Converti à l'islam, Mister Gay Danemark veut montrer qu'on peut être «homo et musulman».

Publié le 25 Août 2012

Est-ce d'un grand intérêt, les grandeurs et  misères d'un Danois homosexuel qui ne voit l'islam qu'à travers ses copains d'adolescence, pratique le ramadan quand il le peut, ne voit pas la situation dramatique des homosexuels en "terre d'islam", ne fait pas la relation entre l'islam et l'appel à la mort violente des homosexuels. Ses parents ont l'air décalé et baba-cool. Bref, un homo-bobo complètement décérébré. Tout existe finalement. Le réveil va être dur.

Gérard Brazon

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Têtu.com

Elu le 16 août dernier, Michael Sinan s'est défini comme un «musulman moderne». Il explique les raisons qui l'ont motivé à se convertir, et ses combats contre l’extrémisme, et les préjugés.

 

A Copenhague

C'est par un numéro de danse du ventre que Michael Sinan, 34 ans, a séduit les juges du concours Mr Gay Danemark, le 16 août. Une compétition qui, cette année, a fait beaucoup de bruit, car pour la première fois dans l'histoire du concours, c'est un musulman qui a remporté le titre. Interrogé sur ses motivations, le jeune homme a assuré devant le public réuni sur la Place de la Mairie à Copenhague, qu'il voulait montrer qu'il était possible aujourd'hui d'être «gay et musulman» et qu'il comptait bien utiliser son titre pour le faire savoir.

«Très attiré par les religions»
Né dans une famille danoise traditionnelle, Michael Sinan s'est converti à dix ans. «J'avais beaucoup de copains musulmans. Quand j'étais chez eux, je me sentais chez moi. Mes parents sont athées. J'étais très attiré par les religions. Ils m'ont laissé choisir.» Le garçon opte pour l'islam, «la seule religion qui se consacre 100% à Dieu». Il ne fréquente aucune mosquée au Danemark, y trouvant souvent le temps des prêches trop agressif. Il prie seul, chez lui, sauf quand il est en Turquie, où l'ambiance dit-il, lui convient beaucoup mieux.

Titulaire d'un master de l'Université de Copenhague, où il a étudié le turc et l'histoire du pays, il est actuellement au chômage. Il a donc pu se consacrer entièrement à la préparation du concours Mr Gay, ces derniers mois: entraînement, régime... La compétition a eu lieu en plein ramadan. Cette année, il n'a pas jeûné. «Je suis un traitement, qui exige que je boive beaucoup. Comme le ramadan tombait pendant l'été, il aurait fallu que je jeûne pendant 20 heures. Ce n'était pas possible.»

«Musulman moderne»
Uni à son compagnon depuis cinq ans, Michael se définit comme un «musulman moderne». Il a fait son coming out à 17 ans. Fils unique, il craignait la réaction de ses parents: «Mon père m'a dit qu'il trouvait ça très cool, qu'il aimait bien les homosexuels. Ma mère a pleuré parce qu'elle s'est rendue compte que j'avais vécu avec ça pendant trois ans, sans oser leur en parler.» Les copains musulmans n'ont pas dit grand chose: «Pour eux, j'étais le même qu'avant.»

Michael se bat contre l'extrémisme: «Je suis très conservateur sur certains points, concernant ma vie, mais jamais au détriment des autres.» Son combat: «Montrer qu'on n'a pas besoin de choisir entre sa religion et son orientation sexuelle.» Le problème, dit-il, c'est qu'on parle toujours des extrémistes: «La grosse majorité des musulmans aujourd'hui vit normalement. On est en 2012. Évidemment qu'on ne peut pas vivre comme il y a 2000 ans. Tout ce qui se trouve dans le Coran n'est pas à prendre au pied de la lettre.»

«Pas peur de me battre»
Lui-même n'a jamais l'objet de menaces ou d'insultes. Et c'est aussi pour cela qu'il a décidé de se présenter au concours de Mr Gay: «Beaucoup de musulmans homosexuels vivent dans la peur. Ils se cachent. Dans certains pays, c'est presque pire d'être gay que d'avoir tué quelqu'un. Moi, je n'ai jamais eu ce problème. Je n'ai donc pas peur de parler et me battre pour les droits des musulmans homosexuels.» Il en fait même son devoir. Avec aussi l'envie de se battre contre les préjugés, qui circulent dans la communauté homosexuelle: «Beaucoup sont convaincus que tous les croyants sont contre eux. Je veux montrer que ce n'est pas le cas.»

Photos: Kim Eriksen et Michael Sinan.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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