Conflit israélo-palestinien, la France n’est pas un champ de bataille.

Publié le 15 Juillet 2014

Par Gabriel Robin Pour Bd Voltaire

Une manifestation de soutien aux palestiniens, organisée dimanche 13 juillet à Paris, a dégénéré suite aux débordements de groupes de nervis islamistes aux abords de la synagogue de la rue de la Roquette dans le 20ème arrondissement. Etrange sensation que d’assister, dans son propre pays, à un conflit violent qui oppose des intérêts étrangers, lesquels n’intéressent que très partiellement les Français.

Parmi les protestataires soutenant la cause palestinienne, des manifestants affichaient ouvertement une idéologie takfiriste (des adeptes d’une idéologie violente, Ndlr) et s’étaient munis pour l’occasion de drapeaux représentant des groupes djihadistes, tel le désormais tristement célèbre « Etat Islamique en Irak et au Levant ». Ce monôme de terroristes en puissance scandait frénétiquement des slogans violents, appelant « à la mort des Juifs », rapportés par les témoins sur place et plusieurs médias.

Les manifestations pro-palestiniennes de dimanche faisaient suite aux vives oppositions armées entre l’état d’Israël et le Hamas. Je ne suis pas là pour distribuer des bons points ou décider lequel des deux camps est moralement irréprochable, tous ont leurs raisons de continuer cette guerre terrible et personne n’est à même d’avoir une idée fidèle du conflit depuis le canapé de son salon. Cette guerre est multiple ; à la fois territoriale et religieuse, elle échappe au cadre classique des guerres d’intérêts économiques contemporaines pour s’inscrire dans une eschatologie propre aux religions révélées.

Ce qui nous intéresse au premier chef est le fait qu’un tel conflit, qui ne nous regarde que peu, ait pu s’exporter ici. L’édifiante cinquième colonne islamiste a d’ailleurs démontré une bonne fois pour toutes, après les cas Merah ou Nemmouche, que l’antisémitisme véritable le plus virulent à l’heure actuelle en Europe est celui de l’islamisme radical. Mais la communauté juive n’est pas non plus exempte de reproches, des gens comme Arno Klarsfeld revendiquent une double appartenance patriotique et entraînent à leur suite l’ensemble des français de confession juive qui n’en demandaient probablement pas tant.

Vous n’entendrez pourtant pas le champion des « valeurs de la république », Manuel Valls, condamner tous les débordements avec la même fermeté que celle affichée pour les « Jours de Colère ».

 Et puis, nous savons fort bien, que les « factieux » qui « mettent en danger le pacte républicain » seront comme toujours les familles de la Manif Pour Tous ou les électeurs du Front national. Cibles bien commodes car pacifiques et n’appartenant pas à une micro-tribu privilégiée.

Eric Zemmour l’a bien dit : « Barrès à Tel Aviv et Zola à Paris, ça suffit ». Ceux, qui parmi nos compatriotes, se définissent politiquement selon leur « sionisme » ou leur « anti-sionisme » ne servent pas la France. Et pour ce qui concerne les islamistes radicaux aperçus dans les rues, peu importe leur nationalité administrative, ils ne sont définitivement pas français.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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