissance, nous entraine dans une densité utopique tantôt mystique tantôt cartésienne, prédisposant une nouvelle philosophie de l’avenir et créant un monde nouveau, un homme nouveau.

Grande, imposante, elle illumine par son impertinence historique, par sa vaillance à vivre son présent, par sa provocation face au futur et son irrévérence au passé. Au nom de l’Histoire et du Progrès en Marche, je m'effaçais, me diluais, m’oubliais dans la joie et la démesure de cette entité politique et continentale.

Un jour, un de ces moments dont on ne sait pourquoi la Raison nous incite discrètement à regarder l’évidence, j’ai, par inadvertance, ma chère Europe, tu m’en excuseras d’avance, lu le contrat de Bruxelles, les Tables de la Loi de l’Union, le Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne. Cette lecture souleva dans mon esprit pourtant formaté depuis tant d’années par et pour l’Empire du Bien, une déflagration du rationnel, une révélation d’un nouvel affranchissement dans un fracas de nouvelles libertés. La vérité n’est pas toujours bonne à lire, mais elle est cette indispensable crudité des mots, cette violence de la pensée brutale et féroce qui ramène à une réalité contractuelle et factuelle.

C’est la raison pour laquelle Gérard, avec son phrasé décalé, sa ténacité à comprendre, sa soif de savoir, l’amour envers sa femme et son pays, la France, va déconstruire, dans un bon sens didacticiel, cette utopie européenne, cette voie sans issue politique, ce ravin en devenir.

Autour de 11 menus gastronomiques concoctés par son diamant d’épouse Ginette et l’examen sans complaisance de 18 articles du

TFUE (traité du fonctionnement de l’Union européenne), ce couple va mettre à mal la Constitution européenne qui nous accable au quotidien et nous donner les 10 bonnes raisons valables de sortir de l’Europe sans sortir de table, et sans mettre à feu et à sang un pays pourtant génétiquement révolutionnaire » 

Jean- Luc Mordoh.

 

Extrait du chapitre 1 - Récupérer le sens de la démocratie et de notre vote.  On prend en cours un dialogue entre Gérard et son épouse Ginette pendant le repas.

Extrait de l'Article 6

L'Union dispose d'une compétence pour mener des actions pour  appuyer, coordonner ou compléter l'action des États membres. Les domaines de ces actions sont, dans leur finalité européenne :

a) la protection et l'amélioration de la santé humaine

b) l'industrie

c) la culture

d) le tourisme,

e) l'éducation, la formation professionnelle, la jeunesse et le sport,

f) la protection civile

g) la coopération administrative. »

— En clair ?

— En clair et transparent, ma petite femme, c’est l’UE qui décide des orientations politiques, économiques et les grandes lignes directrices et stratégiques pour les États. Les pays deviennent des exécutants de la Grande Ouverture, des sous-traitants de la doxa européenne, des porteurs d’eau de l’ultra-libéralisme, des intérimaires du spectacle de la Mondialisation heureuse, des seconds couteaux de la Grande Réflexion. Et pour les fortes têtes qui n’auraient pas bien capté le message, le petit 3 de l’article 5 leur rappelle que le social, c’est aussi décidé par l’UE. Pour nos futures retraites, si l’on n’est pas content, ce n’est pas la peine de manifester avec calicots, mégaphone et stand de merguez, de place de la République à Nation, mais devant le Conseil de l’Europe au 200 rue de la Loi — 1049 Bruxelles.

— Le social décidé par des commissaires européens que l’on n’a pas élus, c’est quoi ce douteux scénario ?

— C’est l’Europe, celle qui nous apporte la prospérité et ce n’est pas terminé. Je nous sers à boire. Le Traité de Lisbonne, que nos élites nous ont fait passer à la dérobée en 2007, a renforcé son harmonisation avec l’OTAN et ses objectifs stratégiques atlantistes.

— On a déjà un ministre des affaires étrangères en France, non ?

— Oui, mais il y a aussi une ministre des affaires étrangères européennes dans l’UE, poste confié à la baronne travailliste, Me Ashton of Upholland.

— Je ne savais pas qu’il y avait des baronnes travaillistes. Et pourquoi pas un Duc marxiste ? Ou un homosexuel hétéro ?

— C’est les Anglais, ma vie. Les rosbifs, c’est l’éternel contrepied et c’est ce qui fait leur charme en fin de compte.

— Ce que tu me racontes, mon Gégé, des verrines jusqu’aux cailles, c’est que l’essentiel de nos lois et règlements sont de simples transpositions des directives européennes ?

— Amore, c’est au poil juste. La République française n’est plus qu’un fantôme, notre démocratie n’est plus qu’une apparence, une façade de faux-semblants. On nous prend pour des buses, des lapins décérébrés, des consommateurs hypnotisés par le JT de 20 h, de la crème d’incultes, des leurres de citoyens.

— Comment font-ils, nos politiciens, pour nous faire avaler ce piège, aux crétins comme nous ?

— Pour faire passer le suppositoire, faut impliquer le peuple et le faire voter à droite ou à gauche puis faire mousser des espèces de points virgules, des différences qui n’en sont pas, des disparités imaginaires, des appâts idéologiques qui ont le mérite de faire croire que le peuple participe au débat. Tous les vrais sujets stratégiques, les fondamentaux d’un pays, l’essentiel d’une nation, le constitutif de la République, les basiques d’un peuple sont retirés du catalogue de la Démocratie.

— Mon Bayard sans peur et sans reproche, c’est grave !

— C’est pour cela que j’ai le moral sous le niveau de la mer. Connais tu Tommasso Padoa-Schiosppa ?

— Un joueur de football italien ?

— Non

— De rugby ?

— Non plus. C’est un gratin de la haute qui sait tout. Président du think tank Notre Europe dont Jacques Delors est le président fondateur et

Jacques Lamy, le président d’honneur, aujourd’hui à la tête de l’OMC, le Jacques. Il est italien, le gars Tommasso et décédé en 2011. Paix à son âme. Ce gars collectionnait les diplômes comme ta soeur les bons de réductions aux supermarchés. Diplômé de Massachusetts Institue of Technologie, ministre des Finances italien de 2006 à 2008, membre du directoire de la Banque Centrale Européenne. Le pédigrée classique des européistes, un blindé du grade, un boulimique du parchemin estampillé universitaire, un addict de la récompense suprême. Le gars, quand il rentre quelque part, tu te lèves et tu lui laisses ton siège. Un cul qui porte une tête aussi bien récompensée a le droit à sa place réservée.

— Et il a fait quoi dans la vie, ce Jésus des titres ?

— Cette crème de panache a disserté dans la revue Commentaires n ° 87, automne 1999, sur l’article : l’enseignement de l’aventure européenne : « La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs.

L’Europe ne procède pas d’un mouvement démocratique, elle s’est faite en suivant une méthode que l’on pourrait définir du terme de despotisme éclairé. »

— Il a dit ça, le tortellini ?

— Édifiant, non ? À un certain niveau de conneries, ce n’est plus un dérapage incontrôlé, mais des convictions affichées. (...)

 Le prologue du livre : 

- L'iBookstore (Apple) : https://itunes.apple.com/fr/book/comment-sortir-leurope-sans/id570680646?mt=11

- Le Kindle Store (Amazon) : http://www.amazon.fr/Comment-sortir-lEurope-table-ebook/dp/B009R7USE0

- La FNAC : http://www4.fnac.com/livre-numerique/a5009930/Jean-Luc-Mordoh-Comment-sortir-de-l-Europe-sans-sortir-de-table#FORMAT=ePub

- La librairie généraliste Didactibook : http://www.didactibook.com/produit/55353/9782824201047

 

Vous pouvez aussi télécharger ce livre sur le site de l'éditeur : http://www.labourdonnaye.com/produit/30/9782824201047

Vous trouverez également ce livre au format papier sur Lulu.com  : http://www.lulu.com/shop/jean-luc-mordoh/comment-sortir-de-leurope-sans-sortir-de-table/paperback/product-20473717.html

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Du côté des médias

Commenter cet article