Comment vaincre à Gaza ! Par Caroline B. Glick

Publié le 23 Juillet 2014

Israël a déployé des forces terrestres à Gaza dans la nuit de jeudi à la fois parce que les tunnels  terroristes du Hamas vers Israël sont devenus un menace inacceptable, et parce qu’il devait briser l’impasse développée avec le Hamas.

boum enfant

Par Caroline B. Glick 

Jusqu’à l’invasion terrestre, Israël et le Hamas étaient en mode bloqué. Le Hamas n’aurait pas accepté d’accord de cessez-le-feu parce que les offres de l’Égypte n’apportaient à l’armée terroriste des ‘Frères Musulmans’ parrainée par l’Iran aucun résultat tangible. En l’absence d’un tel résultat, le Hamas préfère poursuivre le combat. Israël pour sa part ne veut faire aucune concession au Hamas en échange d’un arrêt des sa guerre terroriste criminelle qui cible des civils innocents en Israël comme si c’était une chose évidente. Selon la vision du Hamas, il a trois façons de vaincre.

D’abord, si Israël avait donné son accord en laissant le Hamas en meilleure position qu’avant d’entamer son nouveau round d’attaques indiscriminées de missiles contre des cibles civiles israéliennes, alors il aurait pu crier victoire.

Les termes d’un cessez-le-feu pour le Hamas comprenaient, entre autres choses, une frontière ouverte avec l’Égypte, un aéroport, un port maritime, et la libération de terroristes de prisons israéliennes. Évidemment, si Israël accordait même quelques-uns de ces termes, cela aurait constitué une victoire stratégique pour le Hamas.

La seconde façon de vaincre pour le Hamas c’est d’être en mesure d’accuser Israël de tuer un grand nombre de Palestiniens d’un seul coup. Dans ce cas, Le Hamas peut s’attendre à voir les USA se joindre à l’UE et à l’ONU pour forcer Israël à accepter les termes d’un cessez-le-feu obligeant à faire des concessions significatives aux Palestiniens de Gaza et de Judée et Samarie.

C’est ce qui est advenu lors de la guerre avec le Hezbollah et Israël en 2006. Pendant les combats, le Hezbollah a prétendu qu’Israël avait tué un grand nombre de civils Libanais à Kfar Kana. Ces allégations ont alors conduit la secrétaire d’Etat des USA d’alors, Condoleezza Rice, à mettre fin effectivement au soutien des USA à l’effort de guerre d’Israël. Rice a promptement obligé Israël à accepter les termes du cessez-le-feu qui a ouvert la voie à la prise du pouvoir par le Hezbollah du gouvernement libanais.

Si le Hamas est en mesure de créer une situation semblable à Gaza, il parviendra probablement au même type de victoire stratégique sur Israël.

Enfin, si le Hamas est capable de produire un tableau qui puisse lustrer sa situation de leader du jihad contre les Juifs à travers le monde islamique, alors il pourra crier victoire. Des opérations comme les tentatives répétées du Hamas de lancer des attaques provoquant  des victimes en masse dans des communautés israéliennes le long de la frontière avec Gaza par des infiltrations à travers le territoire israélien via ses réseaux de tunnels souterrains, ont été conçues pour atteindre un tel but..

Depuis que le Hamas a initié l’épisode actuel de guerre contre Israël, Les Israéliens se sont divisés dans leur appréciation sur la meilleure manière de gagner cette guerre. Encore maintenant, avec des forces terrestres déployées à Gaza, la discussion sur l’objectif même de l’opération demeure significative.

Bien que tout un chacun soutienne les troupes, les politiciens de Gauche, conduits, presque ouvertement par le leader du Parti Travailliste Isaac Herzog, disent qu’Israël doit limiter ses objectifs selon un maximum et rechercher un cessez-le-feu parce « qu’il n’y a pas de solution militaire » au conflit avec le Hamas.

Le meilleur pari d’Israël disent-ils, est de faire tout son possible pour mettre fin aux frappes de missiles du Hamas aussi vite que possible par des négociations. Dans le même temps, argumente Herzog, comme il n’y a qu’une solution diplomatique au conflit palestinien avec Israël, nous devons envoyer des négociateurs à Ramallah pour prier le président de l’Autorité Palestinienne et leader du Fatah Mahmoud Abbas de signer un accord de paix avec l’Etat juif.

Il y a plusieurs problèmes fondamentaux avec la position de la Gauche.

D’abord, le Hamas et ses partenaires à Gaza du Jihad Islamique, et les milices jihadistes affiliées à al Qaïda et au Fatah n’ont aucun intérêt à une coexistence pacifique avec Israël. Ils n’existent que pour combattre Israël. Cela signifie que la seule manière pour qu’Israël leur fasse cesser le combat est d’utiliser sa force militaire pour les convaincre qu’il n’est pas dans leur intérêt de continuer à tirer.

En d’autres termes, la seule solution à l’agression du Hamas est une solution militaire.

Et puis il y a cette notion bizarre qu’un accord avec le Fatah est en quelque sorte la solution miracle qui mettra fin à la menace militaire contre Israël depuis Gaza contrôlé par le Hamas.

Un accord entre Israël et le Fatah en Judée et Samarie n’aurait aucun effet quelle que soit la situation sur le terrain à Gaza. Suivant le rejet absolu de la paix avec Israël de la part du Hamas, et du large soutien à la destruction d’Israël à travers la société palestinienne, un accord de paix entre Israël et le Fatah en Judée et en Samarie augmenterait selon toute probabilité le prestige du Hamas chez les Palestiniens et à travers le monde musulman. En d’autres termes, un accord de paix avec le Fatah augmenterait le prestige et la puissance du Hamas et finalement mènerait à une expansion de ses capacité militaires.

Au-delà de cela, Abbas a dirigé l’AP depuis la dernière décennie. Pendant cette période, il a constamment démontré par ses faits et discours qu’il ne signera jamais un traité de paix avec Israël. Abbas rejeté deux offres de paix et d’Etat [palestinien] de la part d’Israël. Il y a juste trois mois, il a rejeté une autre offre du président des USA Barack Obama. Pendant la même période, il a signé trois accords de paix avec le Hamas. Le plus récent est maintenant en application sur le terrain.

Depuis que le Hamas a initié son nouveau round d’agression criminelle de missiles contre  Israël, Abbas a agi comme leur partenaire sans faille dans la guerre. Il a représenté le Hamas au plan international. Il a négocié en son nom – et continue de le faire au Caire.

Abbas a calomnié Israël dans les termes les plus obscènes. Sa faction, le Fatah, a participé activement à l’offensive de missiles sur le terrain à Gaza. Il a aussi proclamé son absolue unité d’objectif avec le Hamas et le Jihad islamique dans la guerre contre Israël lors de discours officiels quotidiens.

Avec tout cela, la notion qu’Israël peut fonder une stratégie diplomatique pour mettre fin à la guerre du Hamas contre lui via le Fatah est non seulement ridicule.

Elle est irresponsable de façon impardonnable pour que de soi-disant leaders nationaux puissent tenir leur engagement dessus. Le seul objectif qu’une telle attitude assure est de renforcer les américains et les Européens dans leur croyance illusoire que la solution chimérique à deux Etats est une recette de paix utopique plutôt que la guerre, le bain de sang et la radicalisation.

D’un autre côté, la Droite, conduite énergiquement par le ministre des affaires étrangères Avigdor Liberman, insiste sur le rôle des forces terrestres de Tsahal à Gaza qui devrait être de reconquérir la zone dans le but de détruire la capacité du Hamas à continuer de tirer rockets et missiles. Seule une telle opération à terre proclame-t-il, éliminera la menace des projectiles du Hamas.

Il y a plusieurs problèmes avec cette position.

D’abord elle fait des hypothèses sur le Hamas qui ne sont pas forcément correctes.

Il est loin d’être clair que la seule façon de détruire le Hamas et de mettre fin à sa capacité de nuire à Israël est de reconquérir Gaza.

La principale raison pour laquelle le Hamas a entamé la guerre actuelle, c’est parce que le groupe terroriste est en grande détresse.

Les Egyptiens ont coupé les liens de fournitures militaires et financières aux ‘Frères Musulmans’ palestiniens via le Sinaï. Le Hamas de l’été 2014 n’est pas le Hezbollah de l’été 2006. Le Hezbollah avait guichet ouvert pour se fournir en Iran et en Turquie. Le Hamas est verrouillé entre Israël et l’Egypte.

De plus, le Hamas est mis au défi sur le terrain à Gaza par les mêmes groupes jihadistes qui combattent avec lui aujourd’hui contre Israël. Si le Hamas ne peut apporter une victoire dans cette phase de combat, alors ses amis affiliés d’al Qaïda et du jihad islamique répèteront leur défi à son autorité.

Ajoutez à cela la réponse d’un public en colère contre le Hamas pour les obliger à servir de boucliers humains aux les missiles et les maîtres terroristes incapables de rapporter des bénéfices du combat, et il existe une chance raisonnable que le Hamas soit confronté à une insurrection à pleine force quand un cessez-le-feu avec Israël prendra effet.

La seule façon pour le Hamas d’éviter cette destinée est d’être en mesure de montrer des gains significatifs du combat pour neutraliser certains de ses opposants et rivaux.

En d’autres termes, Israël n’a pas besoin de reconquérir Gaza pour détruire le Hamas. Nous devons seulement humilier le Hamas et détruire ses capacités comme les réseaux de tunnels qui nous menacent dans l’immédiat. Puis laissons les Gazaouis s’en défaire.

Finalement, une invasion terrestre à pleine échelle est une proposition risquée. Il n’y pas d’assurance de succès. Israël a déployé des forces terrestres au Sud Liban en 2006. Mais du fait d’une direction nationale et militaire incompétente, les forces ont obtenu un maigre résultat au plan stratégique tout en absorbant des pertes douloureuses.

Israël fait face à un défi opérationnel aigu à Gaza. Les neuf années d’absence des forces de Tsahal et de civils israéliens sur le terrains ont naufragé les capacités du renseignement  et ainsi limité l’efficacité opérationnelle de Tsahal. Si en 2004 Israël a pu vaincre le Hamas par l’élimination ciblée de ses commandants, répéter ce succès aujourd’hui sans de bonnes ressources humaines de renseignement sur le terrain est une perspective bien plus difficile.

Voilà Pourquoi nous observons déjà des résultats décroissants de notre campagne aérienne. Sans des ressources humaines sur le terrain, Tsahal ne peut pas localiser ou bien atteindre les cibles de haute valeur restantes. 
 
Sauf si Israël est en mesure de changer cette situation assez vite, il ne sera pas capable de diminuer suffisamment les capacités du Hamas pour convaincre ses dirigeants qu’ils feraient mieux de mettre fin au combat actuel sans obtenir quoi que ce soit de significatif si ce n’est se maintenir.

Voilà Pourquoi le gouvernement a été finalement obligé de donner l’ordre d’une campagne terrestre.
 
On demande aux forces terrestres de développer les sources d’information d’Israël pour tuer un nombre assez important de dirigeants du Hamas et détruire les complexes de tunnels et une quantité suffisante de missiles et de lanceurs pour convaincre les maîtres terroristes du Hamas d’implorer « grâce ».

Pendant que les opérations sur le terrain continuent, des négociateurs israéliens doivent donner leur accord avidement à toute offre de cessez-le-feu qui refuse tout succès au Hamas. Tsahal doit continuer d’exercer une grande prudence pour empêcher le Hamas d’attirer nos forces dans une situation où nous serons accusés de massacrer des Palestiniens.

Rien de tout cela n’est facile ni simple. Aucun résulat n’est garanti. Mais en combattant le  Hamas aujourd’hui, Israël se trouve dans une meilleure position que celles où il fut confronté avec le Hamas par le passé. Pour la première fois, nous sommes face à un ennemi à durée de vie limitée. Sans lignes d’approvisionnement depuis l’Egypte, le Hamas ne peut pas combattre durablement. Ses alliés à l’ONU peuvent nourrir ses forces et protéger le Hamas d’une insurrection par une population affamée. Mais l’ONU ne peut pas réarmer le Hamas. Il ne peut pas rouvrir les tunnels de contrebande depuis l’Egypte pour introduire du matériel, de l’argent et des formateurs pour Gaza.

Le Hamas recherché désespérément quelque chose qu’il puisse nommer victoire. En le lui refusant d’une part, tout en prenant les mesures pour obliger ses dirigeants à préférer une humiliation organisationnelle plutôt qu’une destruction personnelle, Israël peut obtenir une victoire décisive.

18 juillet 2014 Daily Mailer, FrontPage Magazine

 

Adaptation française de Sentinelle 5774 ©

D’abord publié dans “the Jerusalem Post”.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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island girl 23/07/2014 19:34


Israel doit se défendre ,le hamas a choisi de mettre en première ligne les civils pour jouer sur le fait que des civils innocents perdent la  vie et essayer d'appitoyer les pays étrangers
...c'est tout ,ces racailles n'ont ni foi ,ni loi .