Condamné en juin à 14 ans, libre le...31 août

Publié le 9 Septembre 2012

L’avocate de la victime était en vacances en Toscane : le juge libère le tireur


Gilbert Dupont

BRUXELLES La justice bruxelloise a libéré le 31 août l’auteur d’une fusillade que le tribunal correctionnel avait condamné à 14 ans ferme le… 13 juin. Aldin Music, dont la victime passera sa vie en chaise roulante, a été libéré vendredi passé parce qu’une avocate était… en vacances en Toscane.

Le procès en appel fixé au 9 août ayant dû être remis au 5 octobre, son avocat a demandé sa libération et l’a obtenue. Même si d’aucuns peuvent considérer qu’un condamné à 14 ans pouvait supporter de patienter deux mois, la cour d’appel de Bruxelles a décidé qu’attendre deux petits mois aurait entraîné un dépassement du délai raisonnable.

L’homme qui est sorti de prison, selon nos infos, le 31 août est un danger public. Dans le mandat d’arrêt, le juge d’instruction avait retenu l’“absolue nécessité pour la sécurité publique”.

Aldin Music est Bosniaque. Il était en fuite. Le parquet de Bruxelles avait dû lancer un mandat d’arrêt européen. Il avait fini par être localisé à Sarajevo. Le juge belge avait donc retenu aussi la volonté de se soustraire à l’action de la justice, et relevé que Music n’a ni attache ni domicile fixe en Belgique.

Aldin Music n’a jamais contesté qu’il était le tireur unique de la fusillade survenue à Schaerbeek le 21 janvier 2011.

Deux balles dum-dum à fragmentation avaient atteint un passant, Milos Novicevic. À l’époque, Milos, 20 ans, est électricien chez Colruyt. Il est inopérable pour les deux éclats logés près du cœur. Un autre tir l’a atteint à la moelle épinière. Jeune père, Milos est, depuis la fusillade, handicapé reconnu à 90 pour cent, paralysé à vie des membres inférieurs.

L’auteur – toujours présumé puisqu’il est appel sur la peine prononcée en juin – que la Belgique avait mis des mois à localiser et faire extrader, et dont l’arrestation fut jugée par le juge d’instruction comme étant d’une “absolue nécessité pour la sécurité publique” , a été libéré deux mois après la condamnation à 14 ans parce que l’avocate de la partie civile, le jour du procès le 9 août, était en congé en Toscane, et que patienter deux mois, c’était trop.

Hier, Me Olivier Martins confirme qu’il a en effet obtenu la libération de son client vendredi dernier. Toutefois, pour l’avocat pénaliste, “il ne s’agit pas d’un scandale mais de la bonne application de la Convention européenne des Droits de l’Homme qui exige de rendre justice dans un délai raisonnable”.

Me Martins avait notamment plaidé que si l’avocate de la victime condamnée à la chaise roulante se repose en Toscane, lui, au contraire, n’a pas pris de congé dans le but de défendre son client.



© La Dernière Heure 2012

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Europe liberticide

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Aaron 09/09/2012 23:16


Génial la convention européenne des droits de l'homme!! Mais quels sont les droits de la victime?