Conflit des cultures ou complément culturel. Par Sylvia Bourdon

Publié le 14 Décembre 2013

Sortie de chez moi. Une envie irrépressible d'aller voir ce qui se passe dans ce quartier en période de Noël, après avoir bossé toute une journée et avoir contribué à Facebook. De l'air, de l'air. Je regrettais même que le froid ne fut pas plus intense. La température ne me saisissais pas violemment.

Par Syvia Bourdon

 

D'abord, je constate que je ne suis plus seule à avoir des loupiotes festives à mes fenêtres. Depuis des années, j'étais isolée. Pourtant, nous sommes autour d'un lieu très chrétien avec l'église Saint Bernard qui nous fait face de la manière la plus prêt possible. La chaussée nous sépare. Et, voilà qu'en face, ça clignote aussi. Fallait des années de persévérance. De ma part. Pour que d'autre aient enfin le courage d'afficher leur souhait de fêter nos traditions, dans cet environnement à l'exclusive musulmane.

 Je me dis, que je ne supporterai pas le voyage, jusqu'au Carrefour-City de la rue Clignancourt sans musique dans les oreilles. Me fallait la puissance de Verdi dans le cerveau. J'ai mis Attila ! Marchant ainsi, accompagnée de mon bouclier musical puissant, je me sentais invincible à ce qui aurait pu m'arriver. J'étais prête, comme une Walkyrie à la confrontation qui ne vint jamais. La nuit tombait. Traversant le Bld. Barbès, je constate que le Virgin Megastore est remplacé par un énorme Guibert Jeunes. J'entre et j'achète quelques disques tout en étant extraite de la vie ambiante par Attila et Verdi. Je flânais dans les rayons, sans jamais remarquer que d'autres m'entouraient. Je ne regardais plus les gens que je croisais, exclusivement subsahariens et autres du nord. Je le sais sans le voir. Refusant de le voir. Verdi me donnait un sentiment de puissance. Je ne marchais plus. Je survolais la situation. Au Carrefour City, tout neuf aussi, énorme, je n'avais rien à acheter, mais achetais tout de même des bougies et une bouteille de pinard. Toute une aventure que j'ai pu vivre, grâce à Verdi dans les oreilles. Sinon, jamais, je ne m'aventure à flâner ainsi dans ce quartier.

 

 

A la fin, je dirai que je vis un conflit culturel. Un romantisme Allemand et une mélancholie Française. Mélange détonnant, enivrant, qui vous met dans des états bizarres. Schizophrénique. Comme si j'avais pris du LSD. Conclusion, très agréable.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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DUVAL Maxime 15/12/2013 06:55


De mes landes bretonnes où je vous lis, le passage où vous simplifiez boulevard par "bld" pour après le point de ponctuation reprendre Barbès... j'ai pensé furtivement à "l'élision du e" de bled.


Merci de nous faire part des nouveaux terrains d'aventure où on somnambulise pour n'entendre ni voir et qui sont les vôtres aujourd'hui. Que deviendra inexorablement le petit coin de terre que je
défriche le long d'une petite artère portant le nom de "voie romaine"...


Puisque vous avez trouvé de quoi oublier, (élément liquide mais pas inodore, incolore et sans saveur, qu'il est désormais interdit de nommer sans ajouter ... avec modération) passez une bonne
soirée de Noël festive, mais pas que si vous êtes croyante.